Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

fleuve

Nuit d'automne

Publié le par riende9?

La  rosée tombe, le ciel est haut, les eaux débordées sont calmes.

Par la montagne déserte dans la nuit solitaire les âmes errantes     s'émeuvent.

Seul au loin le fanal éclaire une voile immobile.

La lune nouvelle au ciel s'accroche, cependant que s'arrête le bruit des battoirs.

Les chrysanthèmes ont fleuri, les hommes endorment leurs douleurs.

Pas à pas sur la véranda appuyé à mon bâton je contemple la Grande Ourse,

Le fleuve céleste au loin mène jusqu'à la ville.

 

Tou Fou (Chine 712-770) Trésor de la poésie universelle ed Gallimard/Unesco

Voir les commentaires

Henri Michaux extrait Le jardin exalté

Publié le par riende9?

   ...

   Comme l'eau avance dans ce lit d'un fleuve, pareillement la musque avançait dans le lit de mon être, entretenant, entraînant ampleur, et aspiration à l'ampleur.

 

   Mon mal avait disparu et l'appréhension.

   C'était oublié.

   Par des brisements de toutes sortes et surtout d'une étrange sorte, la musique élue avait tout recouvert de sa façon unique.

...

Henri Michaux extrait Le jardin exalté ed Fata Morgana

 

Merci à Joruri pour la suggestion de lecture

 

Voir les commentaires

Intervalles

Publié le par riende9?

J'écris un poème

pour faire quelque chose

et justifier ma paresse.

Feignant, dit le démon,

tu es à moi, tu es

le plus vicieux des hommes.

 

Monsieur le démon, je n'ai

pas encore pris

de décision irréversible.

Je n'en prendrai jamais

et vous me chercherez

où je ne serai pas.

 

La poésie ce n'est que cela

ne pas exister sinon

savoir être toujours

aussi bien à côté des villes

que très loin des campagnes

 

là où rêvent les cygnes

dont on ne sait à quel moment

ils viennent boire au fleuve

à quel moment ils planent

sur la hauteur des vents.

 

Avec le poème on chemine

entre deux vérités

comme entre deux mensonges,

c'est pareil puisqu'on est

dans l'invisible désert

 

que méconnaissent les gens de bien

tout autant que les gens de mal

le désert qui s'étend

dans l'intervalle des pensées

où règne la bonté du ciel.

 

André Dhôtel Poèmes comme ça ed Le temps qu'il fait

 

Voir les commentaires

Allant au bord de la mer...

Publié le par riende9?

Allant au bord de la mer

compter vagues et coquilles

ma belle trouva bientôt

la rivière de Séville.

 

Entre cloches et lauriers

se balançaient cinq navires

ayant les rames dans l'eau

et les voiles à la brise.

 

Qui regarde dans la tour

caparaçonnée, là-haut ?

Cinq voix nous ont répondu

rondes comme des anneaux.

 

Le ciel superbe montait

le fleuve, assis sur ses rives.

Dans l'air à peine rougi

cinq bagues se balançaient.

 

Federico Garcia Lorca 1898-1936 Poésies 1921-1927 traduction André Belamich 

Le Guadalquivir photo trouvée par Cédric 

Voir les commentaires

L'hiver surviendra

Publié le par riende9?

L'hiver surviendra bref pour de sa blanche

          Nudité vêtir la campagne.

L'âtre où le feu flamboie sera notre patrie

          Et les contes que nous raconterons

Bien installés, assis tout contre sa chaleur,

          Vaudront bien les chansons

Par lesquelles naguère, entre les verts herbages

          Vigoureux, nous disions au soleil

L'ave atque vale  si triste et si joyeux,

          Solennels récitants de thrènes.

Mais pour l'instant l'automne est encore avec nous.

          S'il ne nous agrée point,

Mettons l'évocation de l'été en balance

          Avec l'espérance hiémale.

Puis entourés de ces offrandes évoquées

          Tel un fleuve passons.

 

Fernando Pessoa je ne suis personne ed Christian Bourgois éditeur 

 Quiétude...

 

 

Photos trouvées amicalement par Cédric

Voir les commentaires

23 mot-macumba

Publié le par riende9?

le mot est père des saints

le mot est mère des saints

avec le mot couresse on peut traverser un fleuve

peuplé de caïmans

il m'arrive de dessiner un mot sur le sol

avec un mot frais on peut traverser le désert

d'une journée

il y a des mots bâton-de-nage pour écarter les squales

il y a des mots iguanes

il y a des mots subtils ce sont des mots phasmes

il y a des mots d'ombres avec des réveils en colère

d'étincelles

il y a des mots Shango

il m'arrive de nager de ruse sur le dos d'un mot

dauphin

 

Aimé Césaire  moi, laminaire... Ed du Seuil

 

 

Voir les commentaires

Publié depuis Eklablog

Publié le par riende9?

Nomade, comme l'inutile

intempérie du coeur...

 

Ciel et fleuves s'encouragent,

naître est leur amitié.

 

Une brusque nage nous traverse,

mais pour quelle liberté ?

 

Emmanuel Dall'Aglio Poé/tri Editions autrement

Voir les commentaires