Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

langage

Julien Green

Publié le par riende9?

Rien n'est plus délicieux que ces premières journées d'automne où l'air agité de puissants remous semble une mer invisible dont les vagues se brisent dans les arbres, tandis que le soleil, dominant cette fureur et ce tumulte, accorde à la moindre fleur l'ombre qu'elle fera tourner à son pied jusqu'au soir. De ce calme et de cette frénésie résulte une impression où la force se mêle à une douceur que le langage humain ne peut rendre. C'est un repos sans langueur, une excitation que ne suit aucune lassitude ; le sang coule plus joyeux et plus libre, le coeur se passionne pour cette vie qui le fait battre. A ceux qui ne connaissent pas le bonheur, la nature dans ces moments généreux leur en apporte avec les odeurs des bois et les cris des oiseaux, avec les chants du feuillage et toutes ces choses où palpite l'enfance.
 


Julien Green

Voir les commentaires

Jean-Claude Pirotte

Publié le par riende9?

l'enfance et l'éternité

sont peut-être synonymes

comme l'hiver et l'été

comme le ciel et l'abîme

 

c'est ce qu'il préfère croire

l'enfant du fond de la classe

qui pressent les longs déboires

de la vie et du langage

 

Jean-Claude Pirotte Le promenoir magique et autres poèmes 1953-2003 ed La table ronde

Voir les commentaires

Migrateur pris

Publié le par riende9?

Mortes couleurs de mauvais temps

Novembre en plumes de voyage

- Autant en portent les autans -

Seul des vols reste ce langage

Pris à la source en la quittant

Dont un reflet tenait en cage

Sourire outremer des printemps.

 

Olivier Larronde Œuvres poétiques complètes ed Le promeneur

oiseaux-en-vol-ombres-chinoises-sur-ciel-stylise

photo trouvée par Cédric

 

Voir les commentaires

La poésie

Publié le par riende9?

En toi, péniblement s'unissent

Le hasard, l'esprit créateur ;

La beauté n'a point de couleurs

Plus fuyantes et plus factices.

 

Dans l'ardent et houleux désert

Du monde, n'aimant qu'un mirage,

Chercher en d'ineffables vers

La magique fleur du langage ...

 

Tu nous troubles, irrésistible,

Impalpable, à peine visible,

De pâle et fuyante lueur,

 

Au point qu'à jamais tu nous lies

Par la pensée et par le coeur ;

Et que l'on t'aime à la folie !

 

Innocent Annenski Anthologie de la poésie russe ed Gallimard  

 

La magique fleur du langage...

L'amour est une fleur magique

... nous embrasse ! ;-) 

 

illustrations et texte Cédric

 http://www.photomonde.fr/la-psychotria-elata-la-fleur-en-forme-de-levres/

Psychotria-Elata-la-fleur-en-forme-de-lèvres

Voir les commentaires

Elégie

Publié le par riende9?

Il est des voluptés dans les forêts sauvages,

Et des plaisirs naissant sur de vides rivages,

Il est une harmonie en ce langage fier

Des vagues se brisant sur les grèves des mers.

Oui, j'aime mon prochain, mais toi, mère Nature,

Je te préfère à tout, souveraine, oubliant

Près de toi ce que fut naguère mon printemps,

Et ce que fit de moi la froide flétrissure

Des ans. Ainsi mon coeur, se ranimant encor,

Plein de sentiments neufs et d'ardeurs salutaire,

Cherche à les exprimer en des paroles d'or,

Mais ne les trouvant pas, pourtant, ne peut se taire.

 

Constantin Batiouchkov dans Anthologie de la poésie russe ed Gallimard  

 

 

Photo Yann Huet trouvée par Cédric (voir commentaires ) ici http://www.ladamedepique.ru/article/russie-ile-reunion-passerelle-invisible

Voir les commentaires

Avec une encre hésitante

Publié le par riende9?

Il y a des mots qu'on emmène en voyage parmi les chemins pierreux,

Les sentiers envahis d'abeilles, de fruits rouges et d'empreintes animales.

Il y a les mots qui cachent des souffrances, des interdits, des noires paroles,

Des parlers amoureux déçus, des musiques inachevées et des lettres désespérées.

Les phrases alors témoignent de la fécondité des chagrins et des rires printaniers.

 

Avec les mots, je dégomme les servitudes austères et les relents de fausses nouvelles.

Je pèle les doutes parmi les ombres dansantes et les voiles incrédules.

Il y a des mots qui portent des saveurs sucrées et des douceurs éphémères,

Des lointains appels, des accents trop épicés et des heures trop amères.

Les phrases alors traduisent les états sémaphoriques au long cours.

 

Dans les grands vents de l'oubli, quelques mots soufflent la tiédeur de l'enfance,

Les paravents de l'adolescence, les premiers émois et les rigueurs du labeur.

Il y a des mots qui décrivent de profonds silences, des vitraux gorgés de soleil,

Des lieux environnés d'une nature abondante pleine de corbeilles de fruits

Et d'arbres qui suçotent sans fin la sève qui sculpte toute l'arborescence saisonnière.

 

Les phrases appellent au renouveau, au verdissement sentimental,

Aux feux de la Saint-Jean, aux soleils couchants, aux pleines lunes,

Au bon pain, au goût sucré des pommes sauvages et à l'acidité des agrumes.

L'enjambement des mots invite jusqu'au pavillon de verdure où le langage foisonne

Parmi les nappes damassées étalées dans l'attente d'un repas bucolique.

 

Christian Malaplate Visages de Poésie Vague de poètes en Méditerranée Jacques Basse ed Rafael De Surtis

Voir les commentaires

Epreuves du langage II

Publié le par riende9?

Quel alphabet

Prend en compte

Nos clartés comme nos ombres

Quel langage

Raboté par nos riens

Ameute le souffle

Quel désir

Devient cadences

Images     métamorphoses

Quel cri

Se ramifie ailleurs

Quel poème

Fructifie

pour se dire autrement ?

 

Andrée Chédid Rythmes ed Gallimard

 

  

Voir les commentaires

Epreuves du langage I

Publié le par riende9?

D'où vient le son

Qui nous ébranle

Où va le sens

Qui se dérobe

D'où vient le mot

Qui libère

Où va le chant

Qui nous entraîne

D'où surgit la parole

Qui comble le vide

Quel est le signe

Qui fauche le temps ?

 

 

Andrée Chédid Rythmes ed Gallimard

Voir les commentaires