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neige

Sur l'épaule de l'ange Alexandre Romanès extraits suite

Publié le par riende9?

Ineffaçables, les paroles vraies

et les mouvements du coeur vers l'autre.

Tout le reste n'est rien.

Qu'ils continuent le combat

sans moi !

La neige, le vent, les étoiles :

si le coeur est parfait,

pourquoi vouloir plus ?

 *

Souvent j'ai dit oui

quand il fallait dire non

et j'ai dit non

quand il fallait dire oui?

Je ne t'avais pas encore 

rencontré.

 *

Aujourd'hui, presque tout m'agresse,

mais mon oreille est encore là

pour le chant délicat des oiseaux.

Mais pour combien de temps encore ?

Ton épaule contre la mienne,

ton souffle sur ma joue.

Je n'ai pas oublié. 

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Suite au 16/05 ou pas

Publié le par riende9?

Tout au fond des montagnes, la nuit,

Seul dans mon ermitage,

J'écoute le son plaintif

De la pluie et de la neige.

Un singe pleure au sommet de la montagne

Le son de la rivière dans la vallée s'est évanoui

Une lumière clignote devant ma fenêtre.

Sur le bureau : l'eau dans l'encrier asséché.

Incapable de dormir toute la nuit,

Je prépare l'encre et le pinceau et écris ce poème.

La pluie a cessé, les nuages ont disparu

Et le temps limpide à nouveau.

Si votre coeur est pur,

Alors toutes choses de votre monde sont pures.

Abandonnez ce monde fugitif, abandonnez-vous,

Alors la lune et les fleurs vous guideront sur la Voie.

 

Ryokan

 

oh

 

Oiseaux de passage

Ne vous querellez pas en volant

Frères

Faits pour vous entraider.

 

Kobayashi Issa

 

Soir d'automne 

Il est un bonheur aussi

Dans la solitude

 

Busson

 

?

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Le livre errant Jean-Marie Kerwich (extrait)

Publié le par riende9?

     C'est beau une page blanche, c'est comme si on écrivait sur la neige. C'est comme si une invisible écriture était là, comme une jeune fille en robe de nuit blanche. Mais après que les pensées ont marché sur la page, la page devient une rue boueuse bordée de détritus de toutes sortes. La page a perdu sa blancheur, la neige de papier a fondu sous l'encre chaude du poème. J'arrête d'écrire pour laisser un espace de neige, pour vous laisser admirer l'horizon du paysage enneigé du papier.

 

Jean-Marie Kerwich

Ed Mercure de France

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Neige du sud pour Pascal

Publié le par riende9?

Neige du sud pour Pascal

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Jean-Claude Renard Extrait

Publié le par riende9?

 

Marcher, fût-ce vers rien, garde possible tout.

L'eau de l'obscur est bonne à boire.
Accordant le zèle du corps à la grande danse initiatique, approche-toi de la maison où sur la table, une cruche attend la main secrète qui pourra seule l'y verser.

Des abeilles ruchent sous la neige.
Qui l'ignore ne voyage pas...

 

Jean-Claude Renard Extrait



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Proverbe japonais

Publié le par riende9?

"On ne peut admirer en même temps la lune, la neige et les fleurs."

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Dits d'un livre de l'or (extrait)

Publié le par riende9?

Qu'est-ce que l'or? dit le jour.


Un sacre qui transmue la nuit.

Qu'esl-ce que l"or? dit la nuit.


Des tournesols sur la mer.

Qu'est-ce que l'or?

dit la mer.


Une douceur d'orange sous le sable.

Qu'est-ce que l'or? dit le sable.


Du lait où purifier le sang.

Qu'est-ce que l'or? dit le sang.


Des dieux en fête dans la neige.

Qu'est-ce que l'or? dit la neige.


Une enfance qui naît de la mort.

Qu'est-ce que l'or? dit la mort.


L'immortalité du mystère.

Qu'est-ce que l'or? dit le mystère.


Rien, sauf l'éclat de ma ténèbre.

Quand l'abîme brûlera ton visage,

là,

juste à l'extrême bord du roc,

— veuille la nuit

(qui les a pistés, longtemps traqués parmi la neige)

détourner les mots.

les écarter assez de toi

pour qu'aucun d'eux n'assèche ton sang,

n'ait le pouvoir de te détruire!

Oui,

sauf ceux (mais où luisent, derrière le soupçon, leur signes?)

qu'imprègne le souffle, que baigne muettement la foudre de ce qui t'habite et te transmue,

— redoute-les!

Prêt à prier,

— expulse la langue qui limite.

Fuis celle qui leurre le guet, ensable l'angoisse fécondante.

Evite celle qui rassure

(fût-ce l'âme, fût-ce la solitude du corps).

Car même l'énigme qu'elle annonce, même le mystère qu'elle salue ne peuplent rien à travers elle...

Les mages le savent : nul vocable (piégé/piégeant) ne sauve du deuil, ne sonde l'outre-mort.

Nul. hors le vrai délire, ne connaît le sens : le secret. (Extrait)

 

Jean-Claude Renard

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Les Vents Première Partie (Traduite de poèmes norvégiens)

Publié le par riende9?

 

Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent du Nord.
Il était vêtu d’un grand manteau de neige et sa couronne de glaçons étincelait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers les immuables blancheurs.
«Tu verras les aurores incomparables, les mers immobiles et lumineuses, les 
montagnes de cristal qui flottent sur les eaux et les solitudes pâles au fond de 
l’éternel silence.»

