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ete

Haïku du jour

Publié le par riende9?

C'est le début des cigales

elles chantent depuis hier

est-ce que cela sent l'été

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Haïkus Lozère

Publié le par riende9?

Ce n'est pas encore l'été

mais deux vers luisants 

accompagnent notre soirée

 

La coccinelle est sur l'herbe _

En mode photographe

Bzz ne veut pas prendre la pose

 

Assis sur son muret _ Chat

guette les chauve-souris

Si une se laissait saisir

 

Sauvetage du papillon

Plouf dans le café

Egouttage suivi d'envol

 

Dans le pré les cloches des vaches

la maigre et son veau

mais où sont passées ses cornes

 

 

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Le mot

Publié le par riende9?

Je cherche un mot

vaste et chaud comme une chambre

sonore comme une harpe

dansant comme une robe

clair comme un avril

 

un mot que rien n'efface

comme une empreinte dans l'écorce

un mot que le mensonge

ne séduit pas

 

un mot pour tout dire

la mort la vie

la peur le silence et la plainte

l'invisible et le doux

et les miracles de l'été

 

depuis si longtemps je cherche

mais j'ai confiance en vous :

il va naître de vos lèvres

 

 

Jean-Pierre Siméon La nuit respire Cheyne éditeur

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Philippe Jaccottet

Publié le par riende9?

 

Je me souviens qu'un été récent, alors que je marchais une fois de plus dans la campagne, le mot joie, comme traverse parfois le ciel un oiseau que l'on n'attendait pas et que l'on n'identifie pas aussitôt, m'est passé par l'esprit et m'a donné, lui aussi, de l'étonnement.
Je crois que d'abord, une rime est venue lui faire écho, le mot soie ; non pas tout à fait arbitrairement, parce que le ciel d'été à ce moment-là, brillant, léger et précieux comme il l'était, faisait penser à d'immenses bannières de soie qui auraient flotté au-dessus des arbres et des collines avec des reflets d'argent, tandis que les crapauds toujours invisibles faisaient s'élever du fossé profond, envahi de roseaux, des voix elles-mêmes, malgré leur force, comme argentées, lunaires.
Ce fut un moment heureux ; mais la rime avec joie n'était pas légitime pour autant.


Philippe Jaccottet extrait de : à la lumière d'hiver

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La fleur rouge

Publié le par riende9?

 

A la place du ciel

Je mettrai son visage

Les oiseaux ne seront

Même pas étonnés

 

Et le jour se levant

Très haut dans ses prunelles

On dira: "le printemps

Est plus tôt cette année?"

 

Beaux yeux, belle saison

Viviers de lampes claires

Jardins qui reculez

Sans cesse l'horizon

 

On fait déjà les foins

Le long de ses paupières

Les animaux peureux

Viennent à la maison

 

Je n'ai jamais reçu

Tant d'amis à ma table

Il en vient chaque jour

De nouvelles étables

 

L'un apporte sa faim

Un autre la douleur

Nous partageons le peu

Qui reste tous en choeur

 

Qu'un enfant attardé

Passe la porte ouverte

Et devinant la joie

Demande à me parler

 

Pour le mener vers moi

Deux mains se sont offertes

Si bien qu'il a déjà

Plus qu'il ne désirait

 

La chambre est encombrée

De rivières sauvages

Dans le foyer s'envole

Une épaisse forêt

 

Et la route qui tient

En laisse les villages

Traîne sa meute d'or

Jusque sous les volets

 

Tous mes fruits merveilleux

Tintent sur mon épaule

Son sang est sur ma bouche

Une flûte enchantée

 

Je lui donne le nom

De ma première enfance

De la première fleur

Et du premier été

 

René Guy Cadou  Hélène ou le règne végétal (Seghers 1952)

 

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Douceur

Publié le par riende9?

Douceur,

Je dis : douceur.

 

Je dis : douceur des mots

Quand tu rentres le soir du travail harassant

Et que des mots t'accueillent

Qui te donnent du temps.

 

Car on tue dans le monde

Et tout massacre nous vieillit.

 

Je dis : douceur,

Pensant aussi

A des feuilles en voie de sortir du bourgeon,

A des cieux, à de l'eau dans les journées d'été,

A des poignées de main.

 

Je dis : douceur, pensant aux heures d'amitié,

A des moments qui disent

Le temps de la douceur venant pour tout de bon,

 

Cet air tout neuf,

Qui pour durer s'installera.

 

Eugène Guillevic Terre à bonheur 

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La voix

Publié le par riende9?

Une voix, une voix qui vient de si loin

Qu'elle ne fait plus tinter les oreilles.

Une voix, comme un tambour, voilée,

Parvient pourtant distinctement jusqu'à nous.

 

Bien qu'elle semble sortir d'un tombeau

Elle ne parle que d'été et de printemps.

Elle remplit le corps de joie,

Elle allume aux lèvres le sourire.

 

Je l'écoute. Ce n'est qu'une voix humaine

Qui traverse les fracas de la vie et des batailles,

L'écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages.

 

Et vous ? Ne l'entendez-vous pas ?

Elle dit : "La peine sera de courte durée".

Elle dit : " La belle saison est proche ".

 

Ne l'entendez-vous pas ?

 

Robert Desnos (19900-1945) Contrée

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Hélian

Publié le par riende9?

Aux heures solitaires de l'esprit, c'est chose belle
De s'en aller sous le soleil, au long
des murailles d'or de l'été.
Les pas bruissent doucement dans l'ombre, mais sans rompre
Au marbre gris le sommeil du fils de Pan.

Sur la terrasse, le soir, nous bûmes du vin brun jusqu'à l'ivresse
la pêche s'empourpre et brûle au creux des feuilles.
tendre sonate, rire heureux.

Qu'il est beau le silence de la nuit !
dans la plaine obscure
Nous croisons des bergers et de blanches étoiles.

Quand l'automne est venu
S'éveille dans le bois une calme lumière.
Nous errons apaisés au long des murailles rouges
Et nos regards levés suivent les vols d'oiseaux.
Le soir, l'eau pâle choit dans les urnes des tombes.

Le ciel repose au lit des rameaux nus.
Le paysan porte le pain, le vin dans ses mains pures,
Les fruits mûrissent doucement aux chambres pleines de soleil.

Oh qu'elle est grave, la face des morts bien-aimés !
Mais la juste vision remplit l'âme de joie.


Georg Trakl

Vingt quatre poèmes

Traduction Gustave Roud

Ed. la délirante

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Haïku

Publié le par riende9?

je ne l'attendais plus

mais il est là

l'été et sa chaleur étouffante

 

(toute moite) !

 

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Evadné

Publié le par riende9?

L'été et notre vie étions d'un seul tenant

La campagne mangeait la couleur de ta robe odorante

Avidité et contrainte s'étaient réconciliées

Le château de Maubec s'enfonçait dans l'argile

Bientôt s'effondrerait le roulis de sa lyre

La violence des plantes nous faisait vaciller

Un corbeau rameur sombre déviant de l'escadre

Sur le muet silex de midi écartelé

Accompagnait notre entente aux mouvements tendres

La faucille partout devait se reposer

Notre rareté commençait un règne

(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière

En tournant chaque nuit la page consentie

Veut que chaque part de toi que je retienne

Soit étendue à un pays d'âge affamé et de larmier géant)

 

C'était au début d'adorables années

La terre nous aimait un peu je m'en souviens

 

René Char Seuls demeurent

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