Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

soleil

Poème quatrième

Publié le par riende9?

J'ai écrit trois poèmes

qui n'auront jamais de sens

pour personne pas même

pour les grands éditeurs blêmes.

 

Ce ne sont pas des fruits

de l'esprit ou du coeur

non plus que des façons d'oiseaux

ou de serpents ou de lézards.

 

Ils ressemblent plutôt à des graminées folles

avoine, orge, ou fétuque

qui n'existent que pour n'avoir

aucune raison d'exister.

 

Au travers des strophes

comme en les verticilles

viennent s'inscrire le soleil

la lune et les étoiles

quand il ne pleut pas bien sûr.

 

Si la tempête se lève

pourquoi n'étant rien pas même

un rêve seraient-ils

balayés et anéantis ?

 

Cette question naturelle

qui nous concerne au premier chef

fit germer en secret

la très inutile graine

de ce poème quatrième.

 

André Dhôtel Poèmes comme ça ed Le temps qu'il fait

Voir les commentaires

A Monique Ardiet

Publié le par riende9?

L'arbre dans la forêt tient un discours d'oiseau.

   La discipline électrise une ruche.

Le zéphyr sous l'azur dodine le roseau.

   Une mousse verte habille la bûche.

 

Quand l'homme aux lèvres d'or arrive dans la plaine,

   Le mot amour parfume son haleine.

Rougeoyant au soleil, les pavots pavillonnent.

   Midi ! les clochers à jour carillonnent.

 

Henri Pichette Poèmes offerts ed Gallimard

sunny poppy field

Photo trouvée par Cédric

 

Voir les commentaires

Henri Heine

Publié le par riende9?

   Dans le Nord, un pin solitaire

Se dresse sur une colline aride.

Il sommeille ; la neige et la glace,

L'enveloppent de leur manteau blanc.

 

   Il rêve d'un beau palmier,

Là-bas, au pays du soleil,

Qui se désole, morne et solitaire,

Sur sa falaise de feu.

 

Henri Heine 1797-1856 Intermezzo lyrique

99

 

Pismo Beach, CA

Photos trouvées par Cédric 

 

Voir les commentaires

Le soleil aujourd'hui

Publié le par riende9?

Le soleil aujourd'hui

Je me le suis donné.

 

J'en ai mis plein mes poches

Et dans d'autres endroits

Où mes mains ne vont pas.

 

Je peux escalader

Ce qui me séparait.

 

Je peux montrer aux gens

Comment c'est la lumière.

 

Eugène Guillevic Les chansons d'Antonin Blond ed Seghers

 

http://etrangenature.blogspirit.com/media/02/01/1557653462.jpg

trouvée par Cédric ici : : http://www.gurumed.org/2012/09/07/une-norme-ruption-sur-la-surface-du-soleil-et-ses-consquences-sur-terre-vido/

Voir les commentaires

Haïkus Sôseki

Publié le par riende9?

 

Vent d'hiver

Qui précipite dans la mer

Le soleil couchant

 

Aujourd'hui je sais l'automne

Ruissellement de la pluie

Qui ne connaît pas de fin

 

Dialogue intime et familier

Si nuit d'automne plus longue était

Comme les deux se réjouiraient

illustration trouvée par Cédric

 

Voir les commentaires

L'hiver surviendra

Publié le par riende9?

L'hiver surviendra bref pour de sa blanche

          Nudité vêtir la campagne.

L'âtre où le feu flamboie sera notre patrie

          Et les contes que nous raconterons

Bien installés, assis tout contre sa chaleur,

          Vaudront bien les chansons

Par lesquelles naguère, entre les verts herbages

          Vigoureux, nous disions au soleil

L'ave atque vale  si triste et si joyeux,

          Solennels récitants de thrènes.

Mais pour l'instant l'automne est encore avec nous.

          S'il ne nous agrée point,

Mettons l'évocation de l'été en balance

          Avec l'espérance hiémale.

Puis entourés de ces offrandes évoquées

          Tel un fleuve passons.

 

Fernando Pessoa je ne suis personne ed Christian Bourgois éditeur 

 Quiétude...

 

 

Photos trouvées amicalement par Cédric

Voir les commentaires

Sur la sauterelle et le grillon

Publié le par riende9?

La poésie de la terre ne meurt jamais :

Quand tous les oiseaux abattus par la chaleur du soleil

Se cachent sous la fraîcheur des arbres, une voix courra

De haie en haie le long des prés nouvellement fauchés ;

C'est celle de la sauterelle - qui conduit le concert

Dans la volupté de l'été ; inépuisables

Sont ses délices ; et, lorsqu'elle est lassée de ses jeux

Elle se repose à l'aise, abritée sous quelque roseau hospitalier.

La poésie de la terre ne cesse jamais :

Par une solitaire soirée hivernale, quand la gelée

A imposé un silence général, dans l'âtre grince

Le cri du Grillon, dont la chaleur augmente l'acuité ;

Il semble au dormeur à moitié assoupi

La voix de la Sauterelle parmi les collines herbues.

 

John Keats Poèmes et poésies ed Poésie / Gallimard traduction Paul Gallimard 

Voir les commentaires

Auguste Chabaud

Publié le par riende9?

Auguste Chabaud

Voir les commentaires

Avec une encre hésitante

Publié le par riende9?

Il y a des mots qu'on emmène en voyage parmi les chemins pierreux,

Les sentiers envahis d'abeilles, de fruits rouges et d'empreintes animales.

Il y a les mots qui cachent des souffrances, des interdits, des noires paroles,

Des parlers amoureux déçus, des musiques inachevées et des lettres désespérées.

Les phrases alors témoignent de la fécondité des chagrins et des rires printaniers.

 

Avec les mots, je dégomme les servitudes austères et les relents de fausses nouvelles.

Je pèle les doutes parmi les ombres dansantes et les voiles incrédules.

Il y a des mots qui portent des saveurs sucrées et des douceurs éphémères,

Des lointains appels, des accents trop épicés et des heures trop amères.

Les phrases alors traduisent les états sémaphoriques au long cours.

 

Dans les grands vents de l'oubli, quelques mots soufflent la tiédeur de l'enfance,

Les paravents de l'adolescence, les premiers émois et les rigueurs du labeur.

Il y a des mots qui décrivent de profonds silences, des vitraux gorgés de soleil,

Des lieux environnés d'une nature abondante pleine de corbeilles de fruits

Et d'arbres qui suçotent sans fin la sève qui sculpte toute l'arborescence saisonnière.

 

Les phrases appellent au renouveau, au verdissement sentimental,

Aux feux de la Saint-Jean, aux soleils couchants, aux pleines lunes,

Au bon pain, au goût sucré des pommes sauvages et à l'acidité des agrumes.

L'enjambement des mots invite jusqu'au pavillon de verdure où le langage foisonne

Parmi les nappes damassées étalées dans l'attente d'un repas bucolique.

 

Christian Malaplate Visages de Poésie Vague de poètes en Méditerranée Jacques Basse ed Rafael De Surtis

Voir les commentaires

Haïkus

Publié le par riende9?

 

Les fleurs sont tombées -

nos esprits maintenant

sont en paix

Koyû-Ni

 

Solitaire automne -

un soupir ah ! le son

d'une cloche lointaine

Yûsui

 

Repas d'automne -

par la porte ouverte

entre le soleil du soir

Chora

 

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 > >>