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La Danse

Publié le par riende9?

Voyez ces jeunes couples tournoyer dans la valse gracieuse. Leurs pieds rapides effleurent à peine le sol. Sont-ce des ombres fugitives délivrées du fardeau des corps, ou des génies qui poursuivent leurs danses aériennes aux rayons de la lune ? Légers comme la vapeur incertaine que le souffle du vent balance dans les airs, comme la barque qui se balance sur une onde argentée, leurs pas suivent avec art les cadences de la musique.

Tout à coup un couple hardi s’élance au milieu des rangs épais. Il veut se frayer un passage, une main magique ouvre le chemin devant lui et le referme aussitôt. Le voilà qui disparaît à nos yeux, et l’élégant assemblage ressemble à une œuvre de confusion ; mais l’ordre joyeux se rétablit, le nœud se délie, la symétrie reparaît avec un charme nouveau. Sans cesse brisée elle renaît sans cesse, une loi certaine dirige ses changements continuels. Comment ces mouvements se renouvellent-ils ainsi, comment le repos apparaît-il encore dans ces groupes mobiles ? Comment, en n’obéissant qu’à l’instinct du plaisir, chacun dans ces bonds impétueux suit-il la ligne qu’il doit suivre ? Veux-tu le savoir ? C’est la puissance de l’harmonie qui fait de ces bonds impétueux une danse agréable, qui, pareille à Némésis, conduit et gouverne avec le frein doré du rhythme le plaisir turbulent. Ô homme, et les harmonies des mondes raisonnent en vain autour de toi, tu n’entends pas leur accord sublime, tu n’entends pas la mélodie des êtres et le mouvement des astres brillants qui poursuivent leur route dans l’espace. Tu oublies dans tes actions l’ensemble harmonieux que tu respectes dans tes jeux.

 



Friedrich Schiller

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L'hiver surviendra

Publié le par riende9?

L'hiver surviendra bref pour de sa blanche

          Nudité vêtir la campagne.

L'âtre où le feu flamboie sera notre patrie

          Et les contes que nous raconterons

Bien installés, assis tout contre sa chaleur,

          Vaudront bien les chansons

Par lesquelles naguère, entre les verts herbages

          Vigoureux, nous disions au soleil

L'ave atque vale  si triste et si joyeux,

          Solennels récitants de thrènes.

Mais pour l'instant l'automne est encore avec nous.

          S'il ne nous agrée point,

Mettons l'évocation de l'été en balance

          Avec l'espérance hiémale.

Puis entourés de ces offrandes évoquées

          Tel un fleuve passons.

 

Fernando Pessoa je ne suis personne ed Christian Bourgois éditeur 

 Quiétude...

 

 

Photos trouvées amicalement par Cédric

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