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juarroz

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Publié le par riende9?

Un lieu ne se livre

qu'à celui qui s'y est senti seul.

Une ville, une forêt ou le néant.

 

Peut-être en va-t-il de même

de toutes les choses

et est-il nécessaire de s'être senti seul en quelque chose

pour pouvoir le contenir.

 

La solitude préalable dans ce qu'on aime

est la seule condition indispensable,

la seule prémisse valable pour l'amour.

 

                                   (pour Enrique Valiente Noailles)

 

Roberto Juarroz dixième poésie verticale traduction de François-michel Durazzo ed Corti

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34

Publié le par riende9?

Récupérer des figures du rêve

Comme on gagne du terrain sur la mer

et fonder sur cette plage minimale

le tremblement d'un petit poème.

 

Puis rendre le rêve au rêve

et fermer le circuit,

car le rêve ne peut pas rester longtemps

hors du rêve.

 

Ainsi, presque sans l'avoir cherché,

il restera parmi les mots du poème

un peu du parfum du fond.

 

Roberto Juarroz dixième poésie verticale traduction François-Michel Durazzo ed Corti 

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51

Publié le par riende9?

Si nous laissons la lumière tomber,

peut-être d'autres choses tomberont-elles aussi

complices de la lumière

et apparaîtra-t-elle derrière un monde inédit

ou une nouvelle version du visible.

 

Et c'est ce qui est nécessaire :

qu'un autre monde apparaisse.

Mais pas au-delà ou après ou à une autre échelle.

Non plus comme prix ou punition.

Ni même comme une innovation enrhumée

du flux métaphysique.

 

Un autre monde qui émerge de celui-ci

par le fait naturel d'avoir une autre lumière.

 

Voici ce qui est nécessaire :

qu'une autre lumière apparaisse.

Ou qu'on ose la créer.

 

Roberto Juarroz dixième poésie verticale ed Corti 

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13

Publié le par riende9?

La musique seule

peut occuper le lieu de la pensée.

Ou son non-lieu,

son propre espace vide,

son vide plein.

 

La pensée est une autre musique.

 

Et la pensée seule

peut à son tour occuper le lieu de la musique

et s'infiltrer comme elle

à l'extrémité la plus lointaine de ce qui existe,

comme un presque animal si conséquemment fin

où l'être cesse d'être l'être

pour être un peu plus que l'être.

 

Roberto Juarroz dixième poésie verticale ed Corti traduction de François-Michel Durazzo

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4

Publié le par riende9?

 La fibre de quiétude

que contient le fil de tout mouvement

canalise un message

qui parfois arbore la grâce

comme une mystérieuse

passion et une trangression du mouvement.

 

Un code secret,

stupéfiante sueur de l'harmonie

qui semble se tapir au fond,

projette ainsi ses signes

et parvient un instant à apprivoiser

le coeur même du mouvement,

pour qu'à la fin surgisse,

comme une chose absolument nécessaire,

le corps déconcertant de la beauté.

 

Tout mouvement est un tâtonnement contradictoire,

toute beauté une pressante incertitude,

toute grâce un équilibre inattendu,

une inflexion du mouvement,

un vol qui s'attarde,

une fleur hors la loi

d'être une fleur.

 

Roberto Juarroz dixième poésie verticale ed Corti

traduction François-Michel Durazzo

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Roberto Juarroz

Publié le par riende9?

 

4

 

La fibre de quiétude

que contient le fil de tout mouvement

canalise un message

qui parfois arbore la grâce

comme une mystérieuse

passion et une transgression du mouvement.

 

Un code secret,

stupéfiante sueur de l'harmonie

qui semble se tapir au fond,

projette ainsi ses signes

et parvient un instant à apprivoiser

le coeur même du mouvement,

pour qu'à la fin surgisse,

comme une chose absolument nécessaire,

le corps déconcertant de la beauté.

 

Tout mouvement est un tâtonnement contradictoire,

toute beauté une pressante incertitude,

toute grâce un équilibre inattendu,

une inflexion du mouvement,

un vol qui s'attarde,

une fleur hors la loi

d'être une fleur.

 

 

Roberto Juarroz dixième poésie verticale ed José Corti traduction François-Michel Durazzo

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