Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Vivre ainsi parmi les signes ...

Publié le par riende9?


Les effigies éloquentes ordonnent le monde, harmonisent l’esprit et les éléments.
De cette union nait la contemplation. Toute la beauté et tout le sens forment la cohérence
entre nous.
Si un arbre n’était qu’un arbre, le sable le vent, les vagues n’étaient que cela, au vrai je
n’aurais pas d’autre nature que celle d’un objet.
L’ustensile passif d’une nature causale et dépourvue de sens.

Mais toi, nature, toute énigme, qui en moi cesse d’être une chose pour devenir une parole,
tout à la symphonie de ces entités sans nombre qui élaborent des légendes, des dits,
des proverbes et des poèmes; toi cet être polymorphe tout vibrant, respirant; toi monde
posé là comme un défi à ma conscience, tu annihiles le néant, tu proclames des fables
dont le mystère affecte chaque fibre de mon être. Tu me renvoies à moi-même, tu m’illustres.
Essayant de te saisir c’est moi que je saisis, nous nous reflétons l’un en l’autre,
toi comme une parabole entrouvrant l’invisible,
et moi comme le dépositaire d’un sens qui vient de toi, de moi, de nous.

Joruri

Voir les commentaires

Sauvage un arbre

Publié le par riende9?

retourne au creux de son ombre

feuillage sur feuillage arbre et visage

leur règne

dans l'ombre heureuse

l'arbre est tout plein de nuit blessée

des oiseaux y taillent de grands cris muets

 

Amina Saïd

 

Voir les commentaires

Rien

Publié le par riende9?

Plus rien même pas de la cendre même pas le souvenir plus rien

Plus rien sauf cette joie de l'oubli ce vent de l'oubli qui arrache tout

détruit tout et saccage le reste

Le moment est enfin venu de ne plus espérer de ne plus attendre de

ne plus croire de ne plus s'imaginer de ne plus trembler savoir qu'on

ne craint plus le vide que tout est consommé

consumé désincarné que ce qui était n'est plus plus rien même plus

rien même pas le néant

Je ne ricane plus je ne souris plus

je ne baisse plus les yeux ni ne les lève

je ne les frotte même plus je ne dors pas

je veille comme une pierre sans son ombre

et je suis transparent comme le temps

je vis comme vivent les nuages et la fumée

je m'efface et jusqu'aux dernières traces

 

Philippe Soupault

Voir les commentaires

J'eus Toujours de L'amour pour les Choses Ailées

Publié le par riende9?

J'eus toujours de l'amour pour les choses ailées.

Lorsque j'étais enfant, j'allais sous les feuillées,

J'y prenais dans les nids de tout petits oiseaux.

D'abord je leur faisais des cages de roseaux

Où je les élevais parmi des mousses vertes.

Plus tard je leur laissais les fenêtres ouvertes.

Ils ne s'envolaient point ; ou, s'ils fuyaient aux bois,

Quand je les rappelais ils venaient à ma voix.

Une colombe et moi longtemps nous nous aimâmes.

Maintenant je sais l'art d'apprivoiser les âmes.

 

Victor Hugo

Le 12 avril 1840. 

Voir les commentaires

Dits d'un livre de l'or (extrait)

Publié le par riende9?

Qu'est-ce que l'or? dit le jour.


Un sacre qui transmue la nuit.

Qu'esl-ce que l"or? dit la nuit.


Des tournesols sur la mer.

Qu'est-ce que l'or?

dit la mer.


Une douceur d'orange sous le sable.

Qu'est-ce que l'or? dit le sable.


Du lait où purifier le sang.

Qu'est-ce que l'or? dit le sang.


Des dieux en fête dans la neige.

Qu'est-ce que l'or? dit la neige.


Une enfance qui naît de la mort.

Qu'est-ce que l'or? dit la mort.


L'immortalité du mystère.

Qu'est-ce que l'or? dit le mystère.


Rien, sauf l'éclat de ma ténèbre.

Quand l'abîme brûlera ton visage,

là,

juste à l'extrême bord du roc,

— veuille la nuit

(qui les a pistés, longtemps traqués parmi la neige)

détourner les mots.

les écarter assez de toi

pour qu'aucun d'eux n'assèche ton sang,

n'ait le pouvoir de te détruire!

Oui,

sauf ceux (mais où luisent, derrière le soupçon, leur signes?)

qu'imprègne le souffle, que baigne muettement la foudre de ce qui t'habite et te transmue,

— redoute-les!

Prêt à prier,

— expulse la langue qui limite.

Fuis celle qui leurre le guet, ensable l'angoisse fécondante.

Evite celle qui rassure

(fût-ce l'âme, fût-ce la solitude du corps).

Car même l'énigme qu'elle annonce, même le mystère qu'elle salue ne peuplent rien à travers elle...

Les mages le savent : nul vocable (piégé/piégeant) ne sauve du deuil, ne sonde l'outre-mort.

Nul. hors le vrai délire, ne connaît le sens : le secret. (Extrait)

 

Jean-Claude Renard

____________________________________________________________

Voir les commentaires

Goethe

Publié le par riende9?

Veux-tu vivre heureux ?

Voyage avec deux sacs,

l'un pour donner,

l'autre pour recevoir.

Voir les commentaires

Sur les pas de la lune

Publié le par riende9?

M'étant penché en cette nuit à la fenêtre,

je vis que le monde était devenu léger

et qu'il n'y avait plus d'obstacles.

Tout ce qui

nous retient dans le jour semblait plutôt devoir

me porter maintenant d'une ouverture à l'autre

à l'intérieur d'une demeure d'eau vers quelque chose

de très faible et de très lumineux comme l'herbe :

j'allais entrer dans l'herbe sans aucune peur,

j'allais rendre grâce à la fraîcheur de la terre,

sur les pas de la lune je dis oui et je m'en fus..

 

Philippe Jaccottet

Voir les commentaires

Clin d'oeil à Joruri : Kelly Sweet we are one

Publié le par riende9?

Voir les commentaires

Christine and The Queens Christine

Publié le par riende9?

Voir les commentaires

Ibrahim Maalouf Oxmo Puccino La porte bonheur

Publié le par riende9?

Voir les commentaires