Vivre ainsi parmi les signes ...
Les effigies éloquentes ordonnent le monde, harmonisent l’esprit et les éléments.
De cette union nait la contemplation. Toute la beauté et tout le sens forment la cohérence
entre nous.
Si un arbre n’était qu’un arbre, le sable le vent, les vagues n’étaient que cela, au vrai je
n’aurais pas d’autre nature que celle d’un objet.
L’ustensile passif d’une nature causale et dépourvue de sens.
Mais toi, nature, toute énigme, qui en moi cesse d’être une chose pour devenir une parole,
tout à la symphonie de ces entités sans nombre qui élaborent des légendes, des dits,
des proverbes et des poèmes; toi cet être polymorphe tout vibrant, respirant; toi monde
posé là comme un défi à ma conscience, tu annihiles le néant, tu proclames des fables
dont le mystère affecte chaque fibre de mon être. Tu me renvoies à moi-même, tu m’illustres.
Essayant de te saisir c’est moi que je saisis, nous nous reflétons l’un en l’autre,
toi comme une parabole entrouvrant l’invisible,
et moi comme le dépositaire d’un sens qui vient de toi, de moi, de nous.
Joruri