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Palmström

Publié le par riende9?

Palmström est là, debout près d'un bassin,
et largement déploie un mouchoir rouge ;
sur le mouchoir on peut voir le dessin
d'un chêne, ainsi qu'un homme avec un livre.

Palmström hésite à se moucher dedans :
il appartient à ces drôles de gens
que tout à trac, dans leur virginité,
devant le Beau empoigne un saint respect.

Il replie donc ainsi qu'un amoureux,
le même objet qu'il avait déployé.
Quel cœur sensible ose condamner
de repartir avec un nez morveux ?


Christian Morgensten

Anthologie de la poésie Allemande
des origines à nos jours

par RENÉ LASNE

Edition bilingue

Stock


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Etre éternellement jeune

Publié le par riende9?

Maintenant j'ai de nouveau besoin
D'aller par toutes les ruelles,
Comme quand j'allais enfant,
par toutes les étroites ruelles. -
Et tout ça à cause de toi
Mon cœur si jeune tout à coup,
Rien que de te connaître.

J'ai besoin parfois de partir à travers champs,
J'ai besoin d'aller par tous les chemins,
par toutes les montagnes, par toutes les forêts,
de voir des contrées que je ne connais pas.
Et tout ça à cause de toi.
Mon cœur si jeune tout à coup,
Rien que de te connaître.

Nathan Katz

Arfuyen

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Hélian

Publié le par riende9?

Aux heures solitaires de l'esprit, c'est chose belle
De s'en aller sous le soleil, au long
des murailles d'or de l'été.
Les pas bruissent doucement dans l'ombre, mais sans rompre
Au marbre gris le sommeil du fils de Pan.

Sur la terrasse, le soir, nous bûmes du vin brun jusqu'à l'ivresse
la pêche s'empourpre et brûle au creux des feuilles.
tendre sonate, rire heureux.

Qu'il est beau le silence de la nuit !
dans la plaine obscure
Nous croisons des bergers et de blanches étoiles.

Quand l'automne est venu
S'éveille dans le bois une calme lumière.
Nous errons apaisés au long des murailles rouges
Et nos regards levés suivent les vols d'oiseaux.
Le soir, l'eau pâle choit dans les urnes des tombes.

Le ciel repose au lit des rameaux nus.
Le paysan porte le pain, le vin dans ses mains pures,
Les fruits mûrissent doucement aux chambres pleines de soleil.

Oh qu'elle est grave, la face des morts bien-aimés !
Mais la juste vision remplit l'âme de joie.


Georg Trakl

Vingt quatre poèmes

Traduction Gustave Roud

Ed. la délirante

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Issue

Publié le par riende9?

L'instant

est à la fois

une issue

de secours

et une voie

sans issue

autrement dit

l'instant

est une

impasse

de secours

 

Thomas Vinau Juste après la pluie Alma éditeur

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Jean Mambrino 50

Publié le par riende9?

Certaines silhouettes portent avec douceur

le temps sur leurs épaules,

comme un sentier la pluie d'automne le soir.

Elles revêtent en silence la douleur

du monde. As-tu vu cette vieille femme

qui tenait une enfant par la main, sa tête petite

levée vers elle ? Leurs regards, en se croisant,

se passent la même aurore. Enfance et vieillesse

orphelines. On ne sait qui enfante l'autre.

 

Ainsi la vie se transmet.

 

Jean Mambrino Comme un souffle de rosée bruissant ed Arfuyen 

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Il fut un temps où

Publié le par riende9?

tout le monde pouvait s'exprimer ici sans se faire attaquer.

Je viens de mettre en place la modération des commentaires

en espérant que ça fonctionne et en attendant peut-être de

purement supprimer ce blog si la tournure ne me plaît pas.

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Repos pour quelques temps

Publié le par riende9?

Je vous laisse quelques jours ou plus le temps de me ressourcer.

Portez-vous bien

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Jacques Lacarrière

Publié le par riende9?

Disons qu'abondance de bien ne nuit pas:

Ardoise

Tu gardes en toi
le sceau des fougères et des prêles,
le calque des écorces, étant
paume ouverte du temps
mémoire des ruches de la vie
où bourdonne encore en nos doigts
l'enfance des reptiles.

Jacques Lacarrière  Lapidaire ed Fata Morgana

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Henri Meschonnic

Publié le par riende9?

l’obscur 
travaille ma lumière 
des formes que je ne comprends pas 
me traversent 
et je me mets à lire 
des lettres que je ne comprends pas 
alors je commence 
à voir clair 
 
                                               1er mars 2008


Henri Meschonnic, L’Obscur travaille, Arfuyen, 2011

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Pyramide Guillevic

Publié le par riende9?

Pyramide

 

 

Il me semble que j'imite
Et pourtant je cherche qui.

 

J'ai vu le sable et le vent
Essayer de faire un corps.

 

J'ai vu l'eau se soulever
Mais le plan est fait pour elle.

 

J'ai vu durer les rochers
Plus informes que le ciel.

 

Moi j'ai la stabilité,
J'ai la force dans ma base,

 

La patience dans mes faces
Et l'esprit dans mon sommet.

 

J'ai de coupantes arêtes,
Je suis on ne peut plus nette.

 

Et puis qui n'imite pas,
Qui n'est pas un peu pareil

 

A tout cela qu'il n'est pas,
Qui ne lui ressemble pas ?

 

Nous, figures, nous n'avons
Après tout qu'un vrai mérite,

 

C'est de simplifier le monde
D'être un rêve qu'il se donne.

 

Guillevic ("Euclidiennes"  1967 - Gallimard)

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