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enfant

J'eus Toujours de L'amour pour les Choses Ailées

Publié le par riende9?

J'eus toujours de l'amour pour les choses ailées.

Lorsque j'étais enfant, j'allais sous les feuillées,

J'y prenais dans les nids de tout petits oiseaux.

D'abord je leur faisais des cages de roseaux

Où je les élevais parmi des mousses vertes.

Plus tard je leur laissais les fenêtres ouvertes.

Ils ne s'envolaient point ; ou, s'ils fuyaient aux bois,

Quand je les rappelais ils venaient à ma voix.

Une colombe et moi longtemps nous nous aimâmes.

Maintenant je sais l'art d'apprivoiser les âmes.

 

Victor Hugo

Le 12 avril 1840. 

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Etre éternellement jeune

Publié le par riende9?

Maintenant j'ai de nouveau besoin
D'aller par toutes les ruelles,
Comme quand j'allais enfant,
par toutes les étroites ruelles. -
Et tout ça à cause de toi
Mon cœur si jeune tout à coup,
Rien que de te connaître.

J'ai besoin parfois de partir à travers champs,
J'ai besoin d'aller par tous les chemins,
par toutes les montagnes, par toutes les forêts,
de voir des contrées que je ne connais pas.
Et tout ça à cause de toi.
Mon cœur si jeune tout à coup,
Rien que de te connaître.

Nathan Katz

Arfuyen

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Jean Mambrino 50

Publié le par riende9?

Certaines silhouettes portent avec douceur

le temps sur leurs épaules,

comme un sentier la pluie d'automne le soir.

Elles revêtent en silence la douleur

du monde. As-tu vu cette vieille femme

qui tenait une enfant par la main, sa tête petite

levée vers elle ? Leurs regards, en se croisant,

se passent la même aurore. Enfance et vieillesse

orphelines. On ne sait qui enfante l'autre.

 

Ainsi la vie se transmet.

 

Jean Mambrino Comme un souffle de rosée bruissant ed Arfuyen 

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Haïkus Salim Bellen

Publié le par riende9?

Le vent débarrasse

ici à longueur d'année

l'arbre de ses feuilles

 

L'enfant sur la crête

au filet à papillons

attrape le ciel

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Jean-Claude Pirotte

Publié le par riende9?

l'enfance et l'éternité

sont peut-être synonymes

comme l'hiver et l'été

comme le ciel et l'abîme

 

c'est ce qu'il préfère croire

l'enfant du fond de la classe

qui pressent les longs déboires

de la vie et du langage

 

Jean-Claude Pirotte Le promenoir magique et autres poèmes 1953-2003 ed La table ronde

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Jean-Claude Pirotte

Publié le par riende9?

L'enfant grave dessinait

le soleil de la main gauche

 

il écrivait en miroir

des poèmes lumineux

 

maintenant de la main droite

il trace un trait déchirant

 

on dit de lui qu'il est gauche

or il n'est que mal à droite

 

Jean-Claude Pirotte Le promenoir magique et autres poèmes 1953-2003 ed La table ronde 




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Haikus

Publié le par riende9?

L'enfant

s'efforce de cueillir

une goutte de rosée

 

Issa

 

L'herbe humide

de rosée,

matin de printemps

 

Henri Brunel

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Le sourire

Publié le par riende9?

Une petite tortue qui darde sa tête

peut nous guider vers l'allégresse ou la bonté.

Au-dedans cela s'arrête, et deux pies jacassent

sur un sujet que nous ne connaîtrons jamais ;

cet enfant admire un scarabée : tout l'espace

est décoré par ses pinces. Il faut relire

la grande page étincelante dont des yeux

ouverts sont les enluminures. Un sourire

est à la source du texte cachant la source

où il ne cesse de puiser, en racontant

l'enfant, les pies, le scarabée, avec le fond

des cieux, et la tortue qui claudique et acquiesce.

 

Jean Mambrino La pénombre de l'or ed Arfuyen

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L'Enfant qui est dans la lune

Publié le par riende9?

Cet enfant, toujours dans la lune,

s'y trouve bien, s'y trouve heureux.

 

Pourquoi le déranger ? La lune

est un endroit d'où l'on voit mieux.

 

Claude Roy  Enfantasques ed Gallimard

 

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Photo Laurent Laveder trouvée par Cédric

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Ailleurs

Publié le par riende9?

En route, mon enfant

    Partons vers l'ailleurs

Là où les jours sont doux

    Et les champs toujours beaux

 

La lune qui luit sur celui

    Qui là-bas flâne heureux et libre

A tissé d'immortalité

    Sa lumière et sa ténèbre

 

Là, voir les choses est jeune,

    Les histoires racontées sont douces comme celles

        qu'on tait,

Là sont chantés de vrais chants de songe

    Par des lèvres dignes d'écoute

 

Là le temps est la bénédiction d'un moment

    La vie est une soif qu'on étanche

Et l'amour est pareil à ce qui

    Est dans le tout premier baiser

 

Aucun esquif, mon enfant, n'est nécessaire

    Nos espoirs nous suffisent tant qu'ils sont purs,

Point de rameurs, rien que de sauvages fantaisies.

    Oh, viens, partons chercher l'ailleurs !

 

Fernando Pessoa Poèmes anglais ed Points 

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