Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

chemin

Nada

Publié le par riende9?

Les girandoles des soleils au fond du vide

dessinent sur mes yeux le rien de la lumière,

chaque regard tirant de rien ce qui m'éclaire

quand sa distance apaise mon néant avide.

 

Je reconnais en moi la voie ouverte au rien,

qui désigne et déplace et dissipe et déguise

la présence innombrable où je viens à ma guise

en suivant sans le voir un néant de chemin.

 

Le rien dont je suis fait m'égare et me rend sûr,

alors que tous ces riens sont ici mes balises,

m'aidant à déchiffrer les chiffres qui reluisent

sur le mirage tendrement offert des murs.

 

Jean Mambrino

Le Chiffre De La Nuit

Ed José Corti

Voir les commentaires

Dans un chemin creux au début de la troisième lune

Publié le par riende9?

Nuages, pluie et vent s'unissent au printemps,

Les monts se succèdent, vert lavé par la bruine.

Ce paysage du Sud serait beau en peinture

Mais beaucoup moins plaisant s'il faut y voyager.

 

San yue chu xia shan daozhong

dynastie des Ming (1368-1911)

Anthologie de la poésie chinoise

Ed Gallimard

Voir les commentaires

Valérie Rouzeau Va où (extrait)

Publié le par riende9?

Je me remets en ligne au lieu de scriber rien

Partante à mes marques prête

Redémesure ma chance bol et déconfiture

Partie pieds décalés

Je serais une étoile ne serais pas plus rien que mon poids

     de gaieté mon volume de chagrin ne serais pas moins

     loin de vos yeux qu'aujourd'hui

Me revoilà en train de plus belle sur les rails

J'aurai roulé ma vie

Foncé dans ma charrette songé dans mon tonneau

Tracé mes cartes de tendre

Et mon esprit de ciel si j'en ai ira bien jusqu'au bout

     de sa peine jusqu'au bout de sa joie partante à vos

     marques prête

J'aurai beaucoup couri j'aurai beaucoup couru

Me serai entarté le cœur qu'il soit pas nu sentiment

     jamais vu et le reste me regarde

Je suis mon propre clown l'histrion lessivé bozo bozo

     beaux yeux

Je suis ma propre piste mon chemin de traviole mes

     bosses et puis mes creux mon histoire somme toute

     vraie ma déroute à mesure

 

 

Valérie Rouzeau

Va où

Ed Le temps qu'il fait

Voir les commentaires

La Danse

Publié le par riende9?

Voyez ces jeunes couples tournoyer dans la valse gracieuse. Leurs pieds rapides effleurent à peine le sol. Sont-ce des ombres fugitives délivrées du fardeau des corps, ou des génies qui poursuivent leurs danses aériennes aux rayons de la lune ? Légers comme la vapeur incertaine que le souffle du vent balance dans les airs, comme la barque qui se balance sur une onde argentée, leurs pas suivent avec art les cadences de la musique.

Tout à coup un couple hardi s’élance au milieu des rangs épais. Il veut se frayer un passage, une main magique ouvre le chemin devant lui et le referme aussitôt. Le voilà qui disparaît à nos yeux, et l’élégant assemblage ressemble à une œuvre de confusion ; mais l’ordre joyeux se rétablit, le nœud se délie, la symétrie reparaît avec un charme nouveau. Sans cesse brisée elle renaît sans cesse, une loi certaine dirige ses changements continuels. Comment ces mouvements se renouvellent-ils ainsi, comment le repos apparaît-il encore dans ces groupes mobiles ? Comment, en n’obéissant qu’à l’instinct du plaisir, chacun dans ces bonds impétueux suit-il la ligne qu’il doit suivre ? Veux-tu le savoir ? C’est la puissance de l’harmonie qui fait de ces bonds impétueux une danse agréable, qui, pareille à Némésis, conduit et gouverne avec le frein doré du rhythme le plaisir turbulent. Ô homme, et les harmonies des mondes raisonnent en vain autour de toi, tu n’entends pas leur accord sublime, tu n’entends pas la mélodie des êtres et le mouvement des astres brillants qui poursuivent leur route dans l’espace. Tu oublies dans tes actions l’ensemble harmonieux que tu respectes dans tes jeux.

 



Friedrich Schiller

Voir les commentaires

Philippe Jaccottet

Publié le par riende9?

Chemins, taches rouges des sédums,
lianes des clématites sauvages, chaleur du soleil couchant.
(Noté d'abord cela, pour ne pas oublier l'intensité singulière de ces instants.)
Aussitôt après :
Ces taches rousses sur les rochers - comme on parle de lune rousse -,
comme des morceaux de toison, de la toison du soleil couchant ;
et puis ce lien entre chemin et chaleur, une chaleur émanée du sol ;
et le chemin une sente plutôt qu'un chemin, "la sente étroite du Bout du Monde",
mais justement pas du bout du Monde : d'ici, de tout près, sous les pas. ( Non dans un livre.)
Tendre trace silencieuse laissée par tous ceux qui ont marché là longtemps,
trace des vies et des pensées qui sont passées là, nombreuses,
diverses, traces de bergers et de chasseurs d'abord
- Et il n'y a pas si longtemps encore -,
puis de simples promeneurs, d'enfants, de rêveurs, de botanistes,
d'amoureux peut-être...
le temps humain qui inscrit ses lignes souples dans le sol.


