Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

bruit

Nuit d'automne

Publié le par riende9?

La  rosée tombe, le ciel est haut, les eaux débordées sont calmes.

Par la montagne déserte dans la nuit solitaire les âmes errantes     s'émeuvent.

Seul au loin le fanal éclaire une voile immobile.

La lune nouvelle au ciel s'accroche, cependant que s'arrête le bruit des battoirs.

Les chrysanthèmes ont fleuri, les hommes endorment leurs douleurs.

Pas à pas sur la véranda appuyé à mon bâton je contemple la Grande Ourse,

Le fleuve céleste au loin mène jusqu'à la ville.

 

Tou Fou (Chine 712-770) Trésor de la poésie universelle ed Gallimard/Unesco

Voir les commentaires

La solitude

Publié le par riende9?

O que j'aime la solitude !

Que ces lieux sacrés à la nuit,

Eloignés du monde et du bruit,

Plaisent à mon inquiétude !

Mon dieu ! Que mes yeux sont contents

De voir ces bois, qui se trouvèrent

A la nativité du temps,

Et que tous les siècles révèrent,

Etre encore aussi beaux et verts,

Qu'aux premiers jours de l'univers !

 

Saint-Amant (1594-1661) Poésies

 

 

Voir les commentaires

Gustave Roud

Publié le par riende9?

J'aimais la noire vallée, le bruit de l'eau à ma droite, ces flaques d'odeur, inexplicables, que je traversais tout à coup.
Les phares d'une automobile cachée tiraient violemment de l'obscur un dessin d'arbre, arrachaient à l'informe des fûts, des frondaisons figées - touchaient la forêt avec une espèce de doigt hagard.
Puis ils ont peint sur le talus mon ombre trébuchante, avançant, reculant par bonds et (j'entendais déjà ce trot de cheval peupler la solitude) côte à côte avec mon ombre, fraternelle, l'ombre d'un dragon derrière moi, qui s'élança soudain contre la pente, gagna la crête, immense, démesurée, et sauta dans le ciel.

Gustave Roud  Air de la solitude

Voir les commentaires

Kôan

Publié le par riende9?

Frappe le ciel et écoute le bruit.

Voir les commentaires

La Demeure en juillet ...

Publié le par riende9?

La demeure en juillet, pendant l'après-midi.

À l'ombre des volets, la chambre s'acclimate ;

Le silence est heureux, calme, doux, attiédi,

Pareil au lait qui dort dans une fraîche jatte ;

La pendule de bois fait un bruit lent, hardi,

Semblable à quelque chat qui pousse avec sa patte

Les instants, dont l'un chante et l'autre est assourdi.

Le soleil va et vient dans l'ombre délicate,

Tout est tendre, paisible, encouragé, charmant,

On dirait que la joie auprès de nous habite ;

Pourtant l'on ne se sent aucun attachement...

Pourquoi n'Est-ce jamais dans ces instants qu'on quitte

La vie, avec son grand espace de tourment ?

 

Anna de Noailles (1876-1933) Les éblouissements

Voir les commentaires

Il pleut

Publié le par riende9?

Il pleut - c'est merveilleux. Je t'aime

Nous resterons à la maison :

Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes

Par ce temps d'arrière-saison.

 

Il pleut. Les taxis vont et viennent.

On voit rouler les autobus

Et les remorqueurs sur la Seine

Font un bruit... qu'on ne s'entend plus.

 

C'est merveilleux : il pleut. J'écoute

La pluie dont le crépitement

Heurte la vitre goutte à goutte...

Et tu me souris tendrement.

 

Je t'aime. Oh ! ce bruit d'eau qui pleure,

Qui sanglote comme un adieu.

Tu vas me quitter tout à l'heure :

On dirait qu'il pleut dans tes yeux.

 

Francis Carco (1886-1958) Poèmes et proses

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Le jardin mouillé

Publié le par riende9?

La croisée est ouverte ; il pleut

Comme minutieusement,

A petit bruit et peu à peu,

Sur le jardin frais et dormant.

 

Feuille à feuille, la pluie éveille

L'arbre poudreux qu'elle verdit ;

Au mur, on dirait que la treille

S'étire d'un geste engourdi.

 

L'herbe frémit, le gravier tiède

Crépite et l'on croirait, là-bas,

Entendre sur le sable et l'herbe

Comme d'imperceptibles pas.

 

Le jardin chuchote et tressaille,

Furtif et confidentiel ;

L'averse semble, maille à maille,

Tisser la terre avec le ciel.

 

Henri De Régnier Les médailles d'argile




Voir les commentaires

Chant rieur

Publié le par riende9?

Quand sur un ton de joie rient les vertes forêts,

Que le ru court et rit de toutes ses fossettes,

Cependant que l'air rit de nos plaisanteries,

Que, du bruit qu'elles font, rit la verte colline ;

 

Lorsque de leur vert vif rient aussi les prairies

Et que la sauterelle, en ce gai tableau, rit ;

Lorsque chantent Suzanne, Emilie et Marie

De leur suave bouche arrondie Ha, ha, hi !

 

Lorsque les oiseaux peints rient aussi sous l'ombrage

Où notre table est mise avec noix et cerises,

Viens vivre, soyons joyeux, allons, joins-toi à moi,

Nous chanterons en chœur le suave Ha, ha, hi !

 

William Blake Chants d'innocence, Le mariage du Ciel et de l'Enfer, Chants d'expérience ed Rivages poche/ Petite bibliothèque traduction Bernard Pautrat 

 




Voir les commentaires

Aux 5 coins

Publié le par riende9?

Oser et faire du bruit

Tout est couleur mouvement explosion lumière

La vie fleurit aux fenêtres du soleil

Qui se fond dans ma bouche

Je suis mûr

Et je tombe translucide dans la rue

 

Tu parles, mon vieux

 

Je ne sais pas ouvrir les yeux ?

Bouche d'or

La poésie est un jeu

 

                                              Février 1914

 

Blaise Cendrars Du monde entier au cœur du monde Poésies complètes ed Poésie / Gallimard

 

Aux cinq coins était le nom d'un café situé au carrefour de Buci qui ouvre sur cinq rues (Paris VIe)

Voir les commentaires

Haïku Bashô

Publié le par riende9?

Désolation hivernale

photo trouvée par Cédric ici :   http://www.panoramio.com/photo/87056338

 

Désolation hivernale -

dans un monde à teinte uniforme

le bruit du vent

 

 

Voir les commentaires

1 2 > >>