araignee
Rêve pour l'hiver
L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.
Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.
Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...
Et tu me diras : "Cherche !" en inclinant la tête,
- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
- Qui voyage beaucoup ...
Arthur Rimbaud 1854-1891
Haïkus Sôseki
Les fleurs sont tombées
Des pétales déchirés le courant a emporté
Jusqu'à l'ombre
La brise d'automne se lève
Avec elle l'araignée
Toile scintillante

Photo trouvée par Cédric
Dans la froideur du matin
Mes os sont vivants
Je reste immobile
Théodore Tutchev
Il est au début de l'automne
Un temps trop court d'enchantement
Que des jours de cristal jalonnent
Et dont les soirs sont rayonnants.
Où passait la serpe vaillante,
Le grand vide de la saison,
Et l'araignée a, patiente,
Tissé son fil sur le sillon.
Bien que l'hiver soit loin, morose,
L'air se vide, l'oiseau se tait ;
Sur la plaine qui se repose
Le ciel reprend sa pureté.
22 août 1857 dans Anthologie de la poésie russe ed Gallimard
Photo trouvée par Cédric ici http://peterjbrand.over-blog.com/article-oiseaux-piquets-soleil-couchant-et-63367740.html
Haïkus
Mille perles de rosée
dans la toile d'araignée
et pas une mouche !
Sans nous consulter
nous ne balayons pas
les feuilles mortes
Le nuage blanc
a soufflé sur la lune
c'est l'heure de dormir
Salim Bellen Tierra de Nadie traduit de l'espagnol par Josette Pellet et Daniel Py ed Unicité
Haïkus
Silence ;
c'est à peine si remue
l'ombre des feuilles
Je reconnais
le présent
à sa fraîcheur
Randonnées sylvestre
pour le fil de l'araignée
nous baissons la tête
Je marche et m'arrête
puis remarche et puis m'arrête :
j'écris des haïkus
Salim Bellen Le singe renifle en décembre coédition UNICITE / AFAH
Haïkus Bashô
L'automne est venue
sur l'oreiller
le vent me salue
Oh! Une araignée
de quelle voix chante-t-elle
dans le vent d'automne ?
Réveille-toi, réveille-toi
je veux devenir ton ami
papillon endormi !
A l'est, à l'ouest
le même sens du beau -
Vent d'automne
Jean Mambrino
Le mot de passe est un recueil composé de textes de deux lignes, ci-dessous quelques uns de ces textes.
Un jardin où demeure
l'odeur de la pensée.
L'oubli
pour se souvenir.
Trouve ce nulle part
en tous lieux.
Naître
dans un regard.
Un poème dont chaque mot
imite le silence.
Le coeur croise sa souffrance
sans la reconnaître.
Trois brindilles suffisent à l'araignée
pour tisser sa constellation.
Plus lente que l'indolence
l'irruption du poème.
Tout partage approfondit
le mystère du désir.
Lorsque la solitude
devient le havre de l'amour.
En allant vers lui, vers elle,
c'est toi que tu découvres.
Tous les chemins divergent
pour aider les rencontres.
Un tonnerre
qui parlerait à voix basse.
Ne demeure
que ce qui change.
Ils se reconnurent
à leurs blessures.
Efface pour inscrire
l'invisible.
Jean Mambrino Le mot de passe ed José Corti
Emily Dickinson
L'Araignée tient une Balle d'Argent
Dans ses Mains invisibles -
Et dansant doucement pour Elle-même
Dévide - son Fil de Perle -
Elle va et vient du néant au néant -
Activité immatérielle -
Ses Tapisseries supplantent les nôtres -
En moitié moins de temps -
En une Heure elle érige la suprématie
De ses Continents de Lumière -
Puis se balance au bout du balai de la Ménagère -
Oubliées - ses Frontières -
Emily Dickinson Poésies complètes ed Flammarion traduction Françoise Delphy
Publié depuis Eklablog
une araignée
en balade
sur le clavier
passent et repassent
les mésanges
ont faim
à mes pieds
petit oiseau inconnu
mange à son aise

