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ailes

Chanson sur l'air de l'eau Su Shi (1037-1101)

Publié le par riende9?

Quel est l'âge de la lune ?

Une coupe à la main, je le demande au Ciel.

Quel jour de l'année peut-il bien être,

au Palais des Cieux ?

Je veux y retourner sur les ailes du vent,

Mais je crains trop le froid là-haut,

Dans le palais de jade.

 

Extrait de Lâme du vin treize improvisations en écho aux poèmes chinois par André Velter Peintures et traductions de Ji Dahai

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Janine Modlinger

Publié le par riende9?

     Attendre. Se poser dans l'attention. Aérienne, aiguë, aux aguets entre les strates, alertée par l'infime mouvement, l'attention attend.

 

     L'instant, qui n'est que battements d'ailes, fera signe.

 

     Ce battement d'ailes, ce lieu du surgissement. Chant de l'invisible. Touffeurs ténues, réduites à rien, pressenties. Et ce rien fait signe, comme une brume lointaine qui tremblerait là-bas, cachant et dévoilant le trésor.

 

Janine Modlinger

Beauté du presque rien

Ed Ad Solem

Poésie

 

 

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Le petit prunier du jardin de montagne

Publié le par riende9?

Toutes les fleurs sont étiolées ; lui seul, il resplendit,

     Vainqueur de tout le petit monde du jardin.

Son ombre clairsemée zèbre une eau pure et peu profonde,

     Son parfum flotte obscurément dans la soirée où se lève la lune.

 

L'oiseau aux ailes givrées, avant de se poser, le regarde à la dérobée ;

     Si le papillon poudré le savait, il en serait jaloux.

Mais, par de subtiles chansons, l'oiseau sait faire sa cour :

     Point n'a besoin de claquettes de santal ni de coupe d'or.

 

 

Lin Pou (Lin Kiunn-fou 967-1028)

Anthologie de la poésie chinoise classique

Ed Poésie/Gallimard

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Les Vents Première Partie (Traduite de poèmes norvégiens)

Publié le par riende9?

 

Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent du Nord.
Il était vêtu d’un grand manteau de neige et sa couronne de glaçons étincelait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers les immuables blancheurs.
«Tu verras les aurores incomparables, les mers immobiles et lumineuses, les 
montagnes de cristal qui flottent sur les eaux et les solitudes pâles au fond de 
l’éternel silence.»

Je répondis au Vent du Nord:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent du Nord s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent de l’Est.
Il était vêtu de pourpre et sa couronne de rayons flamboyait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers la lumière.
«Tu verras le faste des couleurs, les dorures des pagodes aux clochetons 
bizarres, le chatoiement soyeux des robes de mousmés et la naissance glorieuse 
du Soleil.»

Je répondis au Vent de l’Est:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent de l’Est s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent du Sud.
Il était vêtu d’or et sa couronne d’étoiles resplendissait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers l’azur.
«Tu verras les forêts aux végétations paradoxales, la grâce des lionnes et la 
subtilité des panthères, les reptiles indolents et splendides, les temples et 
les ruines, les sphinx accroupis dans les déserts, les oasis et les mirages, et 
l’inexprimable magnificence des fleurs.»

Je répondis au Vent du Sud:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent du Sud s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent de l’Ouest.
Il était vêtu de vert tendre et sa couronne de perles rayonnait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers la mer.
«Tu verras l’infini des horizons ruisselants et le charme mystique des brumes, 
le passage des voiles dont la blancheur légère se colore, vers le soir, de 
violet et d’orange, et l’étendue fabuleuse des Océans.» 

Je répondis au Vent de l’Ouest:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent de l’Ouest s’enfuit dans un frisson d’ailes.


Renée Vivien

 

 

 

 

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Noël blanc Emile Verhaeren

Publié le par riende9?

Doucement, lentement, la neige tombait, la neige de Noël. L’air en était pointillé ; elle floconnait, s’attardait dans un tour de valse au coin des rues où soufflait la bise. Dans la plaine, elle descendait d’aplomb, serrée.  

C’était le 24 décembre, le soir. Les maisons étaient fermées, personne ne sortait plus. De longues lames jaunes perçaient encore les joints des volets ; mais bientôt ces filtrations de lumière tarirent toutes.

La neige fit alors son œuvre, silencieusement. Elle se mit à choir plus drue, plus brillantée, dans un clair de lune molletonné de nuages. Elle abandonna ses laines par poignées, comme si toutes les nuées du ciel eussent perdu leur toison.

Un petit village, blotti dans un trou de terrain, la recevait sur ses épaules. Il s’en couvrait, frileux, avec ses granges, ses étables, ses meules, ses fumiers, ses huttes, ses fours, ses auges, ses écuries. Il se dorlotait ; les demeures avaient l’air de s’emmitoufler, de se pelotonner, de se serrer les unes près des autres,  comme une famille de marmottes blanches.

Des tourbillonnements follets, des soulèvements de poussière givrée, passaient comme une fumée que le vent lutine. Il y eut un instant de furie tempétueuse d’émeute hurlante à travers les mélancolies de la nuit. On eût dit des plaintes de forêt tordue par l’ouragan.

Vers onze heures la neige cessa. Dans l’apaisement nocturne et le ciel dévoilé, les étoiles perlèrent. Un glacis bleu de lune courut sur l’immensité blanche du paysage. Tout angle s’émoussait ! Les maisons faisaient le gros dos et des ombres en ronde bosse moutonnaient dans les rues. Au milieu du village, l’église, avec les deux pentes jumelles de son toit rabattues comme des ailes, semblait abriter une couvée de cygnes dans un site norwégien.

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Haïku Bashô

Publié le par riende9?

Un piment rouge,

Mettez-lui des ailes :

Une libellule.

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Sonnet III

Publié le par riende9?

J'aime, de la nuit, le prélude, lorsque vous

   venez,

Main dans la main et me prenez lentement,

   strophe après strophe, dans vos bras.

Vous m'emportez, tout là-haut, sur vos ailes.

   Amis, restez, ne vous hâtez pas

Et dormez contre mes flancs pareils aux ailes

   d'une hirondelle fatiguée.

 

Votre soie est chaude. A la flûte d'attendre

   un peu

Pour polir un sonnet lorsque vous me trouverez

   secret et beau

Comme un sens sur le point de se dénuder. Ne

   parvenant à arriver

Ni à s'attarder devant les mots, il me choisit pour

   seuil.

 

J'aime, de la poésie, la spontanéité de la prose

   et l'image voilée,

Dépourvue d'une lune pour l'éloquence :

Ainsi lorsque tu t'avances pieds nus, la rime

   abandonne

L'étreinte des mots et la cadence se brise au

   plus fort de l'essai.

 

Un peu de nuit auprès de toi suffit pour que je

    sorte de ma Babylone

Vers mon essence - ma fin. Point de jardin en

   moi

Et tu es toute, toi. Et, de toi, déborde le moi libre

   et bon.

 

Mahmoud Darwich Le lit de l'étrangère ed Acte Sud traduction Elias Sanbar

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La solitude

Publié le par riende9?

Bel arbre noir dans cette chambre

Je te pare de tous mes soucis

Derrière moi

C'est le bruit d'ailes des portes

Qui se referment.

 

Tout ce qui tombe

de l'autre côté des épaules

Tout ce qui plane

Plus haut que la nuit

N'atteint pas mon visage.

 

Je cherche un homme en moi

A qui parler.

 

René Guy Cadou Poésie la vie entière ed Seghers

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