Haïkus
Mélancolie printanière -
Des fils invisibles
tissent la Grande Ourse
Sachiko Itami
Deux vents doux
se croisent au carrefour -
Le printemps
Takao Fujiwara
Mélancolie printanière -
Des fils invisibles
tissent la Grande Ourse
Sachiko Itami
Deux vents doux
se croisent au carrefour -
Le printemps
Takao Fujiwara
J'écris un poème
pour faire quelque chose
et justifier ma paresse.
Feignant, dit le démon,
tu es à moi, tu es
le plus vicieux des hommes.
Monsieur le démon, je n'ai
pas encore pris
de décision irréversible.
Je n'en prendrai jamais
et vous me chercherez
où je ne serai pas.
La poésie ce n'est que cela
ne pas exister sinon
savoir être toujours
aussi bien à côté des villes
que très loin des campagnes
là où rêvent les cygnes
dont on ne sait à quel moment
ils viennent boire au fleuve
à quel moment ils planent
sur la hauteur des vents.
Avec le poème on chemine
entre deux vérités
comme entre deux mensonges,
c'est pareil puisqu'on est
dans l'invisible désert
que méconnaissent les gens de bien
tout autant que les gens de mal
le désert qui s'étend
dans l'intervalle des pensées
où règne la bonté du ciel.
André Dhôtel Poèmes comme ça ed Le temps qu'il fait
Ces atomes de feu, qui sur la neige brillent,
Ces étincelles d'or, d'azur et de cristal
Dont l'hiver, au soleil, d'un lustre oriental,
Pare ses cheveux blancs que les vents éparpillent ;
Ce beau coton du ciel de quoi les monts s'habillent,
Ce pavé transparent fait du second métal ;
Et cet air net et sain, propre à l'esprit vital,
Sont si doux à mes yeux que d'aise ils en pétillent.
Cette saison me plaît, j'en aime la froideur ;
Sa robe d'innocence et de pure candeur
Couvre en quelque façon les crimes de la terre.
Aussi l'Olympien la voit d'un front humain,
Sa colère l'épargne, et jamais le tonnerre
Pour désoler ses jours ne partit de sa main.
Saint-Amant (1594-1661) Poésies