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nuit

Haïku

Publié le par riende9?

Soleil de nuit

Ricard de onze heures

pastis de minuit

 

Jean-Marie GOURIO Haïkus de mes comptoirs ed Le Castor Astral

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Iris

Publié le par riende9?

Ces longs ponts traversant les cieux brillent de gloire et sacrifient leur arche aux multiples couleurs le vert gémit parfois le bleu dans sa douleur saigne comme un vrai dieu auquel il
nous faut croire

Suivant un cours certain à travers les étoiles jaillit le lait béni qui fonda la blancheur trouée ainsi la nuit laisse couler sans voiles le galion incertain de l'angoisse
et des pleurs

Nul ne triomphera dans cette cavalcade ô
Théâtre du
Monde illustré par l'horreur toute teinte exsudée ondule et devient fade quand le sel a perdu sa violente fraîcheur

Les siècles ont transmis l'énigme et la sagesse les longs ponts dessinaient leurs sûres trajectoires au plan de la nature en joie et en détresse échos sans
volontés très fidèles miroirs

 

Raymond Queneau

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Sauvage un arbre

Publié le par riende9?

retourne au creux de son ombre

feuillage sur feuillage arbre et visage

leur règne

dans l'ombre heureuse

l'arbre est tout plein de nuit blessée

des oiseaux y taillent de grands cris muets

 

Amina Saïd

 

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Dits d'un livre de l'or (extrait)

Publié le par riende9?

Qu'est-ce que l'or? dit le jour.


Un sacre qui transmue la nuit.

Qu'esl-ce que l"or? dit la nuit.


Des tournesols sur la mer.

Qu'est-ce que l'or?

dit la mer.


Une douceur d'orange sous le sable.

Qu'est-ce que l'or? dit le sable.


Du lait où purifier le sang.

Qu'est-ce que l'or? dit le sang.


Des dieux en fête dans la neige.

Qu'est-ce que l'or? dit la neige.


Une enfance qui naît de la mort.

Qu'est-ce que l'or? dit la mort.


L'immortalité du mystère.

Qu'est-ce que l'or? dit le mystère.


Rien, sauf l'éclat de ma ténèbre.

Quand l'abîme brûlera ton visage,

là,

juste à l'extrême bord du roc,

— veuille la nuit

(qui les a pistés, longtemps traqués parmi la neige)

détourner les mots.

les écarter assez de toi

pour qu'aucun d'eux n'assèche ton sang,

n'ait le pouvoir de te détruire!

Oui,

sauf ceux (mais où luisent, derrière le soupçon, leur signes?)

qu'imprègne le souffle, que baigne muettement la foudre de ce qui t'habite et te transmue,

— redoute-les!

Prêt à prier,

— expulse la langue qui limite.

Fuis celle qui leurre le guet, ensable l'angoisse fécondante.

Evite celle qui rassure

(fût-ce l'âme, fût-ce la solitude du corps).

Car même l'énigme qu'elle annonce, même le mystère qu'elle salue ne peuplent rien à travers elle...

Les mages le savent : nul vocable (piégé/piégeant) ne sauve du deuil, ne sonde l'outre-mort.

Nul. hors le vrai délire, ne connaît le sens : le secret. (Extrait)

 

Jean-Claude Renard

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Sur les pas de la lune

Publié le par riende9?

M'étant penché en cette nuit à la fenêtre,

je vis que le monde était devenu léger

et qu'il n'y avait plus d'obstacles.

Tout ce qui

nous retient dans le jour semblait plutôt devoir

me porter maintenant d'une ouverture à l'autre

à l'intérieur d'une demeure d'eau vers quelque chose

de très faible et de très lumineux comme l'herbe :

j'allais entrer dans l'herbe sans aucune peur,

j'allais rendre grâce à la fraîcheur de la terre,

sur les pas de la lune je dis oui et je m'en fus..

 

Philippe Jaccottet

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La solitude

Publié le par riende9?

O que j'aime la solitude !

Que ces lieux sacrés à la nuit,

Eloignés du monde et du bruit,

Plaisent à mon inquiétude !

