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horizon

Le livre errant Jean-Marie Kerwich (extrait)

Publié le par riende9?

     C'est beau une page blanche, c'est comme si on écrivait sur la neige. C'est comme si une invisible écriture était là, comme une jeune fille en robe de nuit blanche. Mais après que les pensées ont marché sur la page, la page devient une rue boueuse bordée de détritus de toutes sortes. La page a perdu sa blancheur, la neige de papier a fondu sous l'encre chaude du poème. J'arrête d'écrire pour laisser un espace de neige, pour vous laisser admirer l'horizon du paysage enneigé du papier.

 

Jean-Marie Kerwich

Ed Mercure de France

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J'dis ça j'dis rien

Publié le par riende9?

Je n'ai rien contre l'horizon

mais je ne suis pas sûr

que soit très saine

cette prétention à

toujours vouloir

être devant

 

Thomas Vinau Juste après la pluie Alma Editeur

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Avril perpétuel de l'âme

Publié le par riende9?

Salue la lumière

qui t'ouvre les lèvres : ensuite

écarte les rideaux.

 

Dès le seuil invente

un mot toujours neuf,

précaire, ce sera "seuil".

 

Peut-être du givre

ou la frondaison, avance,

aux chemins de répondre.

 

Où que tu ailles, l'humus,

le sable, prends modèle

sur les ondes, allège-toi.

 

Ne sois que souffles

et vois : une glycine

a débordé le mur.

 

Ne coupe aucune fleur,

tu t'élargis

dans l'air des cimes.

 

Oublie tous les noms

sauf ceux du jardin,

à la fois ceux des plages.

 

Pleines mains sur ce tronc,

écoute, équitable,

le silence, la sève.

 

Rien ne reste invisible,

dis à présent

le parfum des lilas.

 

Pluie fine, la chair en liesse,

la clairvoyante, réveille

un chant de grive.

 

Les ailes, le coeur,

laisse-les battre,

laisse-les battre ensemble.

 

Si tu t'arrêtes, fais-le

à l'ombre d'un érable,

pense alors aux falaises.

 

Le vent sur les épaules,

n'aie soif ou faim

que d'embruns, de pollen.

 

Au soleil un vanneau,

un galet sous l'écume,

choisis l'un avec l'autre.

 

D'une même voix parle

à la nuit comme à l'aube

uniquement de ce qui va éclore.

 

Et toujours réserve

au creux de tes paumes

une place à l'écho.

 

Rends grâce au poème,

franchis l'horizon,

l'essor s'y régénère.

 

Pierre Dhainaut Rudiments de lumière ed Arfuyen

 

 

 

 

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Jules Supervielle dans Débarcadères

Publié le par riende9?

Voyageur, voyageur, accepte le retour,

Il n'est plus place en toi pour de nouveaux visages,

Ton rêve modelé par trop de paysages,

Laisse-le reposer en son nouveau contour.

 

Fuis l'horizon bruyant qui toujours te réclame

Pour écouter enfin ta vivante rumeur

Que garde maintenant de ses arcs de verdeur

Le palmier qui s'incline aux sources de ton âme.

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haïkus printemps

Publié le par riende9?

La solitude

le froid du printemps

rien d'autre

 

Uemura Sengyo

 

Regards à l'horizon

narines au ciel_

ces fleurs de printemps !

 

Ueshima Onitsura

 

Averse de pétales _

je voudrais boire

l'eau des brumes lointaines !

 

Kobayashi Issa

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Emily Dickinson

Publié le par riende9?

So the Eyes accost - and sunder

In an Audience -

Stamped - occasionally - forever -

So may Countenance

 

Entertain - without addressing

Countenance of One

In a Neighboring Horizon -

Gone - as soon as known -

 

De même que des Yeux s'abordent - et se séparent

En Public -

Imprimant leur Sceau - parfois - pour toujours -

De même un Visage

 

Peut plaire - sans parole échangée

A Un Visage

Dans un Horizon Voisin -

Disparu - sitôt vu -

 

Poésies complètes Flammarion traduction Françoise Delphy

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Vitrail (pour les photos)

Publié le par riende9?

Il a tellementAccueil

Aimé la lumière

 

Qu'il la voulait

Pour tous.

 

Adoucie

Pour lui.

*

Il avait pariéAccueil

 

Que pour lui

La lumière

 

Serait toujours

une fête.

 

Il a quasiment

Gagné.

*

Au plein de son âge,Accueil

Il ne savait plus de quoi

Il n'avait pas rêvé.

*

Il s'est vu marcher

D'étoile en étoile.

*

Preneur

Dans tous les horizons

 

Et au-delà.

*

Longue, la route,

Quant au sentier,

On n'en finit pas

De le préférer.

*

Dormez, mes agneaux,

Dormez, mes petits.

Quand on doit porter

Ce que nous portons,

 

On a droit au sommeil

De temps en temps.

*

Il est venu

Comme l'herbe

 

Sur cette planète

Qui n'en revient pas.

 

Poèmes de Guillevic folio junior

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