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rires

Nohad Salameh

Publié le par riende9?

Je nous vois : cerfs-volants et étoiles filantes

promeneurs égarés dans des forêts de voix.

Je nous vois : insectes précédés

des fragiles antennes de nos mémoires.

Je nous vois meutes d'encre et rires circulaires

debout, à genoux, bientôt à l'envers.

 

Je nous pense : lumière assourdissante

d'un éther sans couture

immensément parallèles à la rose.

 

Je nous rêve : dans la gorge de l'orage

et l'iris du blé.

Je nous rêve bord à bord

à l'issue des longues marches solennelles

quand les cloches de neige

pleuvent de toutes leurs notes

sur les paupières des jeunes filles.

 

Nohad Salameh D'autres annonciations poèmes 1980-2012 ed Le Castor Astral

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Soir d'automne en montagne

Publié le par riende9?

Pluie nouvelle dans la montagne déserte,

Air du soir empli de fraîcheur d'automne.

Aux rayons de lune s'ouvrent les branches de pin ;

Une source pure caresse les rochers blancs.

 

Frôlant les lotus, passent quelques barques de pêcheurs ;

Rires entre les bambous : c'est le retour des lavandières.

Ici et là, rôde encore le parfum du printemps...

Que ne demeure-tu, toi aussi, noble ami ?

 

Wang Wei Entre source et nuage voix de poètes dans la Chine d'hier et d'aujourd'hui François Cheng ed Albin Michel spiritualités vivantes

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Avec une encre hésitante

Publié le par riende9?

Il y a des mots qu'on emmène en voyage parmi les chemins pierreux,

Les sentiers envahis d'abeilles, de fruits rouges et d'empreintes animales.

Il y a les mots qui cachent des souffrances, des interdits, des noires paroles,

Des parlers amoureux déçus, des musiques inachevées et des lettres désespérées.

Les phrases alors témoignent de la fécondité des chagrins et des rires printaniers.

 

Avec les mots, je dégomme les servitudes austères et les relents de fausses nouvelles.

Je pèle les doutes parmi les ombres dansantes et les voiles incrédules.

Il y a des mots qui portent des saveurs sucrées et des douceurs éphémères,

Des lointains appels, des accents trop épicés et des heures trop amères.

Les phrases alors traduisent les états sémaphoriques au long cours.

 

Dans les grands vents de l'oubli, quelques mots soufflent la tiédeur de l'enfance,

Les paravents de l'adolescence, les premiers émois et les rigueurs du labeur.

Il y a des mots qui décrivent de profonds silences, des vitraux gorgés de soleil,

Des lieux environnés d'une nature abondante pleine de corbeilles de fruits

Et d'arbres qui suçotent sans fin la sève qui sculpte toute l'arborescence saisonnière.

 

Les phrases appellent au renouveau, au verdissement sentimental,

Aux feux de la Saint-Jean, aux soleils couchants, aux pleines lunes,

Au bon pain, au goût sucré des pommes sauvages et à l'acidité des agrumes.

L'enjambement des mots invite jusqu'au pavillon de verdure où le langage foisonne

Parmi les nappes damassées étalées dans l'attente d'un repas bucolique.

 

Christian Malaplate Visages de Poésie Vague de poètes en Méditerranée Jacques Basse ed Rafael De Surtis

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