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chanson

Chanson

Publié le par riende9?

 

Mon cheval arrêté sous l'arbre plein de tourterelles, je siffle un sifflement si pur, qu'il n'est promesses à leurs rives que tiennent tous ces fleuves.

Feuilles vivantes au matin sont à l'image de la gloire)...

Et ce n'est point qu'un homme ne soit triste, mais se levant avant le jour et se tenant avec prudence dans le commerce d'un vieil arbre,

appuyé du menton à la dernière étoile,

il voit au fond du ciel de grandes choses pures qui tournent au plaisir.

Mon cheval arrêté sous l'arbre qui roucoule, je siffle un sifflement plus pur...

Et paix à ceux qui vont mourir, qui n'ont point vu ce jour.

Mais de mon frère le poète, on a eu des nouvelles. Il a écrit encore une chose très douce. Et quelques-uns en eurent connaissance.

 

Enfance, mon amour, j'ai bien aimé le soir aussi

c'est l'heure de sortir.

Nos bonnes sont entrées aux corolles des robes...

et collés aux persiennes, sous nos tresses glacées, nous

avons

vu comme lisses, comme nues, elles élèvent à bout de

bras l'anneau mou de la robe.

Nos mères vont descendre, parfumées avec l'herbe -

à-Madame-Lalie... Leurs cous sont beaux. Va devant et

annonce Ma mère et la plus belle ! - J'entends déjà

les toiles empesées

qui traînent par les chambres un doux bruit de tonnerre...

 

Et la Maison! la Maison ?.. on en sort !

Le vieillard même m'envierait une paire de crécelles

et de bruire par les mains comme une liane à pois, la

guilandine ou le mucune. Ceux qui sont vieux dans le pays tirent une chaise sur

la cour, boivent des punchs couleur de pus.

 

Saint John Perse



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Jardin

Publié le par riende9?

Il est un grand et beau jardin :

 

Une haie d'aubépines blanches

Autour d'un tremblement de branches.

 

Une petite porte d'or,

Toute close sur le dehors.

 

Une chanson de voix lointaines,

Un bleu murmure de fontaines.

 

Et de la terre jusqu'au ciel,

Rien qu'une extase de soleil.

 

Charles Van Lerberghe La chanson d'Eve

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Les quatre pétales

Publié le par riende9?

Frileux automne

Aux roux feuillages :

Chanson qui prône

Charrues, sillages.

 

Pluvieux Hiver :

Sève abondante

Aux dons divers

D'où naît la plante.

 

Brumeux printemps :

Sucré breuvage

Qu'offre le temps,

Aux fleurs sauvages.

 

Torride été,

Aux cheveux blancs :

Virilité...

Epis et vans.

 

Aherdan Le reflet du vent ed Marsam

 

File:Gustave Courbet 014.jpg

Les cribleuses de blé Gustave Courbet

illustration trouvée par Cédric

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Le penseur malgré lui

Publié le par riende9?

J'ai décidé de progresser

au lieu de vieillir.

 

Je n'ai réalisé aucun

de mes rêves de jeunesse

et je suis quand-même heureux.

Est-ce que je dois m'excuser ?

 

On aurait moins peur

du hasard ou du destin

si on leur donnait leur vrai nom :

trajectoires et rencontres.

 

C'est quand il est dans une chaussure

ou dans un sandwich que le sable révèle

sa grande capacité de nuisance.

 

Une chanson, c'est un poème qui a pris l'air.

 

En ce moment, je suis

dans une mauvaise passe.

Je sens que je devrais me poser des

questions, mais je ne sais pas lesquelles.

 

Le mocassin, on ne s'en lace pas.

 

Il parle si bien qu'on n'arrive jamais

à savoir ce qu'il pense.

 

Insecte shop

Punaise !

Ta taille de guêpe

Est un objet dard,

Mais quand tu piques

Tu fais souvent mouche,

Ma puce...

 

Rosse ignoble de mes amours

Ma pie, toujours bavarde,

Te voici soudain mouette

Et ta rouge gorge te trahit.

Tu me trompes avec un aigle,

Ca ne fait palombe d'un doute.

 

Fauve qui peut

Je suis ton lion,

Tu es ma lionne.

Nous sommes félins

pour l'autre...

 

Grégoire Lacroix Le penseur malgré lui ed Cherche midi

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Espoir

Publié le par riende9?

Voici bien longtemps que je n'ai

pas écrit de poème.

En ai-je écrit jamais

poétiques je veux dire ?

 

Des paroles dans le vent

en espérant que le vent

est poète à ses heures

et nous prêtant sa voix

harmonise nos artifices.

 

Nos strophes seraient bien des branches

avec mille feuilles que l'air du large

fera parler peut-être un jour

où personne n'écoutera.

 

Car l'essentiel serait

qu'on n'écoute jamais

et qu'on ne sache pas

qui parle et qui se tait.

 

Vous comprenez nos phrases vides

agrandissent l'espace

où des souffles se lèvent

avec leurs accents qui vont

par delà l'horizon.

 

Le secret c'est d'attendre

le retour d'une chanson

dont on a lancé trois syllabes

pour que le ciel nous renvoie

quelque phrase décisive

que cette phrase soit

printanière ou orageuse.

 

André Dhôtel Poèmes comme ça  ed Le temps qu'il fait

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