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mer

Janine Modlinger - Beauté du presque rien - Extraits

Publié le par riende9?

L'éclat lorsqu'il vient, dévoile la vérité de toute chose.

...

L'invisible, comme une prière approchée. Ce sont des sables murmurants, allongés entre ciel et mer. C'est le monde grand ouvert. C'est une phosphorescence humble et pauvre.

...

Seulement cela, peut-être : balbutier.

...

Lieux aimantés, à l'infini.

...

L'invisible miroite. Se voile et se dévoile. Se fait caresse, pastel ailé de brumes roses au matin, sur le blanc des cimes. Mais la matière, paroi de roches dans son évidence abrupte, mais la montagne elle aussi est agenouillée dans le mystère.

...

Je n'ai pas encore parlé de l'oiseau, lui qui chante la venue. Lui qui, d'un trait, nomme le jour.

 

L'oiseau le veilleur.

 

 

Janine Modlinger

Beauté du presque rien

Ed Ad Solem

Poésie

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La nuit déchirée

Publié le par riende9?

Tant de lumière en ton esprit se perd en une mer infinie d'étoiles. Sueur de l'obscur. L'océan intérieur détruit ce qu'il fabrique. Comment se détachent et s'inaugurent les sensibles éclairs, qu'étrangement arrache en toi l'identique à la nuit ?

 

Jean Mambrino

Casser les soleils

Ed José Corti  

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Jean Mambrino

Publié le par riende9?

3

 

 

la lumière

      espace de l'esprit

libère un cri

        qui passe sur la mer

 

libère l'esprit

        qui se perd

      au fond de son espace

 

libère l'espace

        pour la montée de l'esprit

        dépouillé de sa lumière

 

car l'espace s'est vidé

              en se courbant

        pour recevoir

                  ce qui éclaire

 

et la lumière répand

                  l'oubli

      de sa continuelle origine

 

 

Jean Mambrino

La Ligne De Feu

Ed José Corti 

 

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Julien Green

Publié le par riende9?

Rien n'est plus délicieux que ces premières journées d'automne où l'air agité de puissants remous semble une mer invisible dont les vagues se brisent dans les arbres, tandis que le soleil, dominant cette fureur et ce tumulte, accorde à la moindre fleur l'ombre qu'elle fera tourner à son pied jusqu'au soir. De ce calme et de cette frénésie résulte une impression où la force se mêle à une douceur que le langage humain ne peut rendre. C'est un repos sans langueur, une excitation que ne suit aucune lassitude ; le sang coule plus joyeux et plus libre, le coeur se passionne pour cette vie qui le fait battre. A ceux qui ne connaissent pas le bonheur, la nature dans ces moments généreux leur en apporte avec les odeurs des bois et les cris des oiseaux, avec les chants du feuillage et toutes ces choses où palpite l'enfance.
 


Julien Green

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Gilles Baudry

Publié le par riende9?


"Trouve des mots
qui soient des portes
derrière lesquelles
on écoute la mer raconter une histoire

de ces portes qu'on pousse
au-dedans de soi"

Gilles Baudry, Brocéliande, Liv'Editions, 110 p.

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Dits d'un livre de l'or (extrait)

Publié le par riende9?

Qu'est-ce que l'or? dit le jour.


Un sacre qui transmue la nuit.

Qu'esl-ce que l"or? dit la nuit.


Des tournesols sur la mer.

Qu'est-ce que l'or?

dit la mer.


Une douceur d'orange sous le sable.

Qu'est-ce que l'or? dit le sable.


Du lait où purifier le sang.

Qu'est-ce que l'or? dit le sang.


Des dieux en fête dans la neige.

Qu'est-ce que l'or? dit la neige.


Une enfance qui naît de la mort.

Qu'est-ce que l'or? dit la mort.


L'immortalité du mystère.

Qu'est-ce que l'or? dit le mystère.


Rien, sauf l'éclat de ma ténèbre.

Quand l'abîme brûlera ton visage,

là,

juste à l'extrême bord du roc,

— veuille la nuit

(qui les a pistés, longtemps traqués parmi la neige)

détourner les mots.

les écarter assez de toi

pour qu'aucun d'eux n'assèche ton sang,

n'ait le pouvoir de te détruire!

Oui,

sauf ceux (mais où luisent, derrière le soupçon, leur signes?)

qu'imprègne le souffle, que baigne muettement la foudre de ce qui t'habite et te transmue,

— redoute-les!

Prêt à prier,

— expulse la langue qui limite.

Fuis celle qui leurre le guet, ensable l'angoisse fécondante.

Evite celle qui rassure

(fût-ce l'âme, fût-ce la solitude du corps).

Car même l'énigme qu'elle annonce, même le mystère qu'elle salue ne peuplent rien à travers elle...

Les mages le savent : nul vocable (piégé/piégeant) ne sauve du deuil, ne sonde l'outre-mort.

Nul. hors le vrai délire, ne connaît le sens : le secret. (Extrait)

 

Jean-Claude Renard

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Proverbe Suédois

Publié le par riende9?

Quand la mer est tranquille,

chaque bateau

a un bon capitaine.

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Emily Dickinson

Publié le par riende9?

Deux papillons sortirent à midi

Et valsèrent au-dessus d'un ruisseau,

Puis tout droit s'en allèrent dans le firmament,

Pour se poser sur un rayon ;

Puis ensemble ils partirent

Sur une mer brillante -

Bien que dans aucun port

On ne parlât jusqu'à ce jour de leur venue -

Si les interpella l'oiseau lointain,

Si les croisa dans la mer éthérée

Une frégate ou un bateau marchand,

Compte ne m'en fut point rendu.

 

Emily Dickinson Poésie les 100 plus belles pages d'Emily Dickinson présentées par Alain Bosquet Ed Pierre Belfond 


PAPILLON

Photo trouvée par Cédric

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34

Publié le par riende9?

Récupérer des figures du rêve

Comme on gagne du terrain sur la mer

et fonder sur cette plage minimale

le tremblement d'un petit poème.

 

Puis rendre le rêve au rêve

et fermer le circuit,

car le rêve ne peut pas rester longtemps

hors du rêve.

 

Ainsi, presque sans l'avoir cherché,

il restera parmi les mots du poème

un peu du parfum du fond.

 

Roberto Juarroz dixième poésie verticale traduction François-Michel Durazzo ed Corti 

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Douce plage où naquit mon âme

Publié le par riende9?

Douce plage où naquit mon âme ;

et toi, savane en fleurs

Que l'Océan trempe de pleurs

Et le soleil de flamme ;

 

Douce aux ramiers, douce aux amants,

Toi de qui la ramure

Nous charmait d'ombre et de murmure,

Et de roucoulements ;

 

Où j'écoute frémir encore

Un aveu tendre et fier -

Tandis qu'au loin riait la mer

Sur le corail sonore.

 

Paul-Jean Toulet (1867-1920) Les contrerimes

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