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vieillesse

Jean-Pierre Duprey A la grimace

Publié le par riende9?

 

 

Allez-vous-en, vous n’êtes pas joués ! Il fait si noir qu’on n’a jamais gravé les cartes. Allez-vous-en, on vous a joués. Le soleil n’a jamais fait partie des livraisons du jour et la terre n’est qu’une ride de vieillesse. Celui qui aime l’atome ne mange que du néant. Celui qui croit prendre un chemin ne prend que son corps par la fatigue.

J’avais pourtant trouvé de la viande dans les statues…et quelque chose de touchable qui s’insérait, ne quittait jamais la main, cette main, ma main.

Mais la main, l’ombre d’un geste, n’avait jamais quitté cette sépulture anticipée, ce grand dortoir des autres, peuplé, peuplé…
D’un grand fauteuil qui n’invite personne…
D’une clef oeuvrée qui n’explique rien,
Trouvée dans la main
D’un pensionnaire de la maison détruite, quelqu’un payé très cher pour rien.

Et dans un coin du sommeil des autres, lui, là-bas, sa peau se déplace. A quoi t’entraînes-tu ? Qui donc te rêve ? Il n’a rien vu, rien entendu ; son corps l’avait porté à la dernière dimension nocturne, jusqu’à l’issue du dernier hasard.
Le dernier hasard…Un grand brouillard en place. En avant, drapeau noir ! Les démons, on vous somme, plus d’hésitation ! L’habitude de la réalité exige une belle autorité.

Moi, je n’aurais jamais dû me prendre les pieds dans cette galaxie !

 

 

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Jean Mambrino 50

Publié le par riende9?

Certaines silhouettes portent avec douceur

le temps sur leurs épaules,

comme un sentier la pluie d'automne le soir.

Elles revêtent en silence la douleur

du monde. As-tu vu cette vieille femme

qui tenait une enfant par la main, sa tête petite

levée vers elle ? Leurs regards, en se croisant,

se passent la même aurore. Enfance et vieillesse

orphelines. On ne sait qui enfante l'autre.

 

Ainsi la vie se transmet.

 

Jean Mambrino Comme un souffle de rosée bruissant ed Arfuyen 

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L'amour n'a pas d'age

Publié le par riende9?

Par les liens de Salma,

dans l'amour

il s'est trouvé enchaîné,

tout jeune adolescent ;

et le désir

a pris gîte en son coeur

sans vouloir jamais

le quitter.

 

L'affection de Salma

n'oublie aucun homme

et l'accompagne partout,

alors que celui qu'atteint l'ennui

se réfugie dans l'oubli

en achetant une chose

après une autre.

 

La blanche rafale de la vieillesse

sur toi s'est abattue,

sans changer ton désir d'elle.

Ni les cheveux blancs

ni l'écroulement

de l'oubli

ne sont parvenus à t'en délivrer.

 

Kouthayyir La Poésie arabe ed Phébus

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Wou-Ti Le vent d'automne

Publié le par riende9?

Le vent d'automne s'est levé,

          quel vol de blancs nuages !

L'herbe va jaunir, l'arbre s'effeuiller,

          au sud fuit l'oie sauvage.

Mais reste à l'orchidée sa fleur,

          l'arôme aux chrysantèmes,

Sans pouvoir l'oublier, mon coeur

           songe à celle que j'aime.

De la Fen, ma barque en voguant

           franchit l'eau tourmentée,

Et fait en travers du courant

          jaillir l'onde argentée.

Au son des flûtes et tambours,

          les chants des rameurs naissent.

Des plaisirs épuisés il sourd

          d'autant plus de tristesse.

Jeunesse et vigueur, qu'en durent les jours ?

          Quoi ! Déjà la vieillesse ?

 

Trésor de la poésie universelle Roger Caillois Jean-Clarence Lambert ed Gallimard / Unesco

      

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