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joue

Sur l'épaule de l'ange Alexandre Romanès extraits suite

Publié le par riende9?

Ineffaçables, les paroles vraies

et les mouvements du coeur vers l'autre.

Tout le reste n'est rien.

Qu'ils continuent le combat

sans moi !

La neige, le vent, les étoiles :

si le coeur est parfait,

pourquoi vouloir plus ?

 *

Souvent j'ai dit oui

quand il fallait dire non

et j'ai dit non

quand il fallait dire oui?

Je ne t'avais pas encore 

rencontré.

 *

Aujourd'hui, presque tout m'agresse,

mais mon oreille est encore là

pour le chant délicat des oiseaux.

Mais pour combien de temps encore ?

Ton épaule contre la mienne,

ton souffle sur ma joue.

Je n'ai pas oublié. 

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Haïku Henri Brunel

Publié le par riende9?

Un papillon distrait

s'est posé sur ma joue

je suis devenu fleur

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LXVII

Publié le par riende9?

La journée est belle, la brise est tiède et pure ;

La pluie a lavé la poussière qui ternissait la joue des roses.

Le rossignol dit à la rose, en la langue antique et sacrée :

"Toute ta vie, enivre-toi de chants suaves et de parfums ! "

 

Omar Khayyam Les quatrains ed Allia

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Rêve pour l'hiver

Publié le par riende9?

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose

           Avec des coussins bleus.

Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose

          Dans chaque coin moelleux.

 

Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,

          Grimacer les ombres des soirs,

Ces monstruosités hargneuses, populace

          De démons noirs et de loups noirs.

 

Puis tu te sentiras la joue égratignée...

Un petit baiser, comme une folle araignée,

          Te courra par le cou...

 

Et tu me diras : "Cherche !" en inclinant la tête,

- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête

          - Qui voyage beaucoup ...

 

Arthur Rimbaud 1854-1891

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Pourquoi la journée vole

Publié le par riende9?

          Le poète s'appuie, durant le temps de sa vie, à quelque arbre,

ou mer, ou talus, ou nuage d'une certaine teinte, un moment, si la

circonstance le veut. Il n'est pas soudé à l'égarement d'autrui. Son

amour, son saisir, son bonheur ont leur équivalent dans tous les lieux

où il n'est pas allé, où jamais il n'ira, chez les étrangers qu'il ne

connaîtra pas. Lorsqu'on élève la voix devant lui, qu'on le presse

d'accepter des égards qui retiennent, si l'on invoque à son propos les

astres, il répond qu'il est du pays d'à côté, du ciel qui vient d'être

englouti.

          Le poète vivifie puis court au dénouement.

          Au soir, malgré sur sa joue plusieurs fossettes d'apprenti, 

c'est un passant courtois qui brusque les adieux pour être là quand 

le pain sort du four.

 

René Char La parole en archipel ed Gallimard  

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