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oiseaux

Poème quatrième

Publié le par riende9?

J'ai écrit trois poèmes

qui n'auront jamais de sens

pour personne pas même

pour les grands éditeurs blêmes.

 

Ce ne sont pas des fruits

de l'esprit ou du coeur

non plus que des façons d'oiseaux

ou de serpents ou de lézards.

 

Ils ressemblent plutôt à des graminées folles

avoine, orge, ou fétuque

qui n'existent que pour n'avoir

aucune raison d'exister.

 

Au travers des strophes

comme en les verticilles

viennent s'inscrire le soleil

la lune et les étoiles

quand il ne pleut pas bien sûr.

 

Si la tempête se lève

pourquoi n'étant rien pas même

un rêve seraient-ils

balayés et anéantis ?

 

Cette question naturelle

qui nous concerne au premier chef

fit germer en secret

la très inutile graine

de ce poème quatrième.

 

André Dhôtel Poèmes comme ça ed Le temps qu'il fait

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Nocturne à André Breton

Publié le par riende9?

Dans la forêt dans les buissons

Se sont envolés les soupçons

Les vers luisants les étoiles

Se sont accrochés dans les voiles

De la nuit odorante

                               Vois

Les oiseaux assis sur les toits.

 

Louis Aragon Poèmes de Louis Aragon ed Folio junior

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Sur la sauterelle et le grillon

Publié le par riende9?

La poésie de la terre ne meurt jamais :

Quand tous les oiseaux abattus par la chaleur du soleil

Se cachent sous la fraîcheur des arbres, une voix courra

De haie en haie le long des prés nouvellement fauchés ;

C'est celle de la sauterelle - qui conduit le concert

Dans la volupté de l'été ; inépuisables

Sont ses délices ; et, lorsqu'elle est lassée de ses jeux

Elle se repose à l'aise, abritée sous quelque roseau hospitalier.

La poésie de la terre ne cesse jamais :

Par une solitaire soirée hivernale, quand la gelée

A imposé un silence général, dans l'âtre grince

Le cri du Grillon, dont la chaleur augmente l'acuité ;

Il semble au dormeur à moitié assoupi

La voix de la Sauterelle parmi les collines herbues.

 

John Keats Poèmes et poésies ed Poésie / Gallimard traduction Paul Gallimard 

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Haïkus

Publié le par riende9?

 

A chacun

sa tristesse -

Oies sauvages dans le ciel

Takao Fujiwara

 

Oiseaux migrateurs -

Depuis longtemps,

je me surnomme comme eux

Hekiro Kobayashi

 

Vent d'automne -

Minces comme une feuille de papier

les sentiments humains

Ryokusei Sawada

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Philippe Jaccottet

Publié le par riende9?

J'aurais voulu parler sans images, simplement pousser la porte...

J'ai trop de crainte

pour cela, d'incertitude, parfois de pitié :

on ne vit pas longtemps comme les oiseaux

dans l'évidence du ciel,

et retombé à terre,

on ne voit plus en eux précisément que des images

ou des rêves.

 

Philippe Jaccottet A la lumière d'hiver ed Poésie / Gallimard

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Wei Ying-Wu Improvisation

Publié le par riende9?

Une humble cour entourée de bambous dépouillés.

Après le vent-pluie les iris ont leurs tiges cassées.

Au profond des feuillages chantent les oiseaux ;

Sur les mousses vertes nulle trace humaine.

 

Au pavillon d'Hirondelles durable est le jour.

Les arbres sont lourds de fruits, en été.

Sur mes tables s'accumulent des livres rares ;

Je m'y plonge à l'heure claire près d'une croisée.

  

Entre source et nuage voix de poètes dans la Chine d'hier et d'aujourd'hui François Cheng ed Albin Michel 

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A Olivier Messiaen

Publié le par riende9?

 

l'oreille souveraine

il

note

la grande musique des petits oiseaux

 

.

 

ne bougeant pas fermant les yeux prenant son temps

il

écoute

les oiseaux en leurs oeuvres :

Suite pour bec d'aloue et langue de bulbul

divine musurgie du jour avec la nuit

 

Philosophe au coeur de poète, infiniment sensible, qui faisait la part du sentiment, de l'émotion, en un mot, toute la part du coeur. Rien chez lui d'intellectuellement sec.

 

Intelligence ouverte au surnaturel.

 

Henri Pichette Poèmes offerts ed Gallimard

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Une phrase dans le ciel

Publié le par riende9?

Il s'est toujours caché au fond de tes blessures.

Même le feu sulfureux peut te purifier

en t'éclairant. Les ténèbres de la chair lancent

la lueur où toute peur s'efface, devant

la vérité de soi, offerte simplement

à celui qui voit jusqu'au fond de ta carence.

Un train roule au loin, dans la nuit, avec les rêves

des dormeurs, lourds de passions. Les cris

de soleils égorgés crèvent dans nos mémoires.

Le réveil est un miracle, où la déraison

d'un Brasier infini détruit tous les déchets

obscurs. Cette douceur qu'il te faut recevoir

se mêle et se révèle aux premiers chants d'oiseaux,

qui copient, très haut, une phrase dans le ciel.

 

Jean MAMBRINO La pénombre de l'or ed Arfuyen

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