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voix

Tour étoile

Publié le par riende9?

Tour de silence vagabonde

dans les herbages du soleil

Depuis le sourire de l'onde

et la grande clef d'or de l'inconstance

 

Fontaine d'air où les nuages

un à un s'en vont se briser

Si tu savais que ta main blanche

n'est pas faite pour les éclairs enchaînés

 

Alors têtes sans yeux qui voguez dans l'espace

la lèvre de feu humectée

vous tomberez laissant vos traces

sur les puits de froid se geler

 

Les éclairs gerbe toujours mûre

dans tes bras vont se réchauffer

et l'alcool qui enchante ma voix

parle très bas pour toi

pour toi

 

André de Richaud

Le Droit d'asile

&

Poèmes épars

L'ETHER VAGUE PATRICE THIERRY éditeur

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Philippe Jaccottet

Publié le par riende9?

 

Je me souviens qu'un été récent, alors que je marchais une fois de plus dans la campagne, le mot joie, comme traverse parfois le ciel un oiseau que l'on n'attendait pas et que l'on n'identifie pas aussitôt, m'est passé par l'esprit et m'a donné, lui aussi, de l'étonnement.
Je crois que d'abord, une rime est venue lui faire écho, le mot soie ; non pas tout à fait arbitrairement, parce que le ciel d'été à ce moment-là, brillant, léger et précieux comme il l'était, faisait penser à d'immenses bannières de soie qui auraient flotté au-dessus des arbres et des collines avec des reflets d'argent, tandis que les crapauds toujours invisibles faisaient s'élever du fossé profond, envahi de roseaux, des voix elles-mêmes, malgré leur force, comme argentées, lunaires.
Ce fut un moment heureux ; mais la rime avec joie n'était pas légitime pour autant.


Philippe Jaccottet extrait de : à la lumière d'hiver

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Jean Moréas

Publié le par riende9?

 

Voix qui revenez, bercez-nous, berceuses voix :
Refrains exténués de choses en allées,
Et sonnailles de mule au détour des allées,
-voix qui revenez, bercez-nous, berceuses voix.
Flacons, et vous, grisez-nous, flacons d' autrefois :
Senteurs en des moissons de toisons recélées,
Chairs d' ambre, chairs de musc, bouches de
Giroflées.
-flacons, ô vous, grisez-nous, flacons d' autrefois.


Jean Moréas





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J'eus Toujours de L'amour pour les Choses Ailées

Publié le par riende9?

J'eus toujours de l'amour pour les choses ailées.

Lorsque j'étais enfant, j'allais sous les feuillées,

J'y prenais dans les nids de tout petits oiseaux.

D'abord je leur faisais des cages de roseaux

Où je les élevais parmi des mousses vertes.

Plus tard je leur laissais les fenêtres ouvertes.

Ils ne s'envolaient point ; ou, s'ils fuyaient aux bois,

Quand je les rappelais ils venaient à ma voix.

Une colombe et moi longtemps nous nous aimâmes.

Maintenant je sais l'art d'apprivoiser les âmes.

 

Victor Hugo

Le 12 avril 1840. 

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La voix

Publié le par riende9?

Une voix, une voix qui vient de si loin

Qu'elle ne fait plus tinter les oreilles.

Une voix, comme un tambour, voilée,

Parvient pourtant distinctement jusqu'à nous.

 

Bien qu'elle semble sortir d'un tombeau

Elle ne parle que d'été et de printemps.

Elle remplit le corps de joie,

Elle allume aux lèvres le sourire.

 

Je l'écoute. Ce n'est qu'une voix humaine

Qui traverse les fracas de la vie et des batailles,

L'écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages.

 

Et vous ? Ne l'entendez-vous pas ?

Elle dit : "La peine sera de courte durée".

Elle dit : " La belle saison est proche ".

 

Ne l'entendez-vous pas ?

 

Robert Desnos (19900-1945) Contrée

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Haïku Yone Noguchi

Publié le par riende9?

J'écoute le chant de l'oiseau

non pour sa voix, mais pour

le silence qui la suit

 

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Jos Roy que vous pouvez lire ici Atalaye http://guetternestpasjouer.blogspot.fr/

Publié le par riende9?

19

 

il n'y a pas que la nuit

ce serait mentir que de graver sur la pierre

 

             il n'y a que la nuit

 

évidemment

                ce serait mentir    :

 

nouvelle nuit après la nuit              dans l'intervalle

charbon

           mot

                  éclat qui couve & consume

histoire à forme de glaise

 

et puis

sans voix

prière jetée du haut de la falaise

qui allume

               on ne sait plus quoi

 

 

Jos Roy De suc & d'espoir With Sap & Hope ed Black Herald Press 

ce texte est aussi en anglais.

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Avril perpétuel de l'âme

Publié le par riende9?

Salue la lumière

qui t'ouvre les lèvres : ensuite

écarte les rideaux.

 

Dès le seuil invente

un mot toujours neuf,

précaire, ce sera "seuil".

 

Peut-être du givre

ou la frondaison, avance,

aux chemins de répondre.

 

Où que tu ailles, l'humus,

le sable, prends modèle

sur les ondes, allège-toi.

 

Ne sois que souffles

et vois : une glycine

a débordé le mur.

 

Ne coupe aucune fleur,

tu t'élargis

dans l'air des cimes.

 

Oublie tous les noms

sauf ceux du jardin,

à la fois ceux des plages.

 

Pleines mains sur ce tronc,

écoute, équitable,

le silence, la sève.

 

Rien ne reste invisible,

dis à présent

le parfum des lilas.

 

Pluie fine, la chair en liesse,

la clairvoyante, réveille

un chant de grive.

 

Les ailes, le coeur,

laisse-les battre,

laisse-les battre ensemble.

 

Si tu t'arrêtes, fais-le

à l'ombre d'un érable,

pense alors aux falaises.

 

Le vent sur les épaules,

n'aie soif ou faim

que d'embruns, de pollen.

 

Au soleil un vanneau,

un galet sous l'écume,

choisis l'un avec l'autre.

 

D'une même voix parle

à la nuit comme à l'aube

uniquement de ce qui va éclore.

 

Et toujours réserve

au creux de tes paumes

une place à l'écho.

 

Rends grâce au poème,

franchis l'horizon,

l'essor s'y régénère.

 

Pierre Dhainaut Rudiments de lumière ed Arfuyen

 

 

 

 

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Jardin

Publié le par riende9?

Il est un grand et beau jardin :

 

Une haie d'aubépines blanches

Autour d'un tremblement de branches.

 

Une petite porte d'or,

Toute close sur le dehors.

 

Une chanson de voix lointaines,

Un bleu murmure de fontaines.

 

Et de la terre jusqu'au ciel,

Rien qu'une extase de soleil.

 

Charles Van Lerberghe La chanson d'Eve

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François Cheng

Publié le par riende9?

Si le veut ton souffle

               nous serons chant

Racines mêlées

               branches enlacées

Toutes voix unique voie

Tous échos unique houle

 

Sur ta plage murmurante

               nous nous entendrons

Silence

 

François Cheng Le long d'un amour ed Arfuyen




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