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oiseau

Janine Modlinger - Beauté du presque rien - Extraits

Publié le par riende9?

L'éclat lorsqu'il vient, dévoile la vérité de toute chose.

...

L'invisible, comme une prière approchée. Ce sont des sables murmurants, allongés entre ciel et mer. C'est le monde grand ouvert. C'est une phosphorescence humble et pauvre.

...

Seulement cela, peut-être : balbutier.

...

Lieux aimantés, à l'infini.

...

L'invisible miroite. Se voile et se dévoile. Se fait caresse, pastel ailé de brumes roses au matin, sur le blanc des cimes. Mais la matière, paroi de roches dans son évidence abrupte, mais la montagne elle aussi est agenouillée dans le mystère.

...

Je n'ai pas encore parlé de l'oiseau, lui qui chante la venue. Lui qui, d'un trait, nomme le jour.

 

L'oiseau le veilleur.

 

 

Janine Modlinger

Beauté du presque rien

Ed Ad Solem

Poésie

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Guillevic + un essai de haïku

Publié le par riende9?

Ce n’était pas
Une aile d’oiseau.
C’était une feuille
Qui battait au vent.
Seulement
Il n’y avait pas de vent.

Guillevic ("Exécutoire" - 1947)

 

Pas de vent non plus

C'est pourtant bien une plume

trouvée ce matin

 

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Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu (extraits)

Publié le par riende9?

Le plus puissant dragon

n'a jamais attrapé un oiseau.

 

 

Pluie qui tombe, fleurs qui montent.

 

 

Si la vache avançait par bonds,

l'appellerait-on sauterelle ?

 

 

Le genou et l'orteil

ont aussi besoin de rire.

 

 

Le livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu

Jean-Pierre Siméon

Traduction de Meng Ming

Calligraphies de Lei Pingyang

Sceau de Qu Hailin

Cheyne éditeur

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Le petit prunier du jardin de montagne

Publié le par riende9?

Toutes les fleurs sont étiolées ; lui seul, il resplendit,

     Vainqueur de tout le petit monde du jardin.

Son ombre clairsemée zèbre une eau pure et peu profonde,

     Son parfum flotte obscurément dans la soirée où se lève la lune.

 

L'oiseau aux ailes givrées, avant de se poser, le regarde à la dérobée ;

     Si le papillon poudré le savait, il en serait jaloux.

Mais, par de subtiles chansons, l'oiseau sait faire sa cour :

     Point n'a besoin de claquettes de santal ni de coupe d'or.

 

 

Lin Pou (Lin Kiunn-fou 967-1028)

Anthologie de la poésie chinoise classique

Ed Poésie/Gallimard

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Petites observations du jour en attendant un retour en Poésie

Publié le par riende9?

Couple de tourterelles turques fidèle depuis des années au lampadaire et pin de l'autre côté de la clôture face à ma porte vitréePetites observations du jour en attendant un retour en poésie

Chardonneret élégant, mon préféré cette année (sisi même plus que les mésanges Petites observations du jour en attendant un retour en poésie

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LA MEDITERRANEENNE

Publié le par riende9?

La Méditerranéenne fut mon double / ma doublure

le Bleu - ma demeure

mon souffle / ma démesure.

 

Le Levant : ma saignée première

l'unique échancrure

vers l'oiseau ivre des confins

et de toute solitude.

 

Mais je n'ai pour espace

que ton visage innombrable :

ma face / mon profil.

 

Voici mes proverbes voraces

l'orgue de barbarie au parfum d'olivier

les dieux de l'encrier

que l'Orient immole :

leur chant soit à ton âme

une longue rivière !

 

Nohad Salameh Le livre de Lilith

Avec deux lavis de Colette Deblé

Ed L'Atelier du Grand Tétras

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Chargée de fruits ...

Publié le par riende9?

Chargée
De fruits légers aux lèvres
Parée
De mille fleurs variées
Glorieuse
Dans les bras du soleil
Heureuse
D’un oiseau familier
Ravie
D’une goutte de pluie
Plus belle
Que le ciel du matin
Fidèle

Je parle d’un jardin
Je rêve

Mais j’aime justement.

Paul ÉLUARD, Médieuses, Gallimard. (1895-1952)

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Philippe Jaccottet

Publié le par riende9?

 

Je me souviens qu'un été récent, alors que je marchais une fois de plus dans la campagne, le mot joie, comme traverse parfois le ciel un oiseau que l'on n'attendait pas et que l'on n'identifie pas aussitôt, m'est passé par l'esprit et m'a donné, lui aussi, de l'étonnement.
Je crois que d'abord, une rime est venue lui faire écho, le mot soie ; non pas tout à fait arbitrairement, parce que le ciel d'été à ce moment-là, brillant, léger et précieux comme il l'était, faisait penser à d'immenses bannières de soie qui auraient flotté au-dessus des arbres et des collines avec des reflets d'argent, tandis que les crapauds toujours invisibles faisaient s'élever du fossé profond, envahi de roseaux, des voix elles-mêmes, malgré leur force, comme argentées, lunaires.
Ce fut un moment heureux ; mais la rime avec joie n'était pas légitime pour autant.


Philippe Jaccottet extrait de : à la lumière d'hiver

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L'oiseau qui s'efface

Publié le par riende9?

Celui-là, c'est dans le jour qu'il apparaît, dans le jour le plus blanc.

Oiseau.

Il bat de l'aile, il s'envole.

Il bat de l'aile, il s'efface.

 

Il bat de l'aile, il réapparaît.

 

Il se pose.

Et puis il n'est plus.

D'un battement il s'est effacé dans l'espace blanc.

 

Tel est mon oiseau familier, l'oiseau qui vient peupler le ciel de ma

petite cour.

Peupler?

On voit comment...

 

Mais je demeure sur place, le contemplant, fasciné par son apparition,

fasciné par sa disparition.

 

Henri Michaux

 

 

 

 

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Arbre L'hiver

Publié le par riende9?

L'arbre, ici, maintenant, debout,

Rien que du bois,

Comme un oiseau figé debout

La tête en bas.

 

L'arbre vécu

Comme du bois

Et comme oiseau

Ne bougeant pas. 

 

Eugène Guillevic

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