Janine Modlinger Beauté du presque rien (extrait)
Nous ne savons rien. L'amour sait à notre place.
Tout en ce monde est une question d'écoute, de silence, d'amour.
Janine Modlinger
Beauté du presque rien
Ed Ad Solem
Nous ne savons rien. L'amour sait à notre place.
Tout en ce monde est une question d'écoute, de silence, d'amour.
Janine Modlinger
Beauté du presque rien
Ed Ad Solem
Quel mot pour vous pourrait être le synonyme poétique de :
Femme.
Homme
Savoir.
Voyage.
Étoile.
Bonheur.
Nature.
Beauté.
Arbre"
Les effigies éloquentes ordonnent le monde, harmonisent l’esprit et les éléments.
De cette union nait la contemplation. Toute la beauté et tout le sens forment la cohérence
entre nous.
Si un arbre n’était qu’un arbre, le sable le vent, les vagues n’étaient que cela, au vrai je
n’aurais pas d’autre nature que celle d’un objet.
L’ustensile passif d’une nature causale et dépourvue de sens.
Mais toi, nature, toute énigme, qui en moi cesse d’être une chose pour devenir une parole,
tout à la symphonie de ces entités sans nombre qui élaborent des légendes, des dits,
des proverbes et des poèmes; toi cet être polymorphe tout vibrant, respirant; toi monde
posé là comme un défi à ma conscience, tu annihiles le néant, tu proclames des fables
dont le mystère affecte chaque fibre de mon être. Tu me renvoies à moi-même, tu m’illustres.
Essayant de te saisir c’est moi que je saisis, nous nous reflétons l’un en l’autre,
toi comme une parabole entrouvrant l’invisible,
et moi comme le dépositaire d’un sens qui vient de toi, de moi, de nous.
Joruri
Une chaise, une table, un lit
rien d'autre sinon la beauté
par delà l'horizon d'automne
des grandes pluies tombent
sur les derniers chardons.
Saison du travail dans l'ombre
où s'égrènent sans avenir
les patients refrains
de la cour sonore.
Mais l'amour de toujours
commandait de laisser
entr'ouverte la porte
sur le seuil que viendra fleurir
un ciel bleu imaginaire.
André Dhôtel Poèmes comme ça ed Le temps qu'il fait
Les trésors sont partout,
trop nombreux pour les voir.
Vols d'oies sauvages
dont la trace demeure
sur l'automne, le soir ;
bignone et hibiscus
tremblants de n'être plus,
gestes de tendresse,
caresses dissimulées
sur le front en sueur,
ce qui reste entre nous
des regards et des heures,
larmes et beauté
qui traversent les âges
du temps à l'éternité.
Jean Mambrino Grâce ed Arfuyen
Photo trouvée par Cédric
En toi, péniblement s'unissent
Le hasard, l'esprit créateur ;
La beauté n'a point de couleurs
Plus fuyantes et plus factices.
Dans l'ardent et houleux désert
Du monde, n'aimant qu'un mirage,
Chercher en d'ineffables vers
La magique fleur du langage ...
Tu nous troubles, irrésistible,
Impalpable, à peine visible,
De pâle et fuyante lueur,
Au point qu'à jamais tu nous lies
Par la pensée et par le coeur ;
Et que l'on t'aime à la folie !
Innocent Annenski Anthologie de la poésie russe ed Gallimard
La magique fleur du langage...
... nous embrasse ! ;-)
illustrations et texte Cédric
http://www.photomonde.fr/la-psychotria-elata-la-fleur-en-forme-de-levres/

Courtisane au sein dur, à l'oeil opaque et brun
S'ouvrant avec lenteur comme celui d'un boeuf,
Ton grand torse reluit ainsi qu'un marbre neuf.
Fleur grasse et riche, autour de toi ne flotte aucun
Arome, et la beauté sereine de ton corps
Déroule, mate, ses impeccables accords.
Tu ne sens même pas la chair, ce goût qu'au moins
Exhalent celles-là qui vont fanant les foins,
Et tu trônes, Idole insensible à l'encens.
- Ainsi le Dahlia, roi vêtu de splendeur,
Elève sans orgueil sa tête sans odeur,
Irritant au milieu des jasmins agaçants !
Paul Verlaine Poèmes Saturniens
Je dis toujours ce que je ne devrais pas dire ; en fait, je dis en général ce que je pense réellement - de nos jours, une terrible erreur? Cela vous expose souvent à être mal compris.
Je ne vois vraiment rien de romantique dans une demande en mariage. Il est très romantique d'être amoureux, mais une demande en mariage explicite n'a vraiment rien de romantique. Il se peut qu'elle soit acceptée. C'est, je crois, le cas le plus fréquent. Alors toute l'excitation disparaît. L'incertitude est l'essence même de l'aventure amoureuse.
Tous sans exception, nous passons nos jours à chercher le secret de la vie. Eh bien, le secret de la vie est dans l'art.
Le plaisir est le critère de la Nature, le signe de son approbation. Quand nous sommes heureux, nous sommes toujours bons, mais quand nous sommes bons, nous ne sommes pas toujours heureux.
Il faudrait communier avec la joie, la beauté, la couleur de la vie. Moins on parle des horreurs de la vie, mieux ça vaut.
La vie n'est qu'un "mauvais quart d'heure" composé de moments exquis.
On peut résister à tout sauf à la tentation.
J'adore les plaisirs simples. Ils sont le dernier refuge des personnes compliquées.
Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles.
On devrait toujours être amoureux. C'est pourquoi on ne devrait jamais se marier.
Les enfants commencent par aimer leurs parents ; en grandissant, ils se mettent à les juger - parfois ils leur pardonnent.
Nous vivons une époque où on lit trop pour parvenir à la sagesse et où on pense trop pour parvenir à la beauté.
Vivre est ce qu'il y a de plus rare au monde. La plupart des gens existent - c'est tout.
Oscar Wilde aphorismes ed mille et une nuits
La fibre de quiétude
que contient le fil de tout mouvement
canalise un message
qui parfois arbore la grâce
comme une mystérieuse
passion et une trangression du mouvement.
Un code secret,
stupéfiante sueur de l'harmonie
qui semble se tapir au fond,
projette ainsi ses signes
et parvient un instant à apprivoiser
le coeur même du mouvement,
pour qu'à la fin surgisse,
comme une chose absolument nécessaire,
le corps déconcertant de la beauté.
Tout mouvement est un tâtonnement contradictoire,
toute beauté une pressante incertitude,
toute grâce un équilibre inattendu,
une inflexion du mouvement,
un vol qui s'attarde,
une fleur hors la loi
d'être une fleur.
Roberto Juarroz dixième poésie verticale ed Corti
traduction François-Michel Durazzo
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La fibre de quiétude
que contient le fil de tout mouvement
canalise un message
qui parfois arbore la grâce
comme une mystérieuse
passion et une transgression du mouvement.
Un code secret,
stupéfiante sueur de l'harmonie
qui semble se tapir au fond,
projette ainsi ses signes
et parvient un instant à apprivoiser
le coeur même du mouvement,
pour qu'à la fin surgisse,
comme une chose absolument nécessaire,
le corps déconcertant de la beauté.
Tout mouvement est un tâtonnement contradictoire,
toute beauté une pressante incertitude,
toute grâce un équilibre inattendu,
une inflexion du mouvement,
un vol qui s'attarde,
une fleur hors la loi
d'être une fleur.
Roberto Juarroz dixième poésie verticale ed José Corti traduction François-Michel Durazzo