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dieux

Aubade chantée à Laetare un an passé

Publié le par riende9?

C'est le printemps viens-t'en Pâquette

Te promener au bois joli

Les poules dans la cour caquètent

L'aube au ciel fait de roses plis

L'amour chemine à ta conquête

 

Mars et Vénus sont revenus

Ils s'embrassent à bouches folles

Devant des sites ingénus

Où sous les roses qui feuillolent

De beaux dieux roses dansent nus

 

Viens ma tendresse est la régente

De la floraison qui paraît

La nature est belle et touchante

Pan sifflote dans la forêt

Les grenouilles humides chantent

 

Guillaume Apollinaire

Alcools

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LA MEDITERRANEENNE

Publié le par riende9?

La Méditerranéenne fut mon double / ma doublure

le Bleu - ma demeure

mon souffle / ma démesure.

 

Le Levant : ma saignée première

l'unique échancrure

vers l'oiseau ivre des confins

et de toute solitude.

 

Mais je n'ai pour espace

que ton visage innombrable :

ma face / mon profil.

 

Voici mes proverbes voraces

l'orgue de barbarie au parfum d'olivier

les dieux de l'encrier

que l'Orient immole :

leur chant soit à ton âme

une longue rivière !

 

Nohad Salameh Le livre de Lilith

Avec deux lavis de Colette Deblé

Ed L'Atelier du Grand Tétras

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La mère de Pearl Buck extrait

Publié le par riende9?


Ils se contemplèrent dans ce crépuscule. Deux êtres en plein songe, désespérément acculés à ce qu'il n'était plus dans leur pouvoir d'éviter ; ils se préparèrent à ce qui devait arriver.
Cependant la femme hésita un instant. Elle sortir de son rêve et aperçut les trois dieux dans le sanctuaire ; le plus grand, un grave vieillard, regardait droit devant lui, et à côté se trouvaient ses deux acolytes, d'honnêtes petits dieux au bord de la route, placés là pour ceux qui s'arrêtent dans leur chemin afin d'adorer ou de s'abriter. Elle prit le vêtement qu'elle venait de retirer et le lança sur leurs têtes, voilant leurs yeux fixes.

 

Pearl Buck La mère extrait

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Dits d'un livre de l'or (extrait)

Publié le par riende9?

Qu'est-ce que l'or? dit le jour.


Un sacre qui transmue la nuit.

Qu'esl-ce que l"or? dit la nuit.


Des tournesols sur la mer.

Qu'est-ce que l'or?

dit la mer.


Une douceur d'orange sous le sable.

Qu'est-ce que l'or? dit le sable.


Du lait où purifier le sang.

Qu'est-ce que l'or? dit le sang.


Des dieux en fête dans la neige.

Qu'est-ce que l'or? dit la neige.


Une enfance qui naît de la mort.

Qu'est-ce que l'or? dit la mort.


L'immortalité du mystère.

Qu'est-ce que l'or? dit le mystère.


Rien, sauf l'éclat de ma ténèbre.

Quand l'abîme brûlera ton visage,

là,

juste à l'extrême bord du roc,

— veuille la nuit

(qui les a pistés, longtemps traqués parmi la neige)

détourner les mots.

les écarter assez de toi

pour qu'aucun d'eux n'assèche ton sang,

n'ait le pouvoir de te détruire!

Oui,

sauf ceux (mais où luisent, derrière le soupçon, leur signes?)

qu'imprègne le souffle, que baigne muettement la foudre de ce qui t'habite et te transmue,

— redoute-les!

Prêt à prier,

— expulse la langue qui limite.

Fuis celle qui leurre le guet, ensable l'angoisse fécondante.

Evite celle qui rassure

(fût-ce l'âme, fût-ce la solitude du corps).

Car même l'énigme qu'elle annonce, même le mystère qu'elle salue ne peuplent rien à travers elle...

Les mages le savent : nul vocable (piégé/piégeant) ne sauve du deuil, ne sonde l'outre-mort.

Nul. hors le vrai délire, ne connaît le sens : le secret. (Extrait)

 

Jean-Claude Renard

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L'écoute intérieure

Publié le par riende9?

Quelquefois

des dieux dans la fleur de l'âge

venus de la lumière de minuit

par des chemins d'éclairs

s'envolent en toi

dans un silence de châtaigne.

 

Peuple sans signature

ni généalogie

dépourvu d'alphabet

ils ne sont plus personne :

sinon des matelots de l'air

ramant vers l'infini.

 

Ils pénètrent dans la mesure du songe

tel un été tardif.

De leurs voix semblables au vol

ils t'emplissent de signes

de labyrinthes

et de doute.

 

Nohad Salameh D'autres annonciations ed Le Castor Astral 

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