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oiseaux

Sur l'épaule de l'ange Alexandre Romanès extraits suite

Publié le par riende9?

Ineffaçables, les paroles vraies

et les mouvements du coeur vers l'autre.

Tout le reste n'est rien.

Qu'ils continuent le combat

sans moi !

La neige, le vent, les étoiles :

si le coeur est parfait,

pourquoi vouloir plus ?

 *

Souvent j'ai dit oui

quand il fallait dire non

et j'ai dit non

quand il fallait dire oui?

Je ne t'avais pas encore 

rencontré.

 *

Aujourd'hui, presque tout m'agresse,

mais mon oreille est encore là

pour le chant délicat des oiseaux.

Mais pour combien de temps encore ?

Ton épaule contre la mienne,

ton souffle sur ma joue.

Je n'ai pas oublié. 

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Julien Green

Publié le par riende9?

Rien n'est plus délicieux que ces premières journées d'automne où l'air agité de puissants remous semble une mer invisible dont les vagues se brisent dans les arbres, tandis que le soleil, dominant cette fureur et ce tumulte, accorde à la moindre fleur l'ombre qu'elle fera tourner à son pied jusqu'au soir. De ce calme et de cette frénésie résulte une impression où la force se mêle à une douceur que le langage humain ne peut rendre. C'est un repos sans langueur, une excitation que ne suit aucune lassitude ; le sang coule plus joyeux et plus libre, le coeur se passionne pour cette vie qui le fait battre. A ceux qui ne connaissent pas le bonheur, la nature dans ces moments généreux leur en apporte avec les odeurs des bois et les cris des oiseaux, avec les chants du feuillage et toutes ces choses où palpite l'enfance.
 


Julien Green

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La fleur rouge

Publié le par riende9?

 

A la place du ciel

Je mettrai son visage

Les oiseaux ne seront

Même pas étonnés

 

Et le jour se levant

Très haut dans ses prunelles

On dira: "le printemps

Est plus tôt cette année?"

 

Beaux yeux, belle saison

Viviers de lampes claires

Jardins qui reculez

Sans cesse l'horizon

 

On fait déjà les foins

Le long de ses paupières

Les animaux peureux

Viennent à la maison

 

Je n'ai jamais reçu

Tant d'amis à ma table

Il en vient chaque jour

De nouvelles étables

 

L'un apporte sa faim

Un autre la douleur

Nous partageons le peu

Qui reste tous en choeur

 

Qu'un enfant attardé

Passe la porte ouverte

Et devinant la joie

Demande à me parler

 

Pour le mener vers moi

Deux mains se sont offertes

Si bien qu'il a déjà

Plus qu'il ne désirait

 

La chambre est encombrée

De rivières sauvages

Dans le foyer s'envole

Une épaisse forêt

 

Et la route qui tient

En laisse les villages

Traîne sa meute d'or

Jusque sous les volets

 

Tous mes fruits merveilleux

Tintent sur mon épaule

Son sang est sur ma bouche

Une flûte enchantée

 

Je lui donne le nom

De ma première enfance

De la première fleur

Et du premier été

 

René Guy Cadou  Hélène ou le règne végétal (Seghers 1952)

 

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Génésie (extrait)

Publié le par riende9?

Sous les arbres
Avec tous les oiseaux d'enfance
Entre leurs bras
Le flot entre leurs racines
Mais l'on ne sait comment
Être intérieurement là
Pour lui vivre est alors plutôt
Se tenir
Dans l'ombre qui survient
Ses jeux ne duraient pas
Un seul vaut
Celui de dire
Et peut-être celui d'aimer
Si l'autre quelqu'un
Joue le même que soi
Là-bas c'était
D'être caché
En ce qu'on ne voit pas
Non dans les ombres de la terre
Qui sont encore des choses
Mais dans celle unique
Survenante
De l'esprit
Dont il reçut
L'invisibilité
Se tenait aussi
Sous les branches lunaires
Du saule
Accroupi sans rien faire
Que regarder devant
Penser à l'inutilité
Des mondes hors de soi
— Qu'y a-t-il qu'on ne sache
Et ne croyant pas au secret
À l'enfouissure au camouflement
Pas même aux livres d'aventure
Mais seulement au silence
À la sonorité de son effacement

 

Serge Marcel Roche

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Sauvage un arbre

Publié le par riende9?

retourne au creux de son ombre

feuillage sur feuillage arbre et visage

leur règne

dans l'ombre heureuse

l'arbre est tout plein de nuit blessée

des oiseaux y taillent de grands cris muets

 

Amina Saïd

 

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J'eus Toujours de L'amour pour les Choses Ailées

Publié le par riende9?

