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mystere

Janine Modlinger - Beauté du presque rien - Extraits

Publié le par riende9?

L'éclat lorsqu'il vient, dévoile la vérité de toute chose.

...

L'invisible, comme une prière approchée. Ce sont des sables murmurants, allongés entre ciel et mer. C'est le monde grand ouvert. C'est une phosphorescence humble et pauvre.

...

Seulement cela, peut-être : balbutier.

...

Lieux aimantés, à l'infini.

...

L'invisible miroite. Se voile et se dévoile. Se fait caresse, pastel ailé de brumes roses au matin, sur le blanc des cimes. Mais la matière, paroi de roches dans son évidence abrupte, mais la montagne elle aussi est agenouillée dans le mystère.

...

Je n'ai pas encore parlé de l'oiseau, lui qui chante la venue. Lui qui, d'un trait, nomme le jour.

 

L'oiseau le veilleur.

 

 

Janine Modlinger

Beauté du presque rien

Ed Ad Solem

Poésie

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FEMME / ECRITURE

Publié le par riende9?

Surgie du luxe qu'est le silence

tu veilles à la frontière du domaine des signes

dans l'échancrure de l'encre heureuse

qui t'emporte vers la voie lumineuse

où se meut le mystère.

 

Là / à l'orée de l'instant inaltérable

derrière les tentures du songe

plus rien ne fait écran

à l'avancée vertigineuse de tes graphies

tandis que tes empreintes digitales

brasillent sur fond de meurtrissure.

 

Alors sans cesser de respirer

- matière liquéfiée par l'eau princière de l'esprit -

tu te regardes devenir présage de l'ailleurs

du dedans et du terme :

lieu séminal d'une page

en quête au plus profond de toi

d'autres saignées.

 

Nohad Salameh

Le livre de Lilith

Avec deux lavis de Colette Deblé

Ed L'Atelier du Grand Tétras

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Vivre ainsi parmi les signes ...

Publié le par riende9?


Les effigies éloquentes ordonnent le monde, harmonisent l’esprit et les éléments.
De cette union nait la contemplation. Toute la beauté et tout le sens forment la cohérence
entre nous.
Si un arbre n’était qu’un arbre, le sable le vent, les vagues n’étaient que cela, au vrai je
n’aurais pas d’autre nature que celle d’un objet.
L’ustensile passif d’une nature causale et dépourvue de sens.

Mais toi, nature, toute énigme, qui en moi cesse d’être une chose pour devenir une parole,
tout à la symphonie de ces entités sans nombre qui élaborent des légendes, des dits,
des proverbes et des poèmes; toi cet être polymorphe tout vibrant, respirant; toi monde
posé là comme un défi à ma conscience, tu annihiles le néant, tu proclames des fables
dont le mystère affecte chaque fibre de mon être. Tu me renvoies à moi-même, tu m’illustres.
Essayant de te saisir c’est moi que je saisis, nous nous reflétons l’un en l’autre,
toi comme une parabole entrouvrant l’invisible,
et moi comme le dépositaire d’un sens qui vient de toi, de moi, de nous.

Joruri

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Dits d'un livre de l'or (extrait)

Publié le par riende9?

Qu'est-ce que l'or? dit le jour.


Un sacre qui transmue la nuit.

Qu'esl-ce que l"or? dit la nuit.


Des tournesols sur la mer.

Qu'est-ce que l'or?

dit la mer.


Une douceur d'orange sous le sable.

Qu'est-ce que l'or? dit le sable.


Du lait où purifier le sang.

Qu'est-ce que l'or? dit le sang.


Des dieux en fête dans la neige.

Qu'est-ce que l'or? dit la neige.


Une enfance qui naît de la mort.

Qu'est-ce que l'or? dit la mort.


L'immortalité du mystère.

Qu'est-ce que l'or? dit le mystère.


Rien, sauf l'éclat de ma ténèbre.

Quand l'abîme brûlera ton visage,

là,

juste à l'extrême bord du roc,

— veuille la nuit

(qui les a pistés, longtemps traqués parmi la neige)

détourner les mots.

les écarter assez de toi

pour qu'aucun d'eux n'assèche ton sang,

n'ait le pouvoir de te détruire!

