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espace

Tour étoile

Publié le par riende9?

Tour de silence vagabonde

dans les herbages du soleil

Depuis le sourire de l'onde

et la grande clef d'or de l'inconstance

 

Fontaine d'air où les nuages

un à un s'en vont se briser

Si tu savais que ta main blanche

n'est pas faite pour les éclairs enchaînés

 

Alors têtes sans yeux qui voguez dans l'espace

la lèvre de feu humectée

vous tomberez laissant vos traces

sur les puits de froid se geler

 

Les éclairs gerbe toujours mûre

dans tes bras vont se réchauffer

et l'alcool qui enchante ma voix

parle très bas pour toi

pour toi

 

André de Richaud

Le Droit d'asile

&

Poèmes épars

L'ETHER VAGUE PATRICE THIERRY éditeur

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Jean Mambrino

Publié le par riende9?

3

 

 

la lumière

      espace de l'esprit

libère un cri

        qui passe sur la mer

 

libère l'esprit

        qui se perd

      au fond de son espace

 

libère l'espace

        pour la montée de l'esprit

        dépouillé de sa lumière

 

car l'espace s'est vidé

              en se courbant

        pour recevoir

                  ce qui éclaire

 

et la lumière répand

                  l'oubli

      de sa continuelle origine

 

 

Jean Mambrino

La Ligne De Feu

Ed José Corti 

 

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Le livre errant Jean-Marie Kerwich (extrait)

Publié le par riende9?

     C'est beau une page blanche, c'est comme si on écrivait sur la neige. C'est comme si une invisible écriture était là, comme une jeune fille en robe de nuit blanche. Mais après que les pensées ont marché sur la page, la page devient une rue boueuse bordée de détritus de toutes sortes. La page a perdu sa blancheur, la neige de papier a fondu sous l'encre chaude du poème. J'arrête d'écrire pour laisser un espace de neige, pour vous laisser admirer l'horizon du paysage enneigé du papier.

 

Jean-Marie Kerwich

Ed Mercure de France

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L'oiseau qui s'efface

Publié le par riende9?

Celui-là, c'est dans le jour qu'il apparaît, dans le jour le plus blanc.

Oiseau.

Il bat de l'aile, il s'envole.

Il bat de l'aile, il s'efface.

 

Il bat de l'aile, il réapparaît.

 

Il se pose.

Et puis il n'est plus.

D'un battement il s'est effacé dans l'espace blanc.

 

Tel est mon oiseau familier, l'oiseau qui vient peupler le ciel de ma

petite cour.

Peupler?

On voit comment...

 

Mais je demeure sur place, le contemplant, fasciné par son apparition,

fasciné par sa disparition.

 

Henri Michaux

 

 

 

 

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