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jardin

Cicéron (106-43 av JC)

Publié le par riende9?

"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."

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Avril perpétuel de l'âme

Publié le par riende9?

Salue la lumière

qui t'ouvre les lèvres : ensuite

écarte les rideaux.

 

Dès le seuil invente

un mot toujours neuf,

précaire, ce sera "seuil".

 

Peut-être du givre

ou la frondaison, avance,

aux chemins de répondre.

 

Où que tu ailles, l'humus,

le sable, prends modèle

sur les ondes, allège-toi.

 

Ne sois que souffles

et vois : une glycine

a débordé le mur.

 

Ne coupe aucune fleur,

tu t'élargis

dans l'air des cimes.

 

Oublie tous les noms

sauf ceux du jardin,

à la fois ceux des plages.

 

Pleines mains sur ce tronc,

écoute, équitable,

le silence, la sève.

 

Rien ne reste invisible,

dis à présent

le parfum des lilas.

 

Pluie fine, la chair en liesse,

la clairvoyante, réveille

un chant de grive.

 

Les ailes, le coeur,

laisse-les battre,

laisse-les battre ensemble.

 

Si tu t'arrêtes, fais-le

à l'ombre d'un érable,

pense alors aux falaises.

 

Le vent sur les épaules,

n'aie soif ou faim

que d'embruns, de pollen.

 

Au soleil un vanneau,

un galet sous l'écume,

choisis l'un avec l'autre.

 

D'une même voix parle

à la nuit comme à l'aube

uniquement de ce qui va éclore.

 

Et toujours réserve

au creux de tes paumes

une place à l'écho.

 

Rends grâce au poème,

franchis l'horizon,

l'essor s'y régénère.

 

Pierre Dhainaut Rudiments de lumière ed Arfuyen

 

 

 

 

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Jardin

Publié le par riende9?

Il est un grand et beau jardin :

 

Une haie d'aubépines blanches

Autour d'un tremblement de branches.

 

Une petite porte d'or,

Toute close sur le dehors.

 

Une chanson de voix lointaines,

Un bleu murmure de fontaines.

 

Et de la terre jusqu'au ciel,

Rien qu'une extase de soleil.

 

Charles Van Lerberghe La chanson d'Eve

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Le jardin mouillé

Publié le par riende9?

La croisée est ouverte ; il pleut

Comme minutieusement,

A petit bruit et peu à peu,

Sur le jardin frais et dormant.

 

Feuille à feuille, la pluie éveille

L'arbre poudreux qu'elle verdit ;

Au mur, on dirait que la treille

S'étire d'un geste engourdi.

 

L'herbe frémit, le gravier tiède

Crépite et l'on croirait, là-bas,

Entendre sur le sable et l'herbe

Comme d'imperceptibles pas.

 

Le jardin chuchote et tressaille,

Furtif et confidentiel ;

L'averse semble, maille à maille,

Tisser la terre avec le ciel.

 

Henri De Régnier Les médailles d'argile




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Les insectes

Publié le par riende9?

Les insectes sont de retour

dans le jardin

le vent s'est calmé



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LXXXII

Publié le par riende9?

Tous les matins la rosée emperle les tulipes,

Les violettes inclinent leurs têtes, dans le jardin ;

En vérité rien ne me ravit comme le bouton de rose,

Qui semble ramasser autour de lui, sa tunique soyeuse.

 

Omar Khayyâm Les quatrains

photo trouvée par Cédric

 

Crocus de Max

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Temps

Publié le par riende9?

Beaucoup de temps passé

pour et au jardin

moins de temps pour le net



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Sonnet III

Publié le par riende9?

J'aime, de la nuit, le prélude, lorsque vous

   venez,

Main dans la main et me prenez lentement,

   strophe après strophe, dans vos bras.

Vous m'emportez, tout là-haut, sur vos ailes.

   Amis, restez, ne vous hâtez pas

Et dormez contre mes flancs pareils aux ailes

   d'une hirondelle fatiguée.

 

Votre soie est chaude. A la flûte d'attendre

   un peu

Pour polir un sonnet lorsque vous me trouverez

   secret et beau

Comme un sens sur le point de se dénuder. Ne

   parvenant à arriver

Ni à s'attarder devant les mots, il me choisit pour

   seuil.

 

J'aime, de la poésie, la spontanéité de la prose

   et l'image voilée,

Dépourvue d'une lune pour l'éloquence :

Ainsi lorsque tu t'avances pieds nus, la rime

   abandonne

L'étreinte des mots et la cadence se brise au

   plus fort de l'essai.

 

Un peu de nuit auprès de toi suffit pour que je

    sorte de ma Babylone

Vers mon essence - ma fin. Point de jardin en

   moi

Et tu es toute, toi. Et, de toi, déborde le moi libre

   et bon.

 

Mahmoud Darwich Le lit de l'étrangère ed Acte Sud traduction Elias Sanbar

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Haïkus

Publié le par riende9?

Sur la pierre

la sauterelle médite

face au soleil

 

Immobilité -

dans la tête, dans les pieds

quels fourmillements

 

Dans le brouillard

chargé de rosée

le papillon

 

Sereinement

de la lune au jardin

les feuilles tombent

 

Salim Bellen Tierra de Nadie (mouche, moines et papillons) traduit de l'espagnol par Josette Pellet et Daniel Py ed unicité

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Jean Mambrino

Publié le par riende9?

Le mot de passe est un recueil composé de textes de deux lignes, ci-dessous quelques uns de ces textes.

 

Un jardin où demeure

l'odeur de la pensée.

 

L'oubli

pour se souvenir.

 

Trouve ce nulle part

en tous lieux.

 

Naître

dans un regard.

 

Un poème dont chaque mot

imite le silence.

 

Le coeur croise sa souffrance

sans la reconnaître.

 

Trois brindilles suffisent à l'araignée

pour tisser sa constellation.

 

Plus lente que l'indolence

l'irruption du poème.

 

Tout partage approfondit

le mystère du désir.

 

Lorsque la solitude

devient le havre de l'amour.

 

En allant vers lui, vers elle,

c'est toi que tu découvres.

 

Tous les chemins divergent

pour aider les rencontres.

 

Un tonnerre

qui parlerait à voix basse.

 

Ne demeure

que ce qui change.

 

Ils se reconnurent

à leurs blessures.

 

Efface pour inscrire

l'invisible.

 

Jean Mambrino Le mot de passe ed José Corti

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