Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

monde

Suite au 16/05 ou pas

Publié le par riende9?

Tout au fond des montagnes, la nuit,

Seul dans mon ermitage,

J'écoute le son plaintif

De la pluie et de la neige.

Un singe pleure au sommet de la montagne

Le son de la rivière dans la vallée s'est évanoui

Une lumière clignote devant ma fenêtre.

Sur le bureau : l'eau dans l'encrier asséché.

Incapable de dormir toute la nuit,

Je prépare l'encre et le pinceau et écris ce poème.

La pluie a cessé, les nuages ont disparu

Et le temps limpide à nouveau.

Si votre coeur est pur,

Alors toutes choses de votre monde sont pures.

Abandonnez ce monde fugitif, abandonnez-vous,

Alors la lune et les fleurs vous guideront sur la Voie.

 

Ryokan

 

oh

 

Oiseaux de passage

Ne vous querellez pas en volant

Frères

Faits pour vous entraider.

 

Kobayashi Issa

 

Soir d'automne 

Il est un bonheur aussi

Dans la solitude

 

Busson

 

?

Voir les commentaires

Janine Modlinger - Beauté du presque rien - Extraits

Publié le par riende9?

L'éclat lorsqu'il vient, dévoile la vérité de toute chose.

...

L'invisible, comme une prière approchée. Ce sont des sables murmurants, allongés entre ciel et mer. C'est le monde grand ouvert. C'est une phosphorescence humble et pauvre.

...

Seulement cela, peut-être : balbutier.

...

Lieux aimantés, à l'infini.

...

L'invisible miroite. Se voile et se dévoile. Se fait caresse, pastel ailé de brumes roses au matin, sur le blanc des cimes. Mais la matière, paroi de roches dans son évidence abrupte, mais la montagne elle aussi est agenouillée dans le mystère.

...

Je n'ai pas encore parlé de l'oiseau, lui qui chante la venue. Lui qui, d'un trait, nomme le jour.

 

L'oiseau le veilleur.

 

 

Janine Modlinger

Beauté du presque rien

Ed Ad Solem

Poésie

Voir les commentaires

Janine Modlinger Beauté du presque rien (extrait)

Publié le par riende9?

Nous ne savons rien. L'amour sait à notre place.

 

Tout en ce monde est une question d'écoute, de silence, d'amour.

 

Janine Modlinger

Beauté du presque rien

Ed Ad Solem

 

Voir les commentaires

Le petit prunier du jardin de montagne

Publié le par riende9?

Toutes les fleurs sont étiolées ; lui seul, il resplendit,

     Vainqueur de tout le petit monde du jardin.

Son ombre clairsemée zèbre une eau pure et peu profonde,

     Son parfum flotte obscurément dans la soirée où se lève la lune.

 

L'oiseau aux ailes givrées, avant de se poser, le regarde à la dérobée ;

     Si le papillon poudré le savait, il en serait jaloux.

Mais, par de subtiles chansons, l'oiseau sait faire sa cour :

     Point n'a besoin de claquettes de santal ni de coupe d'or.

 

 

Lin Pou (Lin Kiunn-fou 967-1028)

Anthologie de la poésie chinoise classique

Ed Poésie/Gallimard

Voir les commentaires

La huitième couleur Terry Pratchett

Publié le par riende9?

Dans un ensemble lointain de dimensions récupérées à la casse, dans un plan astral nullement conçu pour planer, les tourbillons de brumes stellaires frémissent et s’écartent…

Voyez…

La tortue la Grande A’Tuin apparaît, elle fend d’une brasse paresseuse l’abîme interstellaire, ses membres pesants recouverts d’un givre d’hydrogène, son antique et immense carapace criblée de cratères météoritiques. De ses yeux vastes comme des océans, encroûtés de chassie et de poussière d’astéroïdes, Elle fixe le But Ultime.

Dans son cerveau plus grand qu’une ville, avec une lenteur géologique, Elle ne songe qu’au Fardeau.

Une bonne partie du fardeau est évidemment due à Bérilia, Tubul, Ti-Phon l’Immense et Jérakine, les quatre éléphants géants dont les larges épaules bronzées par les étoiles soutiennent le disque du Monde que la longue cataracte enguirlande sur son vaste pourtour et que surplombe le dôme bleu layette des Cieux.

L’astropsychologie n’est toujours pas parvenue à établir à quoi ils pensent.

L’existence de la Grande Tortue restait du domaine de l’hypothèse jusqu’au jour où Krull, un petit royaume cachottier dont les montagnes les plus proches du Bord saillent au-dessus de la Grande Cataracte, conçut un système de portique et de poulie à la pointe de son rocher le plus à pic et fit descendre plusieurs observateurs par-dessus le Rebord dans un vaisseau de cuivre aux hublots de quartz afin qu’ils regardent par-delà les voiles de brume.