Philippe Jaccottet

Couleur de terre

Ed. Fata Morgana

Voir les commentaires

Vers à danser

Publié le par riende9?

Que ce soit dimanche ou lundi

Soir ou matin minuit midi

Dans l'enfer ou le paradis

Les amours aux amours ressemblent

C'était hier que je t'ai dit

           Nous dormirons ensemble

 

C'était hier et c'est demain

Je n'ai plus que toi de chemin

J'ai mis mon cœur entre tes mains

Avec le tien il va l'amble

Tout ce qu'il a de temps humain

            Nous dormirons ensemble

 

Mon amour ce qui fut sera

Le ciel est sur nous comme un drap

J'ai refermé sur toi mes bras

Et tant je t'aime que j'en tremble

Aussi longtemps que tu voudras

          Nous dormirons ensemble

 

Louis Aragon Le fou d'Elsa




Voir les commentaires

Haïkus Salim Bellen

Publié le par riende9?

 

Vers quel destin

sans cesse sur le chemin

s'en va l'escargot ?

Blog de capcactus : CAPCACTUS, UNE AMITIÉ SINGULIÈRE

Illustration trouvée par Cédric ici  http://500px.com/nordinseruyan

http://capcactus.blogzoom.fr/1100753/UNE-AMITIE-SINGULIERE

 Photo Nordin Seruyan

 

 

A l'expiration

je me précipite

au fond de l'instant

 

Nuit sans fin

les étoiles fugaces

nous regardent passer

 

Salim Bellen Tierra de Nadie (mouches, moines et papillons) traduit de l'espagnol par Josette Pellet et Daniel Py ed Unicité

Voir les commentaires

Jean-Claude Pirotte

Publié le par riende9?

mon adresse est dans la lune

me dit Pierrot en chemin

je ne voyais pas ses mains

promenons-nous dans les prés

 

je te montrerai l'étang

où ma belle étoile est née

on y dormira longtemps

n'écoute pas ceux qui disent

 

que le monde appartient aux

malins qui se lèvent tôt

la paresse est seule exquise

 

Jean-Claude Pirotte Le promenoir magique et autres poèmes ed la table ronde

Voir les commentaires

Haïkus

Publié le par riende9?

Troupeaux de nuages

avec pour seul berger

le vent

 

A la source

nous remercions le soleil

de nous donner soif

 

Sur le chemin

que de fois nous a distraits

le papillon !

 

Il nous salua,

nous invita à entrer,

l'inconnu 

 

Salim Bellen Tierra de Nadie (mouches, moines, et papillons) traduit de l'espagnol par Josette Pellet et Daniel Py ed unicité

Voir les commentaires

Henry David Thoreau

Publié le par riende9?

129. Je pourrais emprunter un chemin, même s'il est solitaire, étroit et tortueux, sur lequel marcher avec amour et respect. Chaque fois qu'un homme se sépare de la multitude et suit son chemin dans cette disposition d'esprit, il rencontre, de fait, un embranchement sur sa route, bien que d'ordinaire les voyageurs puissent ne voir qu'un trou dans la palissade. Son chemin à travers champs peut se révéler être la grand-route.

 

140. Il est difficile d'oublier ce qu'il est plus qu'inutile de se rappeler !

 

181. Dans la vie sauvage repose la sauvegarde du monde.

 

182. Le plus vivant est le plus sauvage.

 

183. Toutes les bonnes choses sont sauvages et libres.

 

191. A mesure qu'un homme vieillit, sa capacité à rester assis immobile et à vaquer à des occupations d'intérieur s'accroît.

 

197. Le plus haut point que nous puissions atteindre n'est pas le savoir, mais la sympathie avec l'intelligence.

 

203. Nous devons regarder longtemps avant de parvenir à voir.

 

212. Ce n'est pas dans la société qu'il faut chercher la santé, mais dans la nature.

 

216. La nature est toujours mythique et mystique, et ses oeuvres ont la liberté et l'extravagance propres au génie. Tout comme l'art, elle possède un style somptueux et fleuri.

 

227. Incontestablement, nous ne sommes jamais assez visionnaires pour pouvoir être préparés à ce que l'heure suivante nous apportera.

 

231. Le paradis pourrait être défini comme l'endroit que les hommes évitent.

 

234. A la vérité, les étoiles ont été créées pour consoler l'homme.

 

245. La perfection du voyage est de voyager sans bagage.

 

250. Dans un univers de paix et d'amour, la musique serait le langage universel.

 

 

 

Henry David Thoreau La moelle de la vie 500 aphorismes ed mille et une nuits 

 

Voir les commentaires