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fruits

Chargée de fruits ...

Publié le par riende9?

Chargée
De fruits légers aux lèvres
Parée
De mille fleurs variées
Glorieuse
Dans les bras du soleil
Heureuse
D’un oiseau familier
Ravie
D’une goutte de pluie
Plus belle
Que le ciel du matin
Fidèle

Je parle d’un jardin
Je rêve

Mais j’aime justement.

Paul ÉLUARD, Médieuses, Gallimard. (1895-1952)

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La fleur rouge

Publié le par riende9?

 

A la place du ciel

Je mettrai son visage

Les oiseaux ne seront

Même pas étonnés

 

Et le jour se levant

Très haut dans ses prunelles

On dira: "le printemps

Est plus tôt cette année?"

 

Beaux yeux, belle saison

Viviers de lampes claires

Jardins qui reculez

Sans cesse l'horizon

 

On fait déjà les foins

Le long de ses paupières

Les animaux peureux

Viennent à la maison

 

Je n'ai jamais reçu

Tant d'amis à ma table

Il en vient chaque jour

De nouvelles étables

 

L'un apporte sa faim

Un autre la douleur

Nous partageons le peu

Qui reste tous en choeur

 

Qu'un enfant attardé

Passe la porte ouverte

Et devinant la joie

Demande à me parler

 

Pour le mener vers moi

Deux mains se sont offertes

Si bien qu'il a déjà

Plus qu'il ne désirait

 

La chambre est encombrée

De rivières sauvages

Dans le foyer s'envole

Une épaisse forêt

 

Et la route qui tient

En laisse les villages

Traîne sa meute d'or

Jusque sous les volets

 

Tous mes fruits merveilleux

Tintent sur mon épaule

Son sang est sur ma bouche

Une flûte enchantée

 

Je lui donne le nom

De ma première enfance

De la première fleur

Et du premier été

 

René Guy Cadou  Hélène ou le règne végétal (Seghers 1952)

 

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Poème quatrième

Publié le par riende9?

J'ai écrit trois poèmes

qui n'auront jamais de sens

pour personne pas même

pour les grands éditeurs blêmes.

 

Ce ne sont pas des fruits

de l'esprit ou du coeur

non plus que des façons d'oiseaux

ou de serpents ou de lézards.

 

Ils ressemblent plutôt à des graminées folles

avoine, orge, ou fétuque

qui n'existent que pour n'avoir

aucune raison d'exister.

 

Au travers des strophes

comme en les verticilles

viennent s'inscrire le soleil

la lune et les étoiles

quand il ne pleut pas bien sûr.

 

Si la tempête se lève

pourquoi n'étant rien pas même

un rêve seraient-ils

balayés et anéantis ?

 

Cette question naturelle

qui nous concerne au premier chef

fit germer en secret

la très inutile graine

de ce poème quatrième.

 

André Dhôtel Poèmes comme ça ed Le temps qu'il fait

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Laissons !

Publié le par riende9?

Rêvons le soir,

Tôt le matin, partons -

Laissons notre pensée

Faire la maraude

Dans les vergers

Où les fruits sont mûrs...

Là...

Où la dent peut mordre

Et le goût se délecter

Rejoignons-nous

Là...

Où la feuille frémit...

D'être toujours verte !

 

Aherdan Le reflet du vent ed Marsam

Feuille verte

Photo trouvée par Cédric voir commentaires

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Avec une encre hésitante

Publié le par riende9?

Il y a des mots qu'on emmène en voyage parmi les chemins pierreux,

Les sentiers envahis d'abeilles, de fruits rouges et d'empreintes animales.

Il y a les mots qui cachent des souffrances, des interdits, des noires paroles,

Des parlers amoureux déçus, des musiques inachevées et des lettres désespérées.

Les phrases alors témoignent de la fécondité des chagrins et des rires printaniers.

 

Avec les mots, je dégomme les servitudes austères et les relents de fausses nouvelles.

Je pèle les doutes parmi les ombres dansantes et les voiles incrédules.

Il y a des mots qui portent des saveurs sucrées et des douceurs éphémères,

Des lointains appels, des accents trop épicés et des heures trop amères.

Les phrases alors traduisent les états sémaphoriques au long cours.

 

Dans les grands vents de l'oubli, quelques mots soufflent la tiédeur de l'enfance,

Les paravents de l'adolescence, les premiers émois et les rigueurs du labeur.

Il y a des mots qui décrivent de profonds silences, des vitraux gorgés de soleil,

Des lieux environnés d'une nature abondante pleine de corbeilles de fruits

Et d'arbres qui suçotent sans fin la sève qui sculpte toute l'arborescence saisonnière.

 

Les phrases appellent au renouveau, au verdissement sentimental,

Aux feux de la Saint-Jean, aux soleils couchants, aux pleines lunes,

Au bon pain, au goût sucré des pommes sauvages et à l'acidité des agrumes.

L'enjambement des mots invite jusqu'au pavillon de verdure où le langage foisonne

Parmi les nappes damassées étalées dans l'attente d'un repas bucolique.

 

Christian Malaplate Visages de Poésie Vague de poètes en Méditerranée Jacques Basse ed Rafael De Surtis

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