Une fois remontés au bout de leur long pendoir par d’immenses équipes d’esclaves, les premiers astrozoologistes furent en mesure de fournir maints renseignements sur la conformation et la nature d’A’Tuin et des éléphants, mais qui ne répondaient pourtant pas aux interrogations fondamentales sur la nature et le but de l’Univers.

Par exemple, quel était le sexe d’A’Tuin ? Cette question vitale, affirmaient les zoologistes avec une autorité croissante, resterait sans réponse tant qu’on n’aurait pas construit un portique plus grand et plus puissant permettant de lâcher un vaisseau dans l’espace profond. En attendant, ils ne pouvaient qu’émettre des conjectures sur le cosmos révélé.

Par exemple, une théorie avançait qu’A’Tuin venait de nulle part pour se rendre nulle part, indéfiniment, d’une brasse uniforme, ou reptation continue. Une théorie populaire chez les universitaires.

Une autre, qui avait la faveur de la religion, voulait qu’A’Tuin se déplace de Son Lieu de Naissance vers l’Heure du Frai, à l’image de toutes les étoiles du ciel, elles aussi manifestement transportées à dos de tortues géantes. À l’arrivée, elles s’accoupleraient dans une étreinte brève et passionnée, une seule et unique fois, et de cette union fougueuse naîtraient de nouvelles tortues qui véhiculeraient une nouvelle série de mondes. On connaissait cette hypothèse sous le nom de théorie du Big Bang, ou de la Grande Secousse.

Voilà comment un jeune cosmochélonologiste de la faction de la Reptation Continue, alors qu’il testait un nouveau télescope grâce auquel il espérait mesurer l’albédo précis de l’œil droit de la Grande A’Tuin, fut en cette soirée mémorable le premier observateur extérieur à voir, dans la direction du Moyeu, s’élever la fumée de l’embrasement qui ravageait la plus ancienne cité du monde.

Plus tard le même soir, absorbé par ses études, il avait déjà tout oublié de l’événement. Ce fut pourtant lui le premier.

Il y en eut d’autres…


Terry Pratchett "La huitième couleur"

Voir les commentaires

Victor Hugo

Publié le par riende9?



C'est lui qui, malgré les épines,
L'envie et la dérision,
Marche, courbé dans vos ruines,
Ramassant la tradition.
De la tradition féconde
Sort tout ce qui couvre le monde,
Tout ce que le ciel peut bénir.
Toute idée, humaine ou divine,
Qui prend le passé pour racine,
A pour feuillage l'avenir.

Victor Hugo, des rayons et des ombres

Voir les commentaires

La bonne direction

Publié le par riende9?

Si tout le monde

prenait la bonne

direction

il suffirait

d'en prendre une autre

 

Thomas Vinau Juste après la pluie Alma Editeur

Voir les commentaires

Haïku

Publié le par riende9?

Un monde de douleur et de peine

alors même que les cerisiers

sont en fleur

 

Issa

 

Voir les commentaires

Vivre ainsi parmi les signes ...

Publié le par riende9?


Les effigies éloquentes ordonnent le monde, harmonisent l’esprit et les éléments.
De cette union nait la contemplation. Toute la beauté et tout le sens forment la cohérence
entre nous.
Si un arbre n’était qu’un arbre, le sable le vent, les vagues n’étaient que cela, au vrai je
n’aurais pas d’autre nature que celle d’un objet.
L’ustensile passif d’une nature causale et dépourvue de sens.

Mais toi, nature, toute énigme, qui en moi cesse d’être une chose pour devenir une parole,
tout à la symphonie de ces entités sans nombre qui élaborent des légendes, des dits,
des proverbes et des poèmes; toi cet être polymorphe tout vibrant, respirant; toi monde
posé là comme un défi à ma conscience, tu annihiles le néant, tu proclames des fables
dont le mystère affecte chaque fibre de mon être. Tu me renvoies à moi-même, tu m’illustres.
Essayant de te saisir c’est moi que je saisis, nous nous reflétons l’un en l’autre,
toi comme une parabole entrouvrant l’invisible,
et moi comme le dépositaire d’un sens qui vient de toi, de moi, de nous.

Joruri

Voir les commentaires

Sur les pas de la lune

Publié le par riende9?

M'étant penché en cette nuit à la fenêtre,

je vis que le monde était devenu léger

et qu'il n'y avait plus d'obstacles.

Tout ce qui

nous retient dans le jour semblait plutôt devoir

me porter maintenant d'une ouverture à l'autre

à l'intérieur d'une demeure d'eau vers quelque chose

de très faible et de très lumineux comme l'herbe :

j'allais entrer dans l'herbe sans aucune peur,

j'allais rendre grâce à la fraîcheur de la terre,

sur les pas de la lune je dis oui et je m'en fus..

 

Philippe Jaccottet

Voir les commentaires

1 2 3 > >>