Oui,

sauf ceux (mais où luisent, derrière le soupçon, leur signes?)

qu'imprègne le souffle, que baigne muettement la foudre de ce qui t'habite et te transmue,

— redoute-les!

Prêt à prier,

— expulse la langue qui limite.

Fuis celle qui leurre le guet, ensable l'angoisse fécondante.

Evite celle qui rassure

(fût-ce l'âme, fût-ce la solitude du corps).

Car même l'énigme qu'elle annonce, même le mystère qu'elle salue ne peuplent rien à travers elle...

Les mages le savent : nul vocable (piégé/piégeant) ne sauve du deuil, ne sonde l'outre-mort.

Nul. hors le vrai délire, ne connaît le sens : le secret. (Extrait)

 

Jean-Claude Renard

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Jean Mambrino

Publié le par riende9?

Le mot de passe est un recueil composé de textes de deux lignes, ci-dessous quelques uns de ces textes.

 

Un jardin où demeure

l'odeur de la pensée.

 

L'oubli

pour se souvenir.

 

Trouve ce nulle part

en tous lieux.

 

Naître

dans un regard.

 

Un poème dont chaque mot

imite le silence.

 

Le coeur croise sa souffrance

sans la reconnaître.

 

Trois brindilles suffisent à l'araignée

pour tisser sa constellation.

 

Plus lente que l'indolence

l'irruption du poème.

 

Tout partage approfondit

le mystère du désir.

 

Lorsque la solitude

devient le havre de l'amour.

 

En allant vers lui, vers elle,

c'est toi que tu découvres.

 

Tous les chemins divergent

pour aider les rencontres.

 

Un tonnerre

qui parlerait à voix basse.

 

Ne demeure

que ce qui change.

 

Ils se reconnurent

à leurs blessures.

 

Efface pour inscrire

l'invisible.

 

Jean Mambrino Le mot de passe ed José Corti

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Jean-Claude Renard

Publié le par riende9?

Seul le mystère

fonde l'être.

 ___________

 

Marcher,

fût-ce vers rien,

garde possible tout.

 

 ____________

 

Le mystère ruse

_ mais ne trahit pas.

 

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Nul n'a pouvoir sur ce silence qui, en tout être écrit l'ininscriptible.

 

Jean-Claude Renard extraits de  le dieu de nuit suivi de la lumière du silence ed José Corti

 

Merci à Joruri /Opsimathe pour la suggestion de lecture

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Centon n° 2

Publié le par riende9?

"Les danses du désir transfigurent les plumages"

"Nul malaise ne s'alarme, qui démentirait l'embellie"

"Fortuite ou non la fable en s'inventant modifie ses relais"

"Une force irréversible (avec la tiédeur du lin, la plaisance des bergeronnettes)me suppose assouvi.

Il s'en faudrait de peu"

"Dire est une demeure"

"Je ne redoute plus le chaos"

"Une tranquille hospitalité décerne à mes pas ses sagesses"

"Le soleil décape tout pour ne point m'égarer"

"J'avance, l'esprit fécondé par la combustion fraîche du dilemme"

"Je suis ce qu'est le mystère,

le mystère est ce que je suis"

"Arriverons-nous ensemble, à temps, jusqu'aux calanques où la mer cristallise les neurones nouveaux ? "

 

Toutes les phrase "sont empruntées" à Jean-Claude Renard le dieu de nuit suivi de la lumière du silence ed José Corti  

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Emily Dickinson

Publié le par riende9?

Yesterday is History,

'Tis so far away -

Yesterday is Poetry - 'tis Philosophy -

Yesterday is mystery -

Where it is Today

While we shrewdly speculate

Flutter both away

 

Hier c'est de l'Histoire,

C'est si loin -

Hier c'est de la Poésie - de la Philosophie -

Hier c'est le mystère -

Là où c'est aujourd'hui

Tandis que nous nous livrons à de subtiles spéculations

Les deux s'en vont d'un coup d'aile

 

Emily Dickinson Poésies complètes ed Flammarion traduction Françoise Delphy

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