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Coup de coeur tv, La grande librairie du 17/03/21

Publié le par riende9?

Oui c'était hier soir avec Sophie Nauleau, Souleymane Diamanka et Henri Gougaud. Pourquoi ? Parce-que ça change de l'actualité et que ça fait un bien fou yes.

Vous pouvez retrouver l'intégralité de l'émission sur france5 mais faut créer un compte tout ça, enfin bref je n'ai pas réussi à mettre la vidéo ici he

Sinon il y a des extraits sur youTube 

Enfin vous voyez quoi.

Pour info : de la poésie, du conte, du rêve, du désir, du Peul, du vent (oui ça souffle aujourd'hui), une souris ... 

 

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Sôseki

Publié le par riende9?

L'ami s'en est allé

En rêve

La Voie lactée

 

 

 

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Fernando Pessoa Poèmes français extrait

Publié le par riende9?

Assis au rêve de penser,

Mon cœur regarde l'eau couler...

Je me vois dans l'eau bleue qui coule

Tel que je n'ai jamais été...

 

Fernando Pessoa

Poèmes français

Editions de la Différence

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La saveur du réel

Publié le par riende9?

Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l’autre. Au tournant de la rue le vent balayait la poussière et sa bouche avide engouffrait tout l’espace.

Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre, mais au bord du ruisseau les pavés étaient humides et ses bras battant l’air n’ont pu le retenir. Dans sa chute il comprit qu’il était plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l’avait fait tomber.

 

Pierre Reverdy

 

© Gallimard



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Jean-Pierre Duprey A la grimace

Publié le par riende9?

 

 

Allez-vous-en, vous n’êtes pas joués ! Il fait si noir qu’on n’a jamais gravé les cartes. Allez-vous-en, on vous a joués. Le soleil n’a jamais fait partie des livraisons du jour et la terre n’est qu’une ride de vieillesse. Celui qui aime l’atome ne mange que du néant. Celui qui croit prendre un chemin ne prend que son corps par la fatigue.

J’avais pourtant trouvé de la viande dans les statues…et quelque chose de touchable qui s’insérait, ne quittait jamais la main, cette main, ma main.

Mais la main, l’ombre d’un geste, n’avait jamais quitté cette sépulture anticipée, ce grand dortoir des autres, peuplé, peuplé…
D’un grand fauteuil qui n’invite personne…
D’une clef oeuvrée qui n’explique rien,
Trouvée dans la main
D’un pensionnaire de la maison détruite, quelqu’un payé très cher pour rien.

Et dans un coin du sommeil des autres, lui, là-bas, sa peau se déplace. A quoi t’entraînes-tu ? Qui donc te rêve ? Il n’a rien vu, rien entendu ; son corps l’avait porté à la dernière dimension nocturne, jusqu’à l’issue du dernier hasard.
Le dernier hasard…Un grand brouillard en place. En avant, drapeau noir ! Les démons, on vous somme, plus d’hésitation ! L’habitude de la réalité exige une belle autorité.

Moi, je n’aurais jamais dû me prendre les pieds dans cette galaxie !

 

 

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Publié le par riende9?

Récupérer des figures du rêve

Comme on gagne du terrain sur la mer

et fonder sur cette plage minimale

le tremblement d'un petit poème.

 

Puis rendre le rêve au rêve

et fermer le circuit,

car le rêve ne peut pas rester longtemps

hors du rêve.

 

Ainsi, presque sans l'avoir cherché,

il restera parmi les mots du poème

un peu du parfum du fond.

 

Roberto Juarroz dixième poésie verticale traduction François-Michel Durazzo ed Corti 

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Rêve pour l'hiver

Publié le par riende9?

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose

           Avec des coussins bleus.

Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose

          Dans chaque coin moelleux.

 

Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,

          Grimacer les ombres des soirs,

Ces monstruosités hargneuses, populace

          De démons noirs et de loups noirs.

 

Puis tu te sentiras la joue égratignée...

Un petit baiser, comme une folle araignée,

          Te courra par le cou...

 

Et tu me diras : "Cherche !" en inclinant la tête,

- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête

          - Qui voyage beaucoup ...

 

Arthur Rimbaud 1854-1891

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Poème quatrième

Publié le par riende9?

J'ai écrit trois poèmes

qui n'auront jamais de sens

pour personne pas même

pour les grands éditeurs blêmes.

 

Ce ne sont pas des fruits

de l'esprit ou du coeur

non plus que des façons d'oiseaux

ou de serpents ou de lézards.

 

Ils ressemblent plutôt à des graminées folles

avoine, orge, ou fétuque

qui n'existent que pour n'avoir

aucune raison d'exister.

 

Au travers des strophes

comme en les verticilles

viennent s'inscrire le soleil

la lune et les étoiles

quand il ne pleut pas bien sûr.

 

Si la tempête se lève

pourquoi n'étant rien pas même

un rêve seraient-ils

balayés et anéantis ?

 

Cette question naturelle

qui nous concerne au premier chef

fit germer en secret

la très inutile graine

de ce poème quatrième.

 

André Dhôtel Poèmes comme ça ed Le temps qu'il fait

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J'ai une idée

Publié le par riende9?

J'imagine que je rêve

j'imagine que je suis

et je pense donc je suis

même quand je ne pense à rien.

 

Cette idée originale

étrangement analogue

à la thèse fondamentale

du philosophe Descartes

me vint en jouant aux cartes.

 

Jean Tardieu Œuvres ed Quarto Gallimard

 

"Voilà la "poker face" de Descartes". Cédric

 

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Haïkus Ryôkan

Publié le par riende9?

 

Dans le vent d'automne

solitaire se dresse

une silhouette

 

Le ciel clair d'automne

des milliers de moineaux -

le bruit de leurs ailes

Photo trouvée par Cédric voir commentaires

 

 

La fenêtre ouverte

tout le passé me revient -

bien mieux qu'un rêve

 

Les jours de pluie

la mélancolie envahit

le moine Ryôkan

 

 

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