Olivier Larronde
A la place d'un bouquet
Voici mes petites fleurs abstraites
Et c'est le bouquet des bouquets
Et c'est le carré du caviar
D'une promenade à la vôtre.
Olivier Larronde Œuvres poétiques complètes ed Le promeneur
A la place d'un bouquet
Voici mes petites fleurs abstraites
Et c'est le bouquet des bouquets
Et c'est le carré du caviar
D'une promenade à la vôtre.
Olivier Larronde Œuvres poétiques complètes ed Le promeneur
La poésie n'est rien que ce grand élan qui nous transporte vers les choses usuelles - usuelles comme le ciel qui nous déborde.
*
Je n'invente pas, je crée. Qui dit invention dit intelligence. Qui dit création dit amour.
René Guy Cadou Poésie la vie entière Œuvres poétiques complètes ed Seghers
Si le veut ton souffle
nous serons chant
Racines mêlées
branches enlacées
Toutes voix unique voie
Tous échos unique houle
Sur ta plage murmurante
nous nous entendrons
Silence
François Cheng Le long d'un amour ed Arfuyen
La journée est belle, la brise est tiède et pure ;
La pluie a lavé la poussière qui ternissait la joue des roses.
Le rossignol dit à la rose, en la langue antique et sacrée :
"Toute ta vie, enivre-toi de chants suaves et de parfums ! "
Omar Khayyam Les quatrains ed Allia
Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l'enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C'était hier que je t'ai dit
Nous dormirons ensemble
C'était hier et c'est demain
Je n'ai plus que toi de chemin
J'ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien il va l'amble
Tout ce qu'il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J'ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t'aime que j'en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble
Louis Aragon Le fou d'Elsa
Dans la sobriété des roches provençales
Les amandiers noueux se crispent de douleur,
Mais, vers la février, des fleurs blanches et pâles
Eclosent brusquement de leur âpre noirceur.
Et moi aussi je suis comme l'arbre en torture.
Je suis crispé, rugueux et l'on me croit méchant,
Mais je sens sourdre en moi un candide murmure
Rien que d'avoir frôlé un peu votre printemps.
Sous mes airs renfrognés et mon écorce dure
Je porte au fond de moi de candides clartés,
Et par ce soir divin où la nuit est si pure
Mon cœur vient de fleurir ainsi que l'amandier.
Auguste Chabaud "poésie de la période sentimentale"
L'hiver serait-il fini ?
les premières grenouilles
et le premier iris fleuri
la poésie n'est pas une affaire d'hommes
ni de femmes ni de chiens
ni d'ânes ni d'artistes
ni de poètes
la poésie n'est pas une affaire
Jean-Claude Pirotte Le promenoir magique et autres poèmes ed La table ronde
Feuilles mortes dans le vent -
Divers petits bruits nocturnes
envahissent la vallée
Eiji Hashimoto
Elles ont tant brillé !
Aujourd'hui elles couvrent la terre,
les feuilles rouges d'hiver
Tôru Udô