J'eus toujours de l'amour pour les choses ailées.

Lorsque j'étais enfant, j'allais sous les feuillées,

J'y prenais dans les nids de tout petits oiseaux.

D'abord je leur faisais des cages de roseaux

Où je les élevais parmi des mousses vertes.

Plus tard je leur laissais les fenêtres ouvertes.

Ils ne s'envolaient point ; ou, s'ils fuyaient aux bois,

Quand je les rappelais ils venaient à ma voix.

Une colombe et moi longtemps nous nous aimâmes.

Maintenant je sais l'art d'apprivoiser les âmes.

 

Victor Hugo

Le 12 avril 1840. 

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Tout à coup

Publié le par riende9?

J'étais en train

de lire un livre

quand tout à coup

je vis ma vitre

emplir son œil absent d'oiseaux légers et ivres

 

Oui, il neigeait.

La folle neige !

Elle tombait

tranquille et fraîche

dans le cœur tout troué comme un filet de pêche.

 

C'était si bon !

et j'étais ivre

de ces flocons

heureux de vivre

que ma main oublieuse, laissa tomber le livre !

 

En ai-je vu

neiger la neige

dans le cœur nu !

Ah Dieu ! Que n'ai-je

su garder dans mon cœur un peu de cette neige !

 

Toujours en train

de lire un livre !

Toujours en train

d'écrire un livre !

Et tout à coup la neige tranquille dans ma vitre

 

Benjamin Fondane (1944)

 

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L'arbre Rina Lasnier

Publié le par riende9?

J’avais un grand arbre vert
Où nichait mon enfance ailée,
Un arbre grand troué de lumière
Qui remplissait le haut de mon âme.
 
J’avais de douces branches vertes
Où chantait mon enfance triste,
Des branches vertes et sonores
Qui répétaient les chagrins de mon âme.
 
J’avais mille feuilles vertes
Où palpitait l’élan de mon enfance,
Des feuilles lisses et captives
Comme les oiseaux de mon âme.
 
J’avais un grand arbre vert
Où se dénouait la fleur de mon enfance,
Pour quel printemps, pour quelle abeille ?
Pour quelle joie, pour quelle souffrance ?

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Chant rieur

Publié le par riende9?

Quand sur un ton de joie rient les vertes forêts,

Que le ru court et rit de toutes ses fossettes,

Cependant que l'air rit de nos plaisanteries,

Que, du bruit qu'elles font, rit la verte colline ;

 

Lorsque de leur vert vif rient aussi les prairies

Et que la sauterelle, en ce gai tableau, rit ;

Lorsque chantent Suzanne, Emilie et Marie

De leur suave bouche arrondie Ha, ha, hi !

 

Lorsque les oiseaux peints rient aussi sous l'ombrage

Où notre table est mise avec noix et cerises,

Viens vivre, soyons joyeux, allons, joins-toi à moi,

Nous chanterons en chœur le suave Ha, ha, hi !

 

William Blake Chants d'innocence, Le mariage du Ciel et de l'Enfer, Chants d'expérience ed Rivages poche/ Petite bibliothèque traduction Bernard Pautrat 

 




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Moi l'hiver je pense

Publié le par riende9?

Moi l'hiver je pense

Aux petits oiseaux

Qui couvent des œufs glacés

Dans les arbres

 

Moi l'hiver je pense

Aux petits poissons

Qui se gèlent les bonbons

La nuit

Dans les rivières.

 

Paul Vincensini Archiviste du vent ed Cherche midi

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