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Philippe Jaccottet

Publié le par riende9?

Chemins, taches rouges des sédums,
lianes des clématites sauvages, chaleur du soleil couchant.
(Noté d'abord cela, pour ne pas oublier l'intensité singulière de ces instants.)
Aussitôt après :
Ces taches rousses sur les rochers - comme on parle de lune rousse -,
comme des morceaux de toison, de la toison du soleil couchant ;
et puis ce lien entre chemin et chaleur, une chaleur émanée du sol ;
et le chemin une sente plutôt qu'un chemin, "la sente étroite du Bout du Monde",
mais justement pas du bout du Monde : d'ici, de tout près, sous les pas. ( Non dans un livre.)
Tendre trace silencieuse laissée par tous ceux qui ont marché là longtemps,
trace des vies et des pensées qui sont passées là, nombreuses,
diverses, traces de bergers et de chasseurs d'abord
- Et il n'y a pas si longtemps encore -,
puis de simples promeneurs, d'enfants, de rêveurs, de botanistes,
d'amoureux peut-être...
le temps humain qui inscrit ses lignes souples dans le sol.


Philippe Jaccottet

Couleur de terre

Ed. Fata Morgana

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Cécile Corbel Entendez-vous

Publié le par riende9?

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Maurice Maeterlink extrait de "La vie des abeilles"

Publié le par riende9?

Dont acte:

 

 

"Reprenons donc, où nous l'avions laissée,

l'histoire de notre ruche, pour écarter, autant

que possible, un des plis du rideau de guirlandes

au milieu duquel l'essaim commence à éprouver

cette étrange sueur presque aussi blanche

que la neige et plus légère que le duvet d'une

aile. Car la cire qui naît ne ressemble pas

à celle que nous connaissons tousElle est

immaculée, impondérable, elle paraît vraiment

l'âme du miel, qui est lui-même l'esprit

des fleurs, évoquée dans une incantation immobile,

pour devenir plus tard entre nos mains,

en souvenir, sans doute, de son origine il y

a tant d'azur, de parfums, d'espace cristallisé,

de rayons sublimés, de pureté et de magnificence,

la lumière odorante de nos derniers

autels."

 

Extrait de "la vie des abeilles"

Maurice Maeterlink.

 

 

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Palmström

Publié le par riende9?

Palmström est là, debout près d'un bassin,
et largement déploie un mouchoir rouge ;
sur le mouchoir on peut voir le dessin
d'un chêne, ainsi qu'un homme avec un livre.

Palmström hésite à se moucher dedans :
il appartient à ces drôles de gens
que tout à trac, dans leur virginité,
devant le Beau empoigne un saint respect.

Il replie donc ainsi qu'un amoureux,
le même objet qu'il avait déployé.
Quel cœur sensible ose condamner
de repartir avec un nez morveux ?


Christian Morgensten

Anthologie de la poésie Allemande
des origines à nos jours

par RENÉ LASNE

Edition bilingue

Stock


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Etre éternellement jeune

Publié le par riende9?

Maintenant j'ai de nouveau besoin
D'aller par toutes les ruelles,
Comme quand j'allais enfant,
par toutes les étroites ruelles. -
Et tout ça à cause de toi
Mon cœur si jeune tout à coup,
Rien que de te connaître.

J'ai besoin parfois de partir à travers champs,
J'ai besoin d'aller par tous les chemins,
par toutes les montagnes, par toutes les forêts,
de voir des contrées que je ne connais pas.
Et tout ça à cause de toi.
Mon cœur si jeune tout à coup,
Rien que de te connaître.

Nathan Katz

Arfuyen

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Hélian

Publié le par riende9?

Aux heures solitaires de l'esprit, c'est chose belle
De s'en aller sous le soleil, au long
des murailles d'or de l'été.
Les pas bruissent doucement dans l'ombre, mais sans rompre
Au marbre gris le sommeil du fils de Pan.

Sur la terrasse, le soir, nous bûmes du vin brun jusqu'à l'ivresse
la pêche s'empourpre et brûle au creux des feuilles.
tendre sonate, rire heureux.

Qu'il est beau le silence de la nuit !
dans la plaine obscure
Nous croisons des bergers et de blanches étoiles.

Quand l'automne est venu
S'éveille dans le bois une calme lumière.
Nous errons apaisés au long des murailles rouges
Et nos regards levés suivent les vols d'oiseaux.
Le soir, l'eau pâle choit dans les urnes des tombes.

Le ciel repose au lit des rameaux nus.
Le paysan porte le pain, le vin dans ses mains pures,
Les fruits mûrissent doucement aux chambres pleines de soleil.

Oh qu'elle est grave, la face des morts bien-aimés !
Mais la juste vision remplit l'âme de joie.


Georg Trakl

Vingt quatre poèmes

Traduction Gustave Roud

Ed. la délirante

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Issue

Publié le par riende9?

L'instant

est à la fois

une issue

de secours

et une voie

sans issue

autrement dit

l'instant

est une

impasse

de secours

 

Thomas Vinau Juste après la pluie Alma éditeur

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Jean Mambrino 50

Publié le par riende9?

Certaines silhouettes portent avec douceur

le temps sur leurs épaules,

comme un sentier la pluie d'automne le soir.

Elles revêtent en silence la douleur

du monde. As-tu vu cette vieille femme

qui tenait une enfant par la main, sa tête petite

levée vers elle ? Leurs regards, en se croisant,

se passent la même aurore. Enfance et vieillesse

orphelines. On ne sait qui enfante l'autre.

 

Ainsi la vie se transmet.

 

Jean Mambrino Comme un souffle de rosée bruissant ed Arfuyen 

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Il fut un temps où

Publié le par riende9?

tout le monde pouvait s'exprimer ici sans se faire attaquer.

Je viens de mettre en place la modération des commentaires

en espérant que ça fonctionne et en attendant peut-être de

purement supprimer ce blog si la tournure ne me plaît pas.

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