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vide

Rien

Publié le par riende9?

Plus rien même pas de la cendre même pas le souvenir plus rien

Plus rien sauf cette joie de l'oubli ce vent de l'oubli qui arrache tout

détruit tout et saccage le reste

Le moment est enfin venu de ne plus espérer de ne plus attendre de

ne plus croire de ne plus s'imaginer de ne plus trembler savoir qu'on

ne craint plus le vide que tout est consommé

consumé désincarné que ce qui était n'est plus plus rien même plus

rien même pas le néant

Je ne ricane plus je ne souris plus

je ne baisse plus les yeux ni ne les lève

je ne les frotte même plus je ne dors pas

je veille comme une pierre sans son ombre

et je suis transparent comme le temps

je vis comme vivent les nuages et la fumée

je m'efface et jusqu'aux dernières traces

 

Philippe Soupault

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Emily Dickinson

Publié le par riende9?

Porter notre part de la nuit,

Notre part du matin ;

Remplir de bonheur notre vide,

de mépris notre vide.

 

Etoile par-ci, étoile par là,

D'aucuns perdent leur route.

Brume par-ci, brume par là,

Et puis après : le jour !

 

Poésie les 100 plus belles pages d'Emily Dickinson présentées par Alain Bosquet ed Pierre Belfond

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Rien

Publié le par riende9?

             Plus rien même pas la cendre

même pas le souvenir      plus rien

Plus rien sauf cette joie de l'oubli

ce vent de l'oubli qui arrache tout

détruit tout et saccage le reste

Le moment est enfin venu de ne plus espérer

de ne plus attendre de ne plus croire

de ne plus s'imaginer de ne plus trembler

savoir qu'on ne craint plus le vide

que tout est consommé consumé désincarné

que ce qui était n'est plus     plus rien

même plus     rien    même pas le néant

 

Je ne ricane plus je ne souris plus

je ne baisse plus les yeux ni ne les lève

je ne les frotte même plus je ne dors pas

je veille comme une pierre sans son ombre

et je suis transparent comme le temps

je vis comme vivent les nuages et la fumée

je m'efface jusqu'aux dernières traces

 

 

Philippe Soupault   Poèmes à dire Une anthologie de poésie contemporaine francophone ed Poésie / Gallimard  

 

 

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La vie bon train proses de gare extrait

Publié le par riende9?

A deux minutes du départ, flegme oblige, les grands baroudeurs ne pressent pas le pas. Les partances sont étales, au début hésitantes puis s'accélèrent jusqu'au coup de sifflet, synthèse. Alors se remet en action l'immuable fonction des bras dans les gares : Je suis là, au revoir, au secours tu t'en vas (ou je te perds). Des gestes à nu ou prolongés d'un carré de tissu, d'un gant ou d'un foulard agité sans fin, très longtemps, jusqu'au vide (mouchoir). Est-ce pour cela que les âmes à vif se quittent bien avant le départ ? D'abord au mètre linéaire, la séparation se mesure vite en durée : Tu me manques, entre nous ce n'est pas l'espace, mais le temps : déjà trois minutes... Après totale disparition (bras levés), c'est le retour des ombres en peine (bras ballants) qui remontent le quai vide, offrant des nuques courbes, dos voutés, accablés du vertige de la nuit qui tombe. Sans se retourner les silhouettes se dispersent, bientôt dissoutes dans la foule en mouvement. Au sol, les papiers font des mouchoirs jetés après usage (agitation, sanglots).

 

Etienne Faure ed Champ Vallon p 17

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olivier

Publié le par riende9?

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LAO TSEU

 

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