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Les Vents Première Partie (Traduite de poèmes norvégiens)

Publié le par riende9?

 

Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent du Nord.
Il était vêtu d’un grand manteau de neige et sa couronne de glaçons étincelait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers les immuables blancheurs.
«Tu verras les aurores incomparables, les mers immobiles et lumineuses, les 
montagnes de cristal qui flottent sur les eaux et les solitudes pâles au fond de 
l’éternel silence.»

Je répondis au Vent du Nord:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent du Nord s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent de l’Est.
Il était vêtu de pourpre et sa couronne de rayons flamboyait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers la lumière.
«Tu verras le faste des couleurs, les dorures des pagodes aux clochetons 
bizarres, le chatoiement soyeux des robes de mousmés et la naissance glorieuse 
du Soleil.»

Je répondis au Vent de l’Est:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent de l’Est s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent du Sud.
Il était vêtu d’or et sa couronne d’étoiles resplendissait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers l’azur.
«Tu verras les forêts aux végétations paradoxales, la grâce des lionnes et la 
subtilité des panthères, les reptiles indolents et splendides, les temples et 
les ruines, les sphinx accroupis dans les déserts, les oasis et les mirages, et 
l’inexprimable magnificence des fleurs.»

Je répondis au Vent du Sud:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent du Sud s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent de l’Ouest.
Il était vêtu de vert tendre et sa couronne de perles rayonnait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers la mer.
«Tu verras l’infini des horizons ruisselants et le charme mystique des brumes, 
le passage des voiles dont la blancheur légère se colore, vers le soir, de 
violet et d’orange, et l’étendue fabuleuse des Océans.» 

Je répondis au Vent de l’Ouest:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent de l’Ouest s’enfuit dans un frisson d’ailes.


Renée Vivien

 

 

 

 

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Noël blanc Emile Verhaeren

Publié le par riende9?

Doucement, lentement, la neige tombait, la neige de Noël. L’air en était pointillé ; elle floconnait, s’attardait dans un tour de valse au coin des rues où soufflait la bise. Dans la plaine, elle descendait d’aplomb, serrée.  

C’était le 24 décembre, le soir. Les maisons étaient fermées, personne ne sortait plus. De longues lames jaunes perçaient encore les joints des volets ; mais bientôt ces filtrations de lumière tarirent toutes.

La neige fit alors son œuvre, silencieusement. Elle se mit à choir plus drue, plus brillantée, dans un clair de lune molletonné de nuages. Elle abandonna ses laines par poignées, comme si toutes les nuées du ciel eussent perdu leur toison.

Un petit village, blotti dans un trou de terrain, la recevait sur ses épaules. Il s’en couvrait, frileux, avec ses granges, ses étables, ses meules, ses fumiers, ses huttes, ses fours, ses auges, ses écuries. Il se dorlotait ; les demeures avaient l’air de s’emmitoufler, de se pelotonner, de se serrer les unes près des autres,  comme une famille de marmottes blanches.

Des tourbillonnements follets, des soulèvements de poussière givrée, passaient comme une fumée que le vent lutine. Il y eut un instant de furie tempétueuse d’émeute hurlante à travers les mélancolies de la nuit. On eût dit des plaintes de forêt tordue par l’ouragan.

Vers onze heures la neige cessa. Dans l’apaisement nocturne et le ciel dévoilé, les étoiles perlèrent. Un glacis bleu de lune courut sur l’immensité blanche du paysage. Tout angle s’émoussait ! Les maisons faisaient le gros dos et des ombres en ronde bosse moutonnaient dans les rues. Au milieu du village, l’église, avec les deux pentes jumelles de son toit rabattues comme des ailes, semblait abriter une couvée de cygnes dans un site norwégien.

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Pyramide Guillevic

Publié le par riende9?

Pyramide

 

 

Il me semble que j'imite
Et pourtant je cherche qui.

 

J'ai vu le sable et le vent
Essayer de faire un corps.

 

J'ai vu l'eau se soulever
Mais le plan est fait pour elle.

 

J'ai vu durer les rochers
Plus informes que le ciel.

 

Moi j'ai la stabilité,
J'ai la force dans ma base,

 

La patience dans mes faces
Et l'esprit dans mon sommet.

