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soleil

Hélian

Publié le par riende9?

Aux heures solitaires de l'esprit, c'est chose belle
De s'en aller sous le soleil, au long
des murailles d'or de l'été.
Les pas bruissent doucement dans l'ombre, mais sans rompre
Au marbre gris le sommeil du fils de Pan.

Sur la terrasse, le soir, nous bûmes du vin brun jusqu'à l'ivresse
la pêche s'empourpre et brûle au creux des feuilles.
tendre sonate, rire heureux.

Qu'il est beau le silence de la nuit !
dans la plaine obscure
Nous croisons des bergers et de blanches étoiles.

Quand l'automne est venu
S'éveille dans le bois une calme lumière.
Nous errons apaisés au long des murailles rouges
Et nos regards levés suivent les vols d'oiseaux.
Le soir, l'eau pâle choit dans les urnes des tombes.

Le ciel repose au lit des rameaux nus.
Le paysan porte le pain, le vin dans ses mains pures,
Les fruits mûrissent doucement aux chambres pleines de soleil.

Oh qu'elle est grave, la face des morts bien-aimés !
Mais la juste vision remplit l'âme de joie.


Georg Trakl

Vingt quatre poèmes

Traduction Gustave Roud

Ed. la délirante

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Jean-Claude Renard

Publié le par riende9?

"un sol schisté de soleil par suc d'or m'enrose, m'abeille dans le jardin blanc"

Jean-Claude Renard dans "Par vide nuit avide" Ed Fata Morgana

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La Demeure en juillet ...

Publié le par riende9?

La demeure en juillet, pendant l'après-midi.

À l'ombre des volets, la chambre s'acclimate ;

Le silence est heureux, calme, doux, attiédi,

Pareil au lait qui dort dans une fraîche jatte ;

La pendule de bois fait un bruit lent, hardi,

Semblable à quelque chat qui pousse avec sa patte

Les instants, dont l'un chante et l'autre est assourdi.

Le soleil va et vient dans l'ombre délicate,

Tout est tendre, paisible, encouragé, charmant,

On dirait que la joie auprès de nous habite ;

Pourtant l'on ne se sent aucun attachement...

Pourquoi n'Est-ce jamais dans ces instants qu'on quitte

La vie, avec son grand espace de tourment ?

 

Anna de Noailles (1876-1933) Les éblouissements

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Avril perpétuel de l'âme

Publié le par riende9?

Salue la lumière

qui t'ouvre les lèvres : ensuite

écarte les rideaux.

 

Dès le seuil invente

un mot toujours neuf,

précaire, ce sera "seuil".

 

Peut-être du givre

ou la frondaison, avance,

aux chemins de répondre.

 

Où que tu ailles, l'humus,

le sable, prends modèle

sur les ondes, allège-toi.

 

Ne sois que souffles

et vois : une glycine

a débordé le mur.

 

Ne coupe aucune fleur,

tu t'élargis

dans l'air des cimes.

 

Oublie tous les noms

sauf ceux du jardin,

à la fois ceux des plages.

 

Pleines mains sur ce tronc,

écoute, équitable,

le silence, la sève.

 

Rien ne reste invisible,

dis à présent

le parfum des lilas.

 

Pluie fine, la chair en liesse,

la clairvoyante, réveille

un chant de grive.

 

Les ailes, le coeur,

laisse-les battre,

laisse-les battre ensemble.

 

Si tu t'arrêtes, fais-le

à l'ombre d'un érable,

pense alors aux falaises.

 

Le vent sur les épaules,

n'aie soif ou faim

que d'embruns, de pollen.

 

Au soleil un vanneau,

un galet sous l'écume,

choisis l'un avec l'autre.

 

D'une même voix parle

à la nuit comme à l'aube

uniquement de ce qui va éclore.

 

Et toujours réserve

au creux de tes paumes

une place à l'écho.

 

Rends grâce au poème,

franchis l'horizon,

l'essor s'y régénère.

 

Pierre Dhainaut Rudiments de lumière ed Arfuyen

 

 

 

 

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Jardin

Publié le par riende9?

Il est un grand et beau jardin :

 

Une haie d'aubépines blanches

Autour d'un tremblement de branches.

 

Une petite porte d'or,

Toute close sur le dehors.

 

Une chanson de voix lointaines,

Un bleu murmure de fontaines.

 

Et de la terre jusqu'au ciel,

Rien qu'une extase de soleil.

 

Charles Van Lerberghe La chanson d'Eve

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Jean-Claude Pirotte

Publié le par riende9?

L'enfant grave dessinait

le soleil de la main gauche

 

il écrivait en miroir

des poèmes lumineux

 

maintenant de la main droite

il trace un trait déchirant

 

on dit de lui qu'il est gauche

or il n'est que mal à droite

 

Jean-Claude Pirotte Le promenoir magique et autres poèmes 1953-2003 ed La table ronde 




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Ce coeur

Publié le par riende9?

Ce cœur sans cesse sur la table

avec ses grosses écritures

ses majuscules

et ses marges de seigle

sommeille obliquement

sur une feuille de nénuphar

interdite aux voyageurs de nuit.

 

Ce cœur qui se mêle au feu

avec ses brebis florales

et son soleil barbare

capture le chant du cygne

à l'étal du matin.

 

Nohad Salameh D'autres annonciations poèmes 1980-2012 Ed Le Castor Astral

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Aux 5 coins

Publié le par riende9?

Oser et faire du bruit

Tout est couleur mouvement explosion lumière

La vie fleurit aux fenêtres du soleil

Qui se fond dans ma bouche

Je suis mûr

Et je tombe translucide dans la rue

 

Tu parles, mon vieux

 

Je ne sais pas ouvrir les yeux ?

Bouche d'or

La poésie est un jeu

 

                                              Février 1914

 

Blaise Cendrars Du monde entier au cœur du monde Poésies complètes ed Poésie / Gallimard

 

Aux cinq coins était le nom d'un café situé au carrefour de Buci qui ouvre sur cinq rues (Paris VIe)

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Douce plage où naquit mon âme

Publié le par riende9?

Douce plage où naquit mon âme ;

et toi, savane en fleurs

Que l'Océan trempe de pleurs

Et le soleil de flamme ;

 

Douce aux ramiers, douce aux amants,

Toi de qui la ramure

Nous charmait d'ombre et de murmure,

Et de roucoulements ;

 

Où j'écoute frémir encore

Un aveu tendre et fier -

Tandis qu'au loin riait la mer

Sur le corail sonore.

 

Paul-Jean Toulet (1867-1920) Les contrerimes

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L'Hiver des Alpes

Publié le par riende9?

Ces atomes de feu, qui sur la neige brillent,

Ces étincelles d'or, d'azur et de cristal

Dont l'hiver, au soleil, d'un lustre oriental,

Pare ses cheveux blancs que les vents éparpillent ;

 

Ce beau coton du ciel de quoi les monts s'habillent,

Ce pavé transparent fait du second métal ;

Et cet air net et sain, propre à l'esprit vital,

Sont si doux à mes yeux que d'aise ils en pétillent.

 

Cette saison me plaît, j'en aime la froideur ;

Sa robe d'innocence et de pure candeur

Couvre en quelque façon les crimes de la terre.

 

Aussi l'Olympien la voit d'un front humain,

Sa colère l'épargne, et jamais le tonnerre

Pour désoler ses jours ne partit de sa main.

 

Saint-Amant (1594-1661) Poésies

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