Haïku
Pluie d'été
rafraîchissante
le chien est content
Pluie d'été
rafraîchissante
le chien est content
l'enfance et l'éternité
sont peut-être synonymes
comme l'hiver et l'été
comme le ciel et l'abîme
c'est ce qu'il préfère croire
l'enfant du fond de la classe
qui pressent les longs déboires
de la vie et du langage
Jean-Claude Pirotte Le promenoir magique et autres poèmes 1953-2003 ed La table ronde
Un invisible oiseau dans l'air pur a chanté.
Le ciel d'aube est d'un bleu suave et velouté.
C'est le premier oiseau qui s'éveille et qui chante.
Ecoute ! les jardins sont frémissants d'attente.
Ecoute ! un autre nid s'éveille, un autre nid,
Et c'est un pépiement éperdu qui jaillit.
Qui chanta le premier ? Nul ne sait. C'est l'aurore.
Comme un abricot mûr le ciel pâli se dore.
Qui chanta le premier ? Qu'importe ! On a chanté.
Et c'est un beau matin de l'éternel été.
Cécile Périn Variations du cœur pensif
Ce poème avec un peu d'avance, c'est la belle journée d'aujourd'hui qui m'y pousse.
Frileux automne
Aux roux feuillages :
Chanson qui prône
Charrues, sillages.
Pluvieux Hiver :
Sève abondante
Aux dons divers
D'où naît la plante.
Brumeux printemps :
Sucré breuvage
Qu'offre le temps,
Aux fleurs sauvages.
Torride été,
Aux cheveux blancs :
Virilité...
Epis et vans.
Aherdan Le reflet du vent ed Marsam
Les cribleuses de blé Gustave Courbet
illustration trouvée par Cédric
L'hiver surviendra bref pour de sa blanche
Nudité vêtir la campagne.
L'âtre où le feu flamboie sera notre patrie
Et les contes que nous raconterons
Bien installés, assis tout contre sa chaleur,
Vaudront bien les chansons
Par lesquelles naguère, entre les verts herbages
Vigoureux, nous disions au soleil
L'ave atque vale si triste et si joyeux,
Solennels récitants de thrènes.
Mais pour l'instant l'automne est encore avec nous.
S'il ne nous agrée point,
Mettons l'évocation de l'été en balance
Avec l'espérance hiémale.
Puis entourés de ces offrandes évoquées
Tel un fleuve passons.
Fernando Pessoa je ne suis personne ed Christian Bourgois éditeur

Photos trouvées amicalement par Cédric
Tu restes là
accroché à l'échancrure d'un rêve
comme une marque de bronzage
qu'on cajole lorsqu'arrive l'automne
souvenir de l'été sur la peau
souvenir de toi dans ma chair
j'ai gardé ta saveur
plusieurs jours emprisonnée
au creux du ventre
il ne reste plus rien maintenant
quelques images diaphanes
qui se ravivent parfois
à l'échancrure d'un rêve
Marlène Tissot Visages de poésie Vague de poètes en Méditerranée Jacques Basse ed Rafael de Surtis
La poésie de la terre ne meurt jamais :
Quand tous les oiseaux abattus par la chaleur du soleil
Se cachent sous la fraîcheur des arbres, une voix courra
De haie en haie le long des prés nouvellement fauchés ;
C'est celle de la sauterelle - qui conduit le concert
Dans la volupté de l'été ; inépuisables
Sont ses délices ; et, lorsqu'elle est lassée de ses jeux
Elle se repose à l'aise, abritée sous quelque roseau hospitalier.
La poésie de la terre ne cesse jamais :
Par une solitaire soirée hivernale, quand la gelée
A imposé un silence général, dans l'âtre grince
Le cri du Grillon, dont la chaleur augmente l'acuité ;
Il semble au dormeur à moitié assoupi
La voix de la Sauterelle parmi les collines herbues.
John Keats Poèmes et poésies ed Poésie / Gallimard traduction Paul Gallimard
Ce n'est à présent l'été, ni ne me reviennent
Les jours indifférents du passé.
Le printemps faux déjà s'est caché
Dans un pli du temps chiffonné.
C'est tout ce que j'ai, un seul fruit,
Sous la chaleur de l'automne mûri.
José Saramago Les poèmes possibles traduction Nicole Siganos ed Jacques Brémond
Dessous la courtine mouillée
Du matin soucieux,
Tu balances, harmonieux,
Ta branche dépouillée,
Beau peuplier qui de l'été
Fais voir encor la grâce :
Pourquoi l'âge a-t-il sur ma face
Aboli ma fierté ?
L'arbre en poésie ed Gallimard (Folio)