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renard

Mais

Publié le par riende9?

Rien est ici.

Mais qui est rien ?

 

Tout est ailleurs.

Mais qui est tout ?

 

L'un n'a nul lieu.

Mais qui est l'un ?

 

L'autre est partout.

Mais qui est l'autre ?

 

Le même est là.

Mais qu'est le même ?

 

Jean-Claude Renard

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Dits d'un livre de l'or (extrait)

Publié le par riende9?

Qu'est-ce que l'or? dit le jour.


Un sacre qui transmue la nuit.

Qu'esl-ce que l"or? dit la nuit.


Des tournesols sur la mer.

Qu'est-ce que l'or?

dit la mer.


Une douceur d'orange sous le sable.

Qu'est-ce que l'or? dit le sable.


Du lait où purifier le sang.

Qu'est-ce que l'or? dit le sang.


Des dieux en fête dans la neige.

Qu'est-ce que l'or? dit la neige.


Une enfance qui naît de la mort.

Qu'est-ce que l'or? dit la mort.


L'immortalité du mystère.

Qu'est-ce que l'or? dit le mystère.


Rien, sauf l'éclat de ma ténèbre.

Quand l'abîme brûlera ton visage,

là,

juste à l'extrême bord du roc,

— veuille la nuit

(qui les a pistés, longtemps traqués parmi la neige)

détourner les mots.

les écarter assez de toi

pour qu'aucun d'eux n'assèche ton sang,

n'ait le pouvoir de te détruire!

Oui,

sauf ceux (mais où luisent, derrière le soupçon, leur signes?)

qu'imprègne le souffle, que baigne muettement la foudre de ce qui t'habite et te transmue,

— redoute-les!

Prêt à prier,

— expulse la langue qui limite.

Fuis celle qui leurre le guet, ensable l'angoisse fécondante.

Evite celle qui rassure

(fût-ce l'âme, fût-ce la solitude du corps).

Car même l'énigme qu'elle annonce, même le mystère qu'elle salue ne peuplent rien à travers elle...

Les mages le savent : nul vocable (piégé/piégeant) ne sauve du deuil, ne sonde l'outre-mort.

Nul. hors le vrai délire, ne connaît le sens : le secret. (Extrait)

 

Jean-Claude Renard

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Jean-Claude Renard

Publié le par riende9?

"un sol schisté de soleil par suc d'or m'enrose, m'abeille dans le jardin blanc"

Jean-Claude Renard dans "Par vide nuit avide" Ed Fata Morgana

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Jean-Claude Renard

Publié le par riende9?

Seul le mystère

fonde l'être.

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Marcher,

fût-ce vers rien,

garde possible tout.

 

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Le mystère ruse

_ mais ne trahit pas.

 

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Nul n'a pouvoir sur ce silence qui, en tout être écrit l'ininscriptible.

 

Jean-Claude Renard extraits de  le dieu de nuit suivi de la lumière du silence ed José Corti

 

Merci à Joruri /Opsimathe pour la suggestion de lecture

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Centon n° 2

Publié le par riende9?

"Les danses du désir transfigurent les plumages"

"Nul malaise ne s'alarme, qui démentirait l'embellie"

"Fortuite ou non la fable en s'inventant modifie ses relais"

"Une force irréversible (avec la tiédeur du lin, la plaisance des bergeronnettes)me suppose assouvi.

Il s'en faudrait de peu"

"Dire est une demeure"

"Je ne redoute plus le chaos"

"Une tranquille hospitalité décerne à mes pas ses sagesses"

"Le soleil décape tout pour ne point m'égarer"

"J'avance, l'esprit fécondé par la combustion fraîche du dilemme"

"Je suis ce qu'est le mystère,

le mystère est ce que je suis"

"Arriverons-nous ensemble, à temps, jusqu'aux calanques où la mer cristallise les neurones nouveaux ? "

 

Toutes les phrase "sont empruntées" à Jean-Claude Renard le dieu de nuit suivi de la lumière du silence ed José Corti  

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Centon n°1

Publié le par riende9?

Centon : pièce de vers ou de prose composée de passages empruntés à un ou plusieurs auteurs.

Sur une suggestion de Joruri / Opsimathe cf liens Nephtali et Opsimathe, je me lance à l'oreille.

 

"Un secret patiente, résiste, hallucine la naissance des mots uniquement lisibles par ruses"

"Je ne mépriserai plus rien"

"La brise biaise et se perd"

"Je ne divague plus"

"Mais rien ne cicatrisera les dernières plaies de mes mains"

"Une primitive parole décidera peut-être dans l'herbe du chemin que je choisirai"

"Ce qui bruit là n'ébrase rien, ne précède, dans les prunelliers, que la brièveté des lucioles"

"Toute figure se fait merveille dans les pertuis imprévisibles"

"Je souhaite qu'au fil des falaises de précises archives publient la raison en toi et en moi de cet hommage à rien - à tout "

"La parole n'est jamais vaine si la transfusion se produit"

"J'en bénirai la tendresse".

 

Toutes les phrases "sont empruntées" à Jean-Claude Renard le dieu de nuit suivi de la lumière du silence ed José CORTI

 

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