 

J'ai de coupantes arêtes,
Je suis on ne peut plus nette.

 

Et puis qui n'imite pas,
Qui n'est pas un peu pareil

 

A tout cela qu'il n'est pas,
Qui ne lui ressemble pas ?

 

Nous, figures, nous n'avons
Après tout qu'un vrai mérite,

 

C'est de simplifier le monde
D'être un rêve qu'il se donne.

 

Guillevic ("Euclidiennes"  1967 - Gallimard)

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Taisen Deshimaru

Publié le par riende9?

La pluie lave, le vent polit.

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Ikkyû Sôjun

Publié le par riende9?

Je voudrais être

Un esprit hors des poussières.

Ciel bleu et lune blanche.

Le vent nous envoie un air pur.

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Evadné

Publié le par riende9?

L'été et notre vie étions d'un seul tenant

La campagne mangeait la couleur de ta robe odorante

Avidité et contrainte s'étaient réconciliées

Le château de Maubec s'enfonçait dans l'argile

Bientôt s'effondrerait le roulis de sa lyre

La violence des plantes nous faisait vaciller

Un corbeau rameur sombre déviant de l'escadre

Sur le muet silex de midi écartelé

Accompagnait notre entente aux mouvements tendres

La faucille partout devait se reposer

Notre rareté commençait un règne

(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière

En tournant chaque nuit la page consentie

Veut que chaque part de toi que je retienne

Soit étendue à un pays d'âge affamé et de larmier géant)

 

C'était au début d'adorables années

La terre nous aimait un peu je m'en souviens

 

René Char Seuls demeurent

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Haïkus Salim Bellen

Publié le par riende9?

Le vent débarrasse

ici à longueur d'année

l'arbre de ses feuilles

 

L'enfant sur la crête

au filet à papillons

attrape le ciel

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Avril perpétuel de l'âme

Publié le par riende9?

Salue la lumière

qui t'ouvre les lèvres : ensuite

écarte les rideaux.

 

Dès le seuil invente

un mot toujours neuf,

précaire, ce sera "seuil".

 

Peut-être du givre

ou la frondaison, avance,

aux chemins de répondre.

 

Où que tu ailles, l'humus,

le sable, prends modèle

sur les ondes, allège-toi.

 

Ne sois que souffles

et vois : une glycine

a débordé le mur.

 

Ne coupe aucune fleur,

tu t'élargis

dans l'air des cimes.

 

Oublie tous les noms

sauf ceux du jardin,

à la fois ceux des plages.

 

Pleines mains sur ce tronc,

écoute, équitable,

le silence, la sève.

 

Rien ne reste invisible,

dis à présent

le parfum des lilas.

 

Pluie fine, la chair en liesse,

la clairvoyante, réveille

un chant de grive.

 

Les ailes, le coeur,

laisse-les battre,

laisse-les battre ensemble.

 

Si tu t'arrêtes, fais-le

à l'ombre d'un érable,

pense alors aux falaises.

 

Le vent sur les épaules,

n'aie soif ou faim

que d'embruns, de pollen.

 

Au soleil un vanneau,

un galet sous l'écume,

choisis l'un avec l'autre.

 

D'une même voix parle

à la nuit comme à l'aube

uniquement de ce qui va éclore.

 

Et toujours réserve

au creux de tes paumes

une place à l'écho.

 

Rends grâce au poème,

franchis l'horizon,

l'essor s'y régénère.

 

Pierre Dhainaut Rudiments de lumière ed Arfuyen

 

 

 

 

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Malcolm De Chazal

Publié le par riende9?

Quand

Passe

Le vent

Les herbes

S'allongent

Pour

Faire

L'amour.

 

Malcolm De Chazal Poèmes * Apparadoxes œuvres xv ed Léo Scheer

 

Merci à Joruri pour la suggestion de lecture

CHAZAL : port-chazal-gouache

 Merci à Max pour la peinture du même auteur

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Haïkus Sôseki

Publié le par riende9?

Journée de printemps qui s'étire

Un bâillement entraîne l'autre

Deux amis se quittent

 

Vent d'est vent de printemps

Si je savais que tu m'attends

M'en irais de suite

 

Bois musical

Au parfum de paulownia

Pluie de printemps




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