Je répondis au Vent du Nord:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent du Nord s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent de l’Est.
Il était vêtu de pourpre et sa couronne de rayons flamboyait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers la lumière.
«Tu verras le faste des couleurs, les dorures des pagodes aux clochetons 
bizarres, le chatoiement soyeux des robes de mousmés et la naissance glorieuse 
du Soleil.»

Je répondis au Vent de l’Est:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent de l’Est s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent du Sud.
Il était vêtu d’or et sa couronne d’étoiles resplendissait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers l’azur.
«Tu verras les forêts aux végétations paradoxales, la grâce des lionnes et la 
subtilité des panthères, les reptiles indolents et splendides, les temples et 
les ruines, les sphinx accroupis dans les déserts, les oasis et les mirages, et 
l’inexprimable magnificence des fleurs.»

Je répondis au Vent du Sud:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent du Sud s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent de l’Ouest.
Il était vêtu de vert tendre et sa couronne de perles rayonnait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers la mer.
«Tu verras l’infini des horizons ruisselants et le charme mystique des brumes, 
le passage des voiles dont la blancheur légère se colore, vers le soir, de 
violet et d’orange, et l’étendue fabuleuse des Océans.» 

Je répondis au Vent de l’Ouest:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent de l’Ouest s’enfuit dans un frisson d’ailes.


Renée Vivien

 

 

 

 

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Emile Verhaeren

Publié le par riende9?

LA  NEIGE

La neige tombe, indiscontinûment,

Comme une lente et longue et pauvre laine,

Parmi la morne et longue et pauvre plaine,

Froide d'amour, chaude de haine.

La neige tombe, infiniment,

Comme un moment ―

Monotone ― dans un moment ;

La neige choit, la neige tombe,

Monotone, sur les maisons

Et les granges et leurs cloisons ;

La neige tombe et tombe

Myriadaire, au cimetière, au creux des tombes.

Le tablier des mauvaises saisons,

Violemment, là-haut, est dénoué ;

Le tablier des maux est secoué

A coups de vent, sur les hameaux des horizons.

Le gel descend, au fond des os,

Et la misère, au fond des clos,

La neige et la misère, au fond des âmes ;

La neige lourde et diaphane,

Au fond des âtres froids et des âmes sans flammes,

Qui se fanent, dans les cabanes.

Aux carrefours des chemins tors,

Les villages sont seuls, comme la mort ;

Les grands arbres, cristallisés de gel,

Au long de leur cortège par la neige,

Entrecroisent leurs branchages de sel.

Les vieux moulins, où la mousse blanche s'agrège,

Apparaissent, comme des pièges,

Tout à coup droits, sur leur butte ;

En bas, les toits et les auvents

Dans la bourrasque, à contre vent,

Depuis Novembre, luttent ;

Tandis qu'infiniment la neige lourde et pleine

Choit, par la morne et longue et pauvre plaine.

Ainsi s'en va la neige au loin,

En chaque sente, en chaque coin,

Toujours la neige et son suaire,

La neige pâle et mortuaire,

La neige pâle et inféconde,

En folles loques vagabondes,

Par à travers l'hiver illimité du monde.

Verhaeren, Poèmes 3ième série (1894), Les villages illusoires, La neige

LesLellusoires, La neige,

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Noël blanc Emile Verhaeren

Publié le par riende9?

Doucement, lentement, la neige tombait, la neige de Noël. L’air en était pointillé ; elle floconnait, s’attardait dans un tour de valse au coin des rues où soufflait la bise. Dans la plaine, elle descendait d’aplomb, serrée.  

C’était le 24 décembre, le soir. Les maisons étaient fermées, personne ne sortait plus. De longues lames jaunes perçaient encore les joints des volets ; mais bientôt ces filtrations de lumière tarirent toutes.

La neige fit alors son œuvre, silencieusement. Elle se mit à choir plus drue, plus brillantée, dans un clair de lune molletonné de nuages. Elle abandonna ses laines par poignées, comme si toutes les nuées du ciel eussent perdu leur toison.

Un petit village, blotti dans un trou de terrain, la recevait sur ses épaules. Il s’en couvrait, frileux, avec ses granges, ses étables, ses meules, ses fumiers, ses huttes, ses fours, ses auges, ses écuries. Il se dorlotait ; les demeures avaient l’air de s’emmitoufler, de se pelotonner, de se serrer les unes près des autres,  comme une famille de marmottes blanches.

Des tourbillonnements follets, des soulèvements de poussière givrée, passaient comme une fumée que le vent lutine. Il y eut un instant de furie tempétueuse d’émeute hurlante à travers les mélancolies de la nuit. On eût dit des plaintes de forêt tordue par l’ouragan.

Vers onze heures la neige cessa. Dans l’apaisement nocturne et le ciel dévoilé, les étoiles perlèrent. Un glacis bleu de lune courut sur l’immensité blanche du paysage. Tout angle s’émoussait ! Les maisons faisaient le gros dos et des ombres en ronde bosse moutonnaient dans les rues. Au milieu du village, l’église, avec les deux pentes jumelles de son toit rabattues comme des ailes, semblait abriter une couvée de cygnes dans un site norwégien.

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