montagne
Suite au 16/05 ou pas
Tout au fond des montagnes, la nuit,
Seul dans mon ermitage,
J'écoute le son plaintif
De la pluie et de la neige.
Un singe pleure au sommet de la montagne
Le son de la rivière dans la vallée s'est évanoui
Une lumière clignote devant ma fenêtre.
Sur le bureau : l'eau dans l'encrier asséché.
Incapable de dormir toute la nuit,
Je prépare l'encre et le pinceau et écris ce poème.
La pluie a cessé, les nuages ont disparu
Et le temps limpide à nouveau.
Si votre coeur est pur,
Alors toutes choses de votre monde sont pures.
Abandonnez ce monde fugitif, abandonnez-vous,
Alors la lune et les fleurs vous guideront sur la Voie.
Ryokan
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Oiseaux de passage
Ne vous querellez pas en volant
Frères
Faits pour vous entraider.
Kobayashi Issa
Soir d'automne
Il est un bonheur aussi
Dans la solitude
Busson
?
Janine Modlinger - Beauté du presque rien - Extraits
L'éclat lorsqu'il vient, dévoile la vérité de toute chose.
...
L'invisible, comme une prière approchée. Ce sont des sables murmurants, allongés entre ciel et mer. C'est le monde grand ouvert. C'est une phosphorescence humble et pauvre.
...
Seulement cela, peut-être : balbutier.
...
Lieux aimantés, à l'infini.
...
L'invisible miroite. Se voile et se dévoile. Se fait caresse, pastel ailé de brumes roses au matin, sur le blanc des cimes. Mais la matière, paroi de roches dans son évidence abrupte, mais la montagne elle aussi est agenouillée dans le mystère.
...
Je n'ai pas encore parlé de l'oiseau, lui qui chante la venue. Lui qui, d'un trait, nomme le jour.
L'oiseau le veilleur.
Janine Modlinger
Beauté du presque rien
Ed Ad Solem
Poésie
Le petit prunier du jardin de montagne
Toutes les fleurs sont étiolées ; lui seul, il resplendit,
Vainqueur de tout le petit monde du jardin.
Son ombre clairsemée zèbre une eau pure et peu profonde,
Son parfum flotte obscurément dans la soirée où se lève la lune.
L'oiseau aux ailes givrées, avant de se poser, le regarde à la dérobée ;
Si le papillon poudré le savait, il en serait jaloux.
Mais, par de subtiles chansons, l'oiseau sait faire sa cour :
Point n'a besoin de claquettes de santal ni de coupe d'or.
Lin Pou (Lin Kiunn-fou 967-1028)
Anthologie de la poésie chinoise classique
Ed Poésie/Gallimard
Nuit d'automne
La rosée tombe, le ciel est haut, les eaux débordées sont calmes.
Par la montagne déserte dans la nuit solitaire les âmes errantes s'émeuvent.
Seul au loin le fanal éclaire une voile immobile.
La lune nouvelle au ciel s'accroche, cependant que s'arrête le bruit des battoirs.
Les chrysanthèmes ont fleuri, les hommes endorment leurs douleurs.
Pas à pas sur la véranda appuyé à mon bâton je contemple la Grande Ourse,
Le fleuve céleste au loin mène jusqu'à la ville.
Tou Fou (Chine 712-770) Trésor de la poésie universelle ed Gallimard/Unesco
Jean Mambrino
Auguste Chabaud
René Char
32
Un homme sans défauts est une montagne sans crevasses. Il ne m'intéresse pas.
(Règle de sourcier et d'inquiet.)
59
Si l'homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d'être regardé.
81
L'acquiescement éclaire le visage. Le refus lui donne la beauté.
René Char Poèmes en archipel Anthologie de textes ed Folio
haïku
Un panier d'herbe
abandonné -
montagnes au printemps
SHIKI
Publié depuis Eklablog
Ce matin, il y avait un miroir rond dans la brume,
un disque argenté près de virer à l'or,
il eut suffi d'yeux plus ardents pour y voir
le visage de celle qui en efface avec un tendre soin
les marques de la nuit ...
Qu'on me le montre, celui qui aurait conquis la certitude
et qui rayonnerait à partir de la dans la paix,
comme une montagne qui s'éteint la dernière
et ne serait jamais sous la pesée de la nuit.
Philippe Jaccottet Le mot joie extraits Pensées sous les nuages


