Pluie, pluie, pluie
Plic Plac Plouc
cuicuicui divers
bombes anti-grêle
tonnerre au loin
gris, gris, gris
Plic Plac Plouc
cuicuicui divers
bombes anti-grêle
tonnerre au loin
gris, gris, gris
Une voix, une voix qui vient de si loin
Qu'elle ne fait plus tinter les oreilles.
Une voix, comme un tambour, voilée,
Parvient pourtant distinctement jusqu'à nous.
Bien qu'elle semble sortir d'un tombeau
Elle ne parle que d'été et de printemps.
Elle remplit le corps de joie,
Elle allume aux lèvres le sourire.
Je l'écoute. Ce n'est qu'une voix humaine
Qui traverse les fracas de la vie et des batailles,
L'écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages.
Et vous ? Ne l'entendez-vous pas ?
Elle dit : "La peine sera de courte durée".
Elle dit : " La belle saison est proche ".
Ne l'entendez-vous pas ?
Robert Desnos (19900-1945) Contrée
Pas le moindre coin d'ombre -
je marche
en ce quinze août
Sugawa Yôko
La tête sur mes bras croisés
J'attends
le prochain coup de tonnerre
Gotô Takatoshi
Fourmi !
tu as beau grimper à la rose
le soleil est encore loin
Shinohara Hôsaku
Le mot de passe est un recueil composé de textes de deux lignes, ci-dessous quelques uns de ces textes.
Un jardin où demeure
l'odeur de la pensée.
L'oubli
pour se souvenir.
Trouve ce nulle part
en tous lieux.
Naître
dans un regard.
Un poème dont chaque mot
imite le silence.
Le coeur croise sa souffrance
sans la reconnaître.
Trois brindilles suffisent à l'araignée
pour tisser sa constellation.
Plus lente que l'indolence
l'irruption du poème.
Tout partage approfondit
le mystère du désir.
Lorsque la solitude
devient le havre de l'amour.
En allant vers lui, vers elle,
c'est toi que tu découvres.
Tous les chemins divergent
pour aider les rencontres.
Un tonnerre
qui parlerait à voix basse.
Ne demeure
que ce qui change.
Ils se reconnurent
à leurs blessures.
Efface pour inscrire
l'invisible.
Jean Mambrino Le mot de passe ed José Corti
Arc-en-ciel, oh! Arc-en-ciel,
Toi qui brilles là-haut, si haut,
Par-dessus la forêt si grande,
Au milieu des nuages noirs,
Partageant le ciel sombre.
Tu as renversé sous toi,
Vainqueur dans la lutte,
Le tonnerre qui grondait,
Qui grondait si fort, l'irrité !
Etait-il fâché contre nous ?
Au milieu des nuages noirs,
Partageant le ciel sombre
Comme le couteau qui tranche le fruit trop mûr,
Arc-en-ciel, Arc-en-ciel !
Et il a pris la fuite,
Le tonnerre tueur des hommes,
Comme l'antilope devant la panthère,
Et il a pris la fuite,
Arc-en-ciel, Arc-en-ciel !
Arc puissant du Chasseur de là-haut,
Du Chasseur qui poursuit le troupeau des nuages
Comme un troupeau d'éléphants effrayés,
Arc-en-ciel, dis-lui notre merci !
Dis-lui : Ne sois pas fâché !
Dis-lui : Ne sois pas irrité !
Dis-lui : Ne nous tue pas !
Car nous avons très peur,
Arc-en-ciel, dis-le-lui !
Trésor de la poésie universelle Roger Caillois Jean-Clarence Lambert
ed Gallimard / Unesco
Merci à Joruri / Opsimathe pour la suggestion de lecture