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terre

Ito Naga Dans notre libre imagination extraits

Publié le par riende9?

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Les savants ne disent pas "bizarre", ils disent "non linéaire". Une façon de parler bizarre aussi. Comme si l'on disait "non simple" "ou non jeune"

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...

Par les mots, on peut voyager dans des paysages ou des villes lointaines, ou de la Terre à la Lune et même plus loin sans se déplacer. C'est curieux ! On n'imagine pas cela quand on commence à apprendre les mots.

 

Il y a des mots comme du poison et d'autres comme des remèdes. Des mots qui nous transforment et d'autres qui enferment nos pensées. C'est curieux ! On n'imagine pas cela quand on commence à apprendre les mots.

 

Ito Naga

Dans notre libre imagination

Cheyne éditeur

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Monique Thomassettie Enjambées (extrait)

Publié le par riende9?

Sur la braise

et sur l'eau

marche ma poésie

 

Et son pas léger

sur la terre

frôle un abîme

 

Monique Thomassettie Enjambées Poème en mouvements  Sur la braise et sur l'eau (extrait) Ed M.E.O. 

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Comment je ne suis pas devenu peintre

Publié le par riende9?


Gris de Payne
Jaunes de Naples
Havane
Orpin de Perse
Rouge d'Andrinople
Terre de Sienne
Vert Anglais
Rouge de Venise

Mon pinceau voyage
traçant les contours
d'une pomme cosmopolite
 
Simon Martin
Cheyne éditeur

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Philippe Jaccottet

Publié le par riende9?

 

 

Au dernier quart de la nuit

 

 

Hors de la chambre de la belle

rose de braise, de baisers

le fuyard du doigt désignait

Orion, l'Ourse, l'Ombelle

à l'ombre qui l'accompagnait.

 

Puis de nouveau dans la lumière,

par la lumière même usé,

à travers le jour vers la terre

cette course de tourterelles.

 

Philippe Jaccottet



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Génésie (extrait)

Publié le par riende9?

Sous les arbres
Avec tous les oiseaux d'enfance
Entre leurs bras
Le flot entre leurs racines
Mais l'on ne sait comment
Être intérieurement là
Pour lui vivre est alors plutôt
Se tenir
Dans l'ombre qui survient
Ses jeux ne duraient pas
Un seul vaut
Celui de dire
Et peut-être celui d'aimer
Si l'autre quelqu'un
Joue le même que soi
Là-bas c'était
D'être caché
En ce qu'on ne voit pas
Non dans les ombres de la terre
Qui sont encore des choses
Mais dans celle unique
Survenante
De l'esprit
Dont il reçut
L'invisibilité
Se tenait aussi
Sous les branches lunaires
Du saule
Accroupi sans rien faire
Que regarder devant
Penser à l'inutilité
Des mondes hors de soi
— Qu'y a-t-il qu'on ne sache
Et ne croyant pas au secret
À l'enfouissure au camouflement
Pas même aux livres d'aventure
Mais seulement au silence
À la sonorité de son effacement

 

Serge Marcel Roche

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Sur les pas de la lune

Publié le par riende9?

M'étant penché en cette nuit à la fenêtre,

je vis que le monde était devenu léger

et qu'il n'y avait plus d'obstacles.

Tout ce qui

nous retient dans le jour semblait plutôt devoir

me porter maintenant d'une ouverture à l'autre

à l'intérieur d'une demeure d'eau vers quelque chose

de très faible et de très lumineux comme l'herbe :

j'allais entrer dans l'herbe sans aucune peur,

j'allais rendre grâce à la fraîcheur de la terre,

sur les pas de la lune je dis oui et je m'en fus..

 

Philippe Jaccottet

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Evadné

Publié le par riende9?

L'été et notre vie étions d'un seul tenant

La campagne mangeait la couleur de ta robe odorante

Avidité et contrainte s'étaient réconciliées

Le château de Maubec s'enfonçait dans l'argile

Bientôt s'effondrerait le roulis de sa lyre

La violence des plantes nous faisait vaciller

Un corbeau rameur sombre déviant de l'escadre

Sur le muet silex de midi écartelé

Accompagnait notre entente aux mouvements tendres

La faucille partout devait se reposer

Notre rareté commençait un règne

(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière

En tournant chaque nuit la page consentie

Veut que chaque part de toi que je retienne

Soit étendue à un pays d'âge affamé et de larmier géant)

 

C'était au début d'adorables années

La terre nous aimait un peu je m'en souviens

 

René Char Seuls demeurent

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Jardin

Publié le par riende9?

Il est un grand et beau jardin :

 

Une haie d'aubépines blanches

Autour d'un tremblement de branches.

 

Une petite porte d'or,

Toute close sur le dehors.

 

Une chanson de voix lointaines,

Un bleu murmure de fontaines.

 

Et de la terre jusqu'au ciel,

Rien qu'une extase de soleil.

 

Charles Van Lerberghe La chanson d'Eve

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Le jardin mouillé

Publié le par riende9?

La croisée est ouverte ; il pleut

Comme minutieusement,

A petit bruit et peu à peu,

Sur le jardin frais et dormant.

 

Feuille à feuille, la pluie éveille

L'arbre poudreux qu'elle verdit ;

Au mur, on dirait que la treille

S'étire d'un geste engourdi.

 

L'herbe frémit, le gravier tiède

Crépite et l'on croirait, là-bas,

Entendre sur le sable et l'herbe

Comme d'imperceptibles pas.

 

Le jardin chuchote et tressaille,

Furtif et confidentiel ;

L'averse semble, maille à maille,

Tisser la terre avec le ciel.

 

Henri De Régnier Les médailles d'argile




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Habib Tengour

Publié le par riende9?

Le soir tombe inconscient de sa chute

un trouble t'enveloppe            là

le temps te file des mains

 

tu rêves de chemins de lune

de révolutions sidérales

l'aube en train de consolider une voûte

se dissimule derrière

 

Tu interroges :

La terre sera-t-elle toujours vierge à nos assauts

 

Habib Tengour L'arc et la cicatrice Clepsydre Editions de la différence   

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