Poème quatrième
J'ai écrit trois poèmes
qui n'auront jamais de sens
pour personne pas même
pour les grands éditeurs blêmes.
Ce ne sont pas des fruits
de l'esprit ou du coeur
non plus que des façons d'oiseaux
ou de serpents ou de lézards.
Ils ressemblent plutôt à des graminées folles
avoine, orge, ou fétuque
qui n'existent que pour n'avoir
aucune raison d'exister.
Au travers des strophes
comme en les verticilles
viennent s'inscrire le soleil
la lune et les étoiles
quand il ne pleut pas bien sûr.
Si la tempête se lève
pourquoi n'étant rien pas même
un rêve seraient-ils
balayés et anéantis ?
Cette question naturelle
qui nous concerne au premier chef
fit germer en secret
la très inutile graine
de ce poème quatrième.
André Dhôtel Poèmes comme ça ed Le temps qu'il fait
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