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route

Publié depuis Eklablog

Publié le par riende9?

                                           III

 

La route est courte

On arrive bien vite

Aux pierres de couleur

Puis

A la pierre vide

 

On arrive vite

Aux mots égaux

Aux mots sans poids

Puis 

Aux mot sans suite

 

Parler sans avoir rien à dire

On a dépassé l'aube

Et ce n'est pas le jour

Et ce n'est pas la nuit

Rien c'est l'écho d'un pas sans fin

 

 

Paul Eluard

Poésie ininterrompue ed Poésie/Gallimard                                                                                                                                                      

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Hier soir à l'Aigoual

Publié le par riende9?

Un petit salut du lièvre

Au bord de la route

Et hop un saut dans les bois

 

 

 

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La fleur rouge

Publié le par riende9?

 

A la place du ciel

Je mettrai son visage

Les oiseaux ne seront

Même pas étonnés

 

Et le jour se levant

Très haut dans ses prunelles

On dira: "le printemps

Est plus tôt cette année?"

 

Beaux yeux, belle saison

Viviers de lampes claires

Jardins qui reculez

Sans cesse l'horizon

 

On fait déjà les foins

Le long de ses paupières

Les animaux peureux

Viennent à la maison

 

Je n'ai jamais reçu

Tant d'amis à ma table

Il en vient chaque jour

De nouvelles étables

 

L'un apporte sa faim

Un autre la douleur

Nous partageons le peu

Qui reste tous en choeur

 

Qu'un enfant attardé

Passe la porte ouverte

Et devinant la joie

Demande à me parler

 

Pour le mener vers moi

Deux mains se sont offertes

Si bien qu'il a déjà

Plus qu'il ne désirait

 

La chambre est encombrée

De rivières sauvages

Dans le foyer s'envole

Une épaisse forêt

 

Et la route qui tient

En laisse les villages

Traîne sa meute d'or

Jusque sous les volets

 

Tous mes fruits merveilleux

Tintent sur mon épaule

Son sang est sur ma bouche

Une flûte enchantée

 

Je lui donne le nom

De ma première enfance

De la première fleur

Et du premier été

 

René Guy Cadou  Hélène ou le règne végétal (Seghers 1952)

 

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La mère de Pearl Buck extrait

Publié le par riende9?


Ils se contemplèrent dans ce crépuscule. Deux êtres en plein songe, désespérément acculés à ce qu'il n'était plus dans leur pouvoir d'éviter ; ils se préparèrent à ce qui devait arriver.
Cependant la femme hésita un instant. Elle sortir de son rêve et aperçut les trois dieux dans le sanctuaire ; le plus grand, un grave vieillard, regardait droit devant lui, et à côté se trouvaient ses deux acolytes, d'honnêtes petits dieux au bord de la route, placés là pour ceux qui s'arrêtent dans leur chemin afin d'adorer ou de s'abriter. Elle prit le vêtement qu'elle venait de retirer et le lança sur leurs têtes, voilant leurs yeux fixes.

 

Pearl Buck La mère extrait

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Emily Dickinson

Publié le par riende9?

Porter notre part de la nuit,

Notre part du matin ;

Remplir de bonheur notre vide,

de mépris notre vide.

 

Etoile par-ci, étoile par là,

D'aucuns perdent leur route.

Brume par-ci, brume par là,

Et puis après : le jour !

 

Poésie les 100 plus belles pages d'Emily Dickinson présentées par Alain Bosquet ed Pierre Belfond

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Paul Eluard Poésie ininterrompue (fragment)

Publié le par riende9?

A chanter des plages humaines

pour toi la vivante que j'aime

Et pour tous ceux que nous aimons

Qui n'ont envie que de s'aimer

Je finirai bien par barrer la route

Au flot des rêves imposés

Je finirai bien par me retrouver

Nous prendrons possession du monde

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Aube

Publié le par riende9?

J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras :

Par le plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand-ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps.

L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

 

Arthur Rimbaud Illuminations

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Vitrail (pour les photos)

Publié le par riende9?

Il a tellementAccueil

Aimé la lumière

 

Qu'il la voulait

Pour tous.

 

Adoucie

Pour lui.

*

Il avait pariéAccueil

 

Que pour lui

La lumière

 

Serait toujours

une fête.

 

Il a quasiment

Gagné.

*

Au plein de son âge,Accueil

Il ne savait plus de quoi

Il n'avait pas rêvé.

*

Il s'est vu marcher

D'étoile en étoile.

*

Preneur

Dans tous les horizons

 

Et au-delà.

*

Longue, la route,

Quant au sentier,

On n'en finit pas

De le préférer.

*

Dormez, mes agneaux,

Dormez, mes petits.

Quand on doit porter

Ce que nous portons,

 

On a droit au sommeil

De temps en temps.

*

Il est venu

Comme l'herbe

 

Sur cette planète

Qui n'en revient pas.

 

Poèmes de Guillevic folio junior

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