Beaucaire ou les bruits de la provence
On entend le soleil grésiller sur les tuiles,
La cigale éveillée fait crépiter juillet.
Comme dans une église, on sent les parfums d'huile
De l'olive qu'on pile, à l'ancienne, au maillet.
On entend le mistral qui fait chanter les pierres
Du château décati sous le poids des chaleurs.
Sa musique aigrelette humecte les paupières
Des Pâques terminées jusqu'à la Chandeleur.
On entend le printemps qui promène sa houle
Sur la garrigue offerte au ciel toujours azur.
Dans un pin centenaire, un pigeonneau roucoule :
C'est la passé qui donne une force au futur.
On entend l'aube bleue qui, sur la montagnette,
Réveille la lavande et la touffe de thym,
Mais sait-on écouter, lorsque le temps s'arrête,
Ces morceaux de bonheur offerts par le matin.
René Ligavant ed Centre International Des Arts Et Lettres