Mon dieu ! Que mes yeux sont contents

De voir ces bois, qui se trouvèrent

A la nativité du temps,

Et que tous les siècles révèrent,

Etre encore aussi beaux et verts,

Qu'aux premiers jours de l'univers !

 

Saint-Amant (1594-1661) Poésies

 

 

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Evadné

Publié le par riende9?

L'été et notre vie étions d'un seul tenant

La campagne mangeait la couleur de ta robe odorante

Avidité et contrainte s'étaient réconciliées

Le château de Maubec s'enfonçait dans l'argile

Bientôt s'effondrerait le roulis de sa lyre

La violence des plantes nous faisait vaciller

Un corbeau rameur sombre déviant de l'escadre

Sur le muet silex de midi écartelé

Accompagnait notre entente aux mouvements tendres

La faucille partout devait se reposer

Notre rareté commençait un règne

(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière

En tournant chaque nuit la page consentie

Veut que chaque part de toi que je retienne

Soit étendue à un pays d'âge affamé et de larmier géant)

 

C'était au début d'adorables années

La terre nous aimait un peu je m'en souviens

 

René Char Seuls demeurent

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Mwènè Gabriel Okoundji

Publié le par riende9?

XVII

 

Au petit matin

le petit jour s'est exilé dans sa propre lumière

comme un astre de misère dans la plaie de sa courbe

 

la lune a poursuivi son parcours nuage après nuage

                              dedans dehors

                              de jour de nuit

                              ici là-bas

                              devant et toujours devant

                    entre deux et deux pôles

                    entre mille et mille détours

                    entre le silence de la pierre et la fragilité de la fleur

 

Mwènè Gabriel Okoundji Vent fou me frappe poèmes ed Fédérop 

             

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Jos Roy que vous pouvez lire ici Atalaye http://guetternestpasjouer.blogspot.fr/

Publié le par riende9?

19

 

il n'y a pas que la nuit

ce serait mentir que de graver sur la pierre

 

             il n'y a que la nuit

 

évidemment

                ce serait mentir    :

 

nouvelle nuit après la nuit              dans l'intervalle

charbon

           mot

                  éclat qui couve & consume

histoire à forme de glaise

 

et puis

sans voix

prière jetée du haut de la falaise

qui allume

               on ne sait plus quoi

 

 

Jos Roy De suc & d'espoir With Sap & Hope ed Black Herald Press 

ce texte est aussi en anglais.

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Avril perpétuel de l'âme

Publié le par riende9?

Salue la lumière

qui t'ouvre les lèvres : ensuite

écarte les rideaux.

 

Dès le seuil invente

un mot toujours neuf,

précaire, ce sera "seuil".

 

Peut-être du givre

ou la frondaison, avance,

aux chemins de répondre.

 

Où que tu ailles, l'humus,

le sable, prends modèle

sur les ondes, allège-toi.

 

Ne sois que souffles

et vois : une glycine

a débordé le mur.

 

Ne coupe aucune fleur,

tu t'élargis

dans l'air des cimes.

 

Oublie tous les noms

sauf ceux du jardin,

à la fois ceux des plages.

 

Pleines mains sur ce tronc,

écoute, équitable,

le silence, la sève.

 

Rien ne reste invisible,

dis à présent

le parfum des lilas.

 

Pluie fine, la chair en liesse,

la clairvoyante, réveille

un chant de grive.

 

Les ailes, le coeur,

laisse-les battre,

laisse-les battre ensemble.

 

Si tu t'arrêtes, fais-le

à l'ombre d'un érable,

pense alors aux falaises.

 

Le vent sur les épaules,

n'aie soif ou faim

que d'embruns, de pollen.

 

Au soleil un vanneau,

un galet sous l'écume,

choisis l'un avec l'autre.

 

D'une même voix parle

à la nuit comme à l'aube

uniquement de ce qui va éclore.

 

Et toujours réserve

au creux de tes paumes

une place à l'écho.

 

Rends grâce au poème,

franchis l'horizon,

l'essor s'y régénère.

 

Pierre Dhainaut Rudiments de lumière ed Arfuyen

 

 

 

 

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