Pluie
Petit vent du sud
et ciel nuageux
la pluie va-t-elle arriver ?
Petit vent du sud
et ciel nuageux
la pluie va-t-elle arriver ?
Si le brouillard est le seul rivage. Si le
pont s'interrompt sur le vide et le
vent. D'où vient cette harmonie de
l'air, le signe d'un passage, l'ouvert
soudain du temps, la danse nue des
sons qu'on appelle musique ? Ton
sang s'alentit, tu tends la main où
germe une étoile, et ton origine
communique avec la grâce de la fin.
Même la brume luit. Des mesures ruis-
sellent avec les gouttes de clarines
dont le ciel invisible te sature. Tu ré-
entends l'eau issue des cîmes. Ni trop
tard, ni trop tôt.
Jean Mambrino N'être pour naître ed José Corti
J'ai bien envie de te parler ;
Marchons côte à côte.
Entre source et nuage voix de poètes dans la Chine d'hier et d'aujourd'hui Fançois Cheng
Une humble cour entourée de bambous dépouillés.
Après le vent-pluie les iris ont leurs tiges cassées.
Au profond des feuillages chantent les oiseaux ;
Sur les mousses vertes nulle trace humaine.
Au pavillon d'Hirondelles durable est le jour.
Les arbres sont lourds de fruits, en été.
Sur mes tables s'accumulent des livres rares ;
Je m'y plonge à l'heure claire près d'une croisée.
Entre source et nuage voix de poètes dans la Chine d'hier et d'aujourd'hui François Cheng ed Albin Michel
Ayant changé d'habits -
je m'assieds
mais je suis seul
Issa
Des pins sur chaque île -
le bruit du vent
est frais
Shiki
Devant le volubilis épanoui
nous prenons notre repas
nous qui ne sommes que des hommes
Bashô
Les rêves quelque part seront vrais.
Il est un lac solitaire
Que la lune pour toi et moi éclaire
Et pour nous à aucun autre pareil
Là, la sombre voile blanche gonflée
Sous un vent vague à peine sensible
Mènera notre vie sommeillante
Vers le lieu où les eaux se confondent
Aux rivages de l'arbre noir
Là où les bois inconnus accomplissent
Le voeu du lac d'être plus étendu
Et mènent le rêve à sa fin
Là nous nous cacherons et disparaîtrons
En partance pour la lune Anéantis
sentant que ce que dont nous sommes faits
Fut jadis musical.
Fernando Pessoa Poèmes anglais ed points traduction Georges Thinès
Paix des nerfs au coeur malade.
Paix égale mûrir sa loi,
sucée à la vie,
à la vie nébuleuse, à la vie....
Mais lourd le char, lourd, lourd.
Les apaiser,
leur envoyer du vent,
Le vent chaud des bouches suaves,
Le vent chaud du désert souverain.
" Et maintenant... FERMEZ vos corolles d'angoisse ! "
Henri Michaux Plume précédé de lointain intérieur ed Poésie / Gallimard
Voici bien longtemps que je n'ai
pas écrit de poème.
En ai-je écrit jamais
poétiques je veux dire ?
Des paroles dans le vent
en espérant que le vent
est poète à ses heures
et nous prêtant sa voix
harmonise nos artifices.
Nos strophes seraient bien des branches
avec mille feuilles que l'air du large
fera parler peut-être un jour
où personne n'écoutera.
Car l'essentiel serait
qu'on n'écoute jamais
et qu'on ne sache pas
qui parle et qui se tait.
Vous comprenez nos phrases vides
agrandissent l'espace
où des souffles se lèvent
avec leurs accents qui vont
par delà l'horizon.
Le secret c'est d'attendre
le retour d'une chanson
dont on a lancé trois syllabes
pour que le ciel nous renvoie
quelque phrase décisive
que cette phrase soit
printanière ou orageuse.
André Dhôtel Poèmes comme ça ed Le temps qu'il fait
Lever tardif
en terrasse
journée fainéante
manque d'eau
les olives
se rident
les fenouils s'agitent
pas un nuage
le chant du vent
les tourterelles
vols et chants
se succèdent