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arbres

Philippe Jaccottet

Publié le par riende9?

 

Je me souviens qu'un été récent, alors que je marchais une fois de plus dans la campagne, le mot joie, comme traverse parfois le ciel un oiseau que l'on n'attendait pas et que l'on n'identifie pas aussitôt, m'est passé par l'esprit et m'a donné, lui aussi, de l'étonnement.
Je crois que d'abord, une rime est venue lui faire écho, le mot soie ; non pas tout à fait arbitrairement, parce que le ciel d'été à ce moment-là, brillant, léger et précieux comme il l'était, faisait penser à d'immenses bannières de soie qui auraient flotté au-dessus des arbres et des collines avec des reflets d'argent, tandis que les crapauds toujours invisibles faisaient s'élever du fossé profond, envahi de roseaux, des voix elles-mêmes, malgré leur force, comme argentées, lunaires.
Ce fut un moment heureux ; mais la rime avec joie n'était pas légitime pour autant.


Philippe Jaccottet extrait de : à la lumière d'hiver

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Génésie (extrait)

Publié le par riende9?

Sous les arbres
Avec tous les oiseaux d'enfance
Entre leurs bras
Le flot entre leurs racines
Mais l'on ne sait comment
Être intérieurement là
Pour lui vivre est alors plutôt
Se tenir
Dans l'ombre qui survient
Ses jeux ne duraient pas
Un seul vaut
Celui de dire
Et peut-être celui d'aimer
Si l'autre quelqu'un
Joue le même que soi
Là-bas c'était
D'être caché
En ce qu'on ne voit pas
Non dans les ombres de la terre
Qui sont encore des choses
Mais dans celle unique
Survenante
De l'esprit
Dont il reçut
L'invisibilité
Se tenait aussi
Sous les branches lunaires
Du saule
Accroupi sans rien faire
Que regarder devant
Penser à l'inutilité
Des mondes hors de soi
— Qu'y a-t-il qu'on ne sache
Et ne croyant pas au secret
À l'enfouissure au camouflement
Pas même aux livres d'aventure
Mais seulement au silence
À la sonorité de son effacement

 

Serge Marcel Roche

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Chanson d'aube

Publié le par riende9?

 

 


A travers les grands arbres
le ciel a rajeuni

Brouillards dans la vallée
pâleur sur les sommets

L'étoile du berger
allume son fanal

Les nuages en sari
comparent leurs moirures

Le soleil a trouvé
la couleur qu'il cherchait

*

Michel Butor

Sous l'écorce vive
Éditions de Fallois

 

 

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Moi l'hiver je pense

Publié le par riende9?

Moi l'hiver je pense

Aux petits oiseaux

Qui couvent des œufs glacés

Dans les arbres

 

Moi l'hiver je pense

Aux petits poissons

Qui se gèlent les bonbons

La nuit

Dans les rivières.

 

Paul Vincensini Archiviste du vent ed Cherche midi

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Sur la sauterelle et le grillon

Publié le par riende9?

La poésie de la terre ne meurt jamais :

Quand tous les oiseaux abattus par la chaleur du soleil

Se cachent sous la fraîcheur des arbres, une voix courra

De haie en haie le long des prés nouvellement fauchés ;

C'est celle de la sauterelle - qui conduit le concert

Dans la volupté de l'été ; inépuisables

Sont ses délices ; et, lorsqu'elle est lassée de ses jeux

Elle se repose à l'aise, abritée sous quelque roseau hospitalier.

La poésie de la terre ne cesse jamais :

Par une solitaire soirée hivernale, quand la gelée

A imposé un silence général, dans l'âtre grince

Le cri du Grillon, dont la chaleur augmente l'acuité ;

Il semble au dormeur à moitié assoupi

La voix de la Sauterelle parmi les collines herbues.

 

John Keats Poèmes et poésies ed Poésie / Gallimard traduction Paul Gallimard 

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Poésie VI Le nageur d'un seul amour (1985) I

Publié le par riende9?

Elle marchait dans un verger

De douces syllabes tombaient des arbres

L'air n'avait plus de couleur

 

C'est la naissance du soi

La première fraîcheur des nids

Rêvait un peu la jeune fille

En regardant autour d'elle

 

Maintenant la nuit se répète à l'infini

Les arbres se cachent dans leurs feuilles

Et le silence arrive de loin

 

Georges Schehadé Les Poésies ed augmentée de Le nageur d'un seul amour ed Poésie / Gallimard

 

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