Arbre L'hiver
L'arbre, ici, maintenant, debout,
Rien que du bois,
Comme un oiseau figé debout
La tête en bas.
L'arbre vécu
Comme du bois
Et comme oiseau
Ne bougeant pas.
Eugène Guillevic
L'arbre, ici, maintenant, debout,
Rien que du bois,
Comme un oiseau figé debout
La tête en bas.
L'arbre vécu
Comme du bois
Et comme oiseau
Ne bougeant pas.
Eugène Guillevic
l'enfance et l'éternité
sont peut-être synonymes
comme l'hiver et l'été
comme le ciel et l'abîme
c'est ce qu'il préfère croire
l'enfant du fond de la classe
qui pressent les longs déboires
de la vie et du langage
Jean-Claude Pirotte Le promenoir magique et autres poèmes 1953-2003 ed La table ronde
L'hiver serait-il fini ?
les premières grenouilles
et le premier iris fleuri
Feuilles mortes dans le vent -
Divers petits bruits nocturnes
envahissent la vallée
Eiji Hashimoto
Elles ont tant brillé !
Aujourd'hui elles couvrent la terre,
les feuilles rouges d'hiver
Tôru Udô
Moi l'hiver je pense
Aux petits oiseaux
Qui couvent des œufs glacés
Dans les arbres
Moi l'hiver je pense
Aux petits poissons
Qui se gèlent les bonbons
La nuit
Dans les rivières.
Paul Vincensini Archiviste du vent ed Cherche midi
laissez reposer les poèmes
laissez-les sous le torchon
afin que la pâte lève
et qu'elle craquèle à souhait
vous entendrez le chant peut-être
un chant discret mais entêtant
de la croûte qui dore en secret
feignant de dormir seulement
avant de s'éveiller au feu
du précieux fourneau des ancêtres
qui l'hiver réchauffait les vieux
les mendiants et les poètes
Jean-Claude Pirotte Le promenoir magique et autres poèmes ed La table ronde
L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.
Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.
Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...
Et tu me diras : "Cherche !" en inclinant la tête,
- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
- Qui voyage beaucoup ...
Arthur Rimbaud 1854-1891
L'un de vous m'a soufflé ce proverbe mais je ne sais plus qui c'est, je ne l'ai pas noté. Merci.
Un gentil petit mot
peut réchauffer
jusqu'à trois mois d'hiver.
Ces atomes de feu, qui sur la neige brillent,
Ces étincelles d'or, d'azur et de cristal
Dont l'hiver, au soleil, d'un lustre oriental,
Pare ses cheveux blancs que les vents éparpillent ;
Ce beau coton du ciel de quoi les monts s'habillent,
Ce pavé transparent fait du second métal ;
Et cet air net et sain, propre à l'esprit vital,
Sont si doux à mes yeux que d'aise ils en pétillent.
Cette saison me plaît, j'en aime la froideur ;
Sa robe d'innocence et de pure candeur
Couvre en quelque façon les crimes de la terre.
Aussi l'Olympien la voit d'un front humain,
Sa colère l'épargne, et jamais le tonnerre
Pour désoler ses jours ne partit de sa main.
Saint-Amant (1594-1661) Poésies
IV
C'est l'hiver. Le charbon de terre
Flambe en sa chambre solitaire.
La neige tombe sur les toits.
Blanche ! Oh, ses beaux seins blancs et froids !
Même sillage aux cheminées
Qu'en ses tresses disséminées.
Au bal, chacun jette, poli,
Les mots féroces de l'oubli.
L'eau qui chantait s'est prise en glace.
Amour, quel ennui te remplace !
Charles Cros Le coffret de santal ed Poésie / Gallimard
Cascades de Plitvice en Croatie
Photo trouvée par Cédric ici : http://s.m.n.h.i.over-blog.com/article-les-cascades-gelees-dans-le-monde-